Prof Magazine n°45 mar/avr/mai 2020
Prof Magazine n°45 mar/avr/mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de mar/avr/mai 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier leadership partagé, le retour du collectif ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DoSSIER À l’Athénée royal de Jambes, le plan de pilotage a lancé la réflexion, et le changement est en marche. PROF/FWB Nausicaa Minne et Jean‐Philippe Wauthier sont deux des membres de l’équipe de pilotage, avec Cécile Geudvert, préfète (en haut). 22 « On a vraiment joué le jeu démocratique » La section secondaire de l’Athénée royal de Jambes occupe 500 élèves et une soixantaine d’enseignants. Le plan de pilotage a été l’occasion de composer une petite équipe de volontaires. Rencontre avec Nausicaa Minne et Jean-Philippe Wauthier, qui en font partie, et Cécile Geudvert, préfète depuis trois ans. PROF  : Le plan de pilotage a été le déclic ? Cécile Geudvert  : Comme nous étions dans la première vague, on a essuyé les plâtres, mais ça a très bien fonctionné parce que l’équipe se connait bien et parce que j’ai dit clairement  : On y va !, qu’on soit d’accord ou pas avec le Pacte. C’est la première fois qu’on donne la parole à des professeurs pour décider de ce qu’ils vont mettre en place. Jean-Philippe Wauthier  : On a vraiment joué le jeu démocratique. Je suis aussi syndicaliste et j’ai bien vu que ça ne se passe pas comme ça partout. Ici, ça émane vraiment de la base. Et l’autorité formelle ? C. G.  : Déjà le mot autorité m’embête. J’ai été professeure d’éducation physique 10 ans ici  : ce sont mes collègues. Je ne suis qu’un des éléments qui permet de construire ce qu’on fait ensemble… C’est vraiment une année-charnière pour nous. Le plan de pilotage est fait ; on est dans les mises en actions, avec trois grands objectifs ; on avance vraiment bien, et je leur demande d’aller encore plus loin. On aura fin de l’année deux journées où on va décider où on va  : pédagogies actives, les bulletins qui changent… Il y a ce plan de pilotage où tout le monde sait où on va. Mais on va aussi changer la posture enseignants/enseignés. Si on ne la change pas, si on est toujours en frontal, on n’améliorera pas les résultats au CE1D, un de nos objectifs. On est à un moment où la société doit changer. Les valeurs doivent aussi changer au sein des écoles. Il ne faut plus voir la compétition,… mais la solidarité et le partage. C’est ce que j’ai dit à l’équipe. Réfléchissez et dans deux mois on voit ce qu’on fait. Ça peut très bien se faire sans moi, ou ne pas se faire… PROF 45 Le leadership, c’est être devant, mais parfois attendre… Nausicaa Minne  : Oui, et c’est normal. Le changement ce sont des remous. On arrive avec un nouveau projet, certains participent tout de suite, d’autres prennent un peu plus de temps. C’est la force de M me la préfète d’y aller et de reculer quand il faut… Si on est allé trop vite, l’équipe a la maturité de faire marche arrière. Au départ, il peut y avoir des résistances, mais quand les résultats sont là, tout le monde suit ! Vous avez formalisé la façon de décider ? J.-Ph.W.  : Pour une moitié des 60 heures de travail collaboratif, on a créé deux grandes cellules (degré inférieur et degré supérieur), qui se réunissent une fois par mois. Ces cellules génèrent des petites cellules centrées sur des projets précis. La réunion mensuelle permet à tous de savoir comment avancent les projets. Quel est le périmètre de ce qui est mis en débat ? C.G.  : Tout ce qui pédagogique est entièrement partagé. Le reste, l’administratif, c’est pour moi… Qu’en pense le syndicaliste ? J.-Ph.W.  : Je suis conscient des contradictions qu’il peut y avoir entre mes deux casquettes. Il y a des écoles où la mise en œuvre du plan de pilotage se passe mal, parce que le travail démocratique n’a pas eu lieu. Mais ici, que voulez-vous que le syndicaliste dise alors que le plan de pilotage émane de la base ? Quelles sont les conditions de réussite ? C.G.  : Une rencontre avec une équipe, qui est déjà en marche. Exposer clairement ce qu’on veut. Et une relation de confiance. Comment les collègues vous voient-ils ? N.M.  : Ça ne change rien  : on reste leurs collègues, même si on participe un peu plus au projet. On laisse les collègues aller là où ils veulent aller et ne pas le faire si ce n’est pas le moment pour eux. C’est respecté. D.C.
Directeur de l’école fondamentale Martin V, à Louvain-la-Neuve, David Foret a toujours vu le leadership partagé comme une évidence… PROF/FWB David Foret insiste beaucoup sur le mécanisme de validation par toute l’équipe. « Seul, on va plus vite, mais ensemble on va plus loin » David Foret est dans sa 6 e année de direction dans cette école de 420 élèves (19 classes) et d’une trentaine de collègues. Pour lui, le leadership partagé est une évidence. « Ma première mission était d’accentuer ce travail collaboratif, qui existait bien avant qu’on parle de plans de pilotage. » Après avoir remis le projet pédagogique en débat, l’équipe a suivi la formation Prof’essor, axée dans le réseau libre sur le travail collaboratif. « Le premier grand changement était de s’inscrire dans de petits objectifs courts, avec des actions mesurées et simples. » La formation a aussi généré des observations d’enseignants dans la classe d’un autre, sur base volontaire. M. Foret a facilité les choses, remplaçant l’enseignant en visite pédagogique. La réflexion sur le plan de pilotage a accentué la dynamique. Un comité (quatre enseignants volontaires et M. Foret) « a analysé les indicateurs, construit les stratégies. Mais attention  : l’équipe était partie prenante, parce que c’est son travail de demain. » Le plan devenu contrat d’objectifs, le comité se réunit chaque mois, mais les décisions se prennent avec toute l’équipe. « Il faut toujours être attentif, et fédérer. Ce qui permet de le faire, c’est que depuis l’écriture des objectifs, stratégies et actions, il y a une validation par le groupe. » « On a beaucoup travaillé sur ce mécanisme  : il y a eu une relecture collective, et s’il y avait une question, il fallait pouvoir la poser, entendre une réponse, et se demander si vraiment on en fait un objectif de travail. Si les balises sont clairement établies et que l’équipe est partie prenante, ce qui est écrit ne peut que refléter ce qui est validé… C’est important, parce que tout de même, il s’agit du travail de demain… pour chacun ! » Chez M. Foret, aucun sentiment de perte de pouvoir. « Au contraire, je trouve que ça enrichit le métier ! Je suis très heureux de la situation  : je ne pourrais pas gérer aujourd’hui de la même manière que quand j’ai commencé, faute de temps… » L’école a utilisé le nouveau décret sur la charge enseignante (lire en page 19) pour libérer deux périodes-professeur afin de construire les dossiers individuels des élèves, « un travail que je n’aurais jamais pu faire… » Accueillir les idées qui ne viennent pas de lui Professeure de religion et membre de l’équipe qui pilote le contrat d’objectifs, Marie-France Stordeur souligne qu’aujourd’hui, « le travail au service de l’école est encouragé, demandé  : tous les professeurs savent qu’ils ont une part à prendre. » Mais ce partage du leadership nécessite le soutien de la direction. Pour affecter les moyens humains  : « C’est important, parce que nous on n’a pas autorité sur nos collègues. » Pour relayer les informations, dans et hors de l’école. « Il faut aussi qu’il fasse confiance. Sans confiance, pas de délégation ! Qu’il accueille les initiatives  : un leader qui n’accueille pas les idées qui ne viennent pas de lui, il sera vite… seul ! Qu’il veille à ce que les enseignants prenant part au leadership partagé ne s’épuisent pas ». Pour M me Stordeur, « par rapport aux collègues, le partage du leadership se passe mieux si on met les forces en commun, si les objectifs sont clairs et partagés, et si on tient compte des limites des uns et des autres ». Par contre, elle voit deux limites  : « Quand on se mouille, c’est le temps de midi, le weekend, ou chez soi. » Et des collègues pourraient voir ça « comme une prise de pouvoir, plutôt qu’un service qu’on rend à l’école et aux enfants. Mais ça, vous ne l’empêcherez jamais… » « Moi, en tout cas, je vois bien la plus-value sur la motivation, conclut-elle  : ensemble, on voit qu’on peut faire avancer les choses ! » D.C. PROF 45 23



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