Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : enseigner l'oral ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier Aux commandes d’un JT Depuis septembre 2019, 52 élèves de 5 e et de 6 e primaire de l’école fondamentale de Bléval, attachée à l’Athénée Royal de Nivelles, se sont lancés dans un sacré pari  : réaliser une dizaine de journaux télévisés sur le thème du réchauffement climatique. Encadrés par leurs trois enseignants (Benjamin Delalieux, Carine Bulbo et Anne-Sophie Wiblet), ils ont commencé par faire des recherches sur leur thème de travail. Leurs JT seront enregistrés à partir de janvier et diffusés sur TV Com, partenaire de l’opération avec l’ASBL ReForm, organisation de jeunesse reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une première expérience d’interview a déjà eu lieu en octobre, lors de la visite de l’exposition sur le climat à Belexpo. Et l’interview a été diffusée sur TV Com le 28 octobre passé, à la plus grande fierté des enfants. « Nous avons pas mal d’élèves qui présentent des difficultés à l’écrit, commente M me Wiblet. J’ai été surprise de découvrir l’aisance dont ils ont fait montre avec cette expérience orale. C’est très bénéfique parce que cela renforce leur confiance en eux, également vers l’écrit ». Le projet a reçu l’aide de Culture-Enseignement (1). Une affaire à suivre… (1) www.culture-enseignement.cfwb.be 26 Exercer le droit à la parole Chaque année, des classes de 5 et de 6 secondaire d’écoles bruxelloises se rencontrent et se confrontent, ensemble, à l’exercice du débat. Jeunes et Politique (1) est un projet mené par la Ligue des Droits Humains depuis plus de dix ans. Objectifs ? Former, informer et entrainer les jeunes à réfléchir et à débattre autour de diverses thématiques liées à la vie en société. Méthodes ? Placer des élèves d’écoles bruxelloises en dernier degré du secondaire dans des situations inédites pour défier leurs capacités à argumenter et à convaincre. Avec la complicité étroite de leurs professeurs et de l’équipe de la Ligue et à travers un processus qui aboutit à une rencontre de joutes verbales, sur une scène de théâtre (2), devant un public et un jury. Le succès du projet tient beaucoup à sa formule en « ateliers »  : des élèves provenant de toutes les écoles participantes y sont amenés à travailler ensemble, en sous-groupes, durant les quatre journées qui forment le programme. Depuis leurs premiers pas jusqu’au moment de la confrontation finale avec les « jouteurs » des autres équipes. Olivier Boutry, coordinateur du projet à la Ligue, ne cesse de le constater  : avec ce dispositif, « très rapidement, on ne sait plus quel élève provient de quelle école, c’est l’esprit d’équipe qui domine ». Le jeu des présentations Une des sessions 2019 des joutes verbales s’est déroulée en novembre dernier, avec 103 participants provenant de trois écoles – l’Athénée Léon Lepage et le Lycée Émile Jacqmain, situés à Bruxelles, et l’Institut Notre-Dame, à Anderlecht. PROF a assisté PROF 44 à la première journée de travail d’un des six ateliers. Comme il fallait s’y attendre, les quinze élèves de celui-ci sont assis à côté de leurs condisciples d’école. Ça commence à basculer quand la meneuse de jeu, Nathalie Schouters, professeure de français à l’Athénée Léon Lepage, les invite à former des duos d’élèves d’écoles différentes pour se présenter l’un à l’autre. Un peu plus tard, ils auront à présenter leur nouvelle connaissance à l’ensemble du groupe. Les prénoms des uns et des autres sont maintenant connus et les sièges ne sont plus occupés comme au départ. Quant aux tables, elles seront rapidement repoussées contre les murs pour faire place à la première joute. D’accord, pas d’accord « Il faut fermer les zoos ! » Pour ou contre ? D’un côté, le groupe des contre  : « Les zoos ont un rôle dans la connaissance scientifique ». De l’autre, celui des pour  : « On peut acquérir cette connaissance autrement ». Suivra un plus complexe « Les mariages mixtes, source d’épanouissement ? » La professeure avait prévenu les élèves que, s’ils changeaient d’avis au fil des échanges, ils pouvaient rejoindre le groupe adverse. Cela ne s’est pas passé cette fois-là. C’est au cours de plusieurs exercices de joutes que les élèves découvrent ce que la Ligue entend par « débats mouvants ». (1) http://www.liguedh.be/jeunes-et-politique (2) Au théâtre des Riches-Claires, partenaire du projet.
Ma parole (d’enseignant-e) ! Didacticienne du français à l’ULB, Marie-Christine Pollet mise sur les pratiques réflexives des enseignants et futurs enseignants pour développer les compétences orales des élèves. Le message de Marie-Christine Pollet à ses étudiants met en avant les spécificités des didactiques de l’écrit et de l’oral ainsi que leurs points communs. PROF  : Comment les didactiques de l’oral et de l’écrit se comparent-elles ? Marie-Christine Pollet  : Elles reposent sur les mêmes principes. Même si ceux-ci, appliqués à l’oral, posent des questions particulières. En effet, d’une part, on tend à considérer que l’oral va de soi, puisqu’on parle tout le temps (ce qui est moins vrai de l’écrit), et d’autre part la didactique de l’oral demeure moins investie que celle de l’écrit. Cela tient sans doute au caractère multiforme de l’objet oral. À l’oral, il faut travailler sur la gestion des émotions, sur le comportement extraverbal, sur l’estime de soi (Suis-je légitime pour prendre la parole ?). Mais aussi sur la maitrise du lexique, de la syntaxe, de la cohérence textuelle, de la compréhension du contexte, etc. À quoi s’ajoute la question de l’évaluation. C’est donc énorme. PROF/FWB Mais, malgré tout cela, il est possible et hautement recommandable de travailler avec les élèves sur une multiplicité de genres, de compétences, d’habiletés, à l’oral comme à l’écrit. Exercer la parole, n’est-ce pas difficile pour les professeurs aussi ? On mène cette réflexion avec les étudiants, dans le cadre des cours de didactique et de pratiques réflexives. Quelles difficultés rencontrent-ils, pour endosser le rôle de professeur ? Les plus souvent citées sont la discipline et la manière de s’imposer, par la pratique et par la parole. Dès le moment où les étudiants enclenchent une réflexion dans ce sens, je n’ai plus qu’à les accompagner dans leur démarche, puisqu’ils ont déjà ouvert des pistes de solutions par eux-mêmes. L’enseignement explicite est-il applicable à l’oral ? Oui, et encore une fois, de la même manière qu’à l’écrit. À « explicite », j’ajouterais les adjectifs « raisonné » et « progressif ». Pour que ce soit clair pour l’élève, ce doit l’être pour le professeur. En amont, l’enseignant doit donc élaborer une didactique du genre oral qu’il veut enseigner ou de la compétence ou des comportements (comme le « savoir écouter ») qu’il veut développer. Il arrive régulièrement que des étudiants m’interpellent, par exemple, pour préparer une séquence sur le débat  : quelle est la tâche finale et quel sera le dispositif pour y arriver ? Le débat doit être organisé sur un thème précis et les élèves préparés pour pouvoir intervenir, mais bien d’autres questions se posent, comme  : Qu’est-ce qu’un débat ? Va-t-on en montrer des exemples aux élèves pour les leur faire analyser ? … Toutes choses ne pouvant par ailleurs pas se faire de la même façon dans toutes les classes ni à n’importe quel âge. Par rapport au débat, la réoralisation estelle un bon exercice ? Oui, comme la reformulation ou tout autre travail oral permettant aux élèves d’apprendre à se « décentrer ». PROF 44 27 L’oral, pratiqué en classe L’enjeu est double pour les enseignants  : gérer leur propre parole et distribuer celle des élèves. Mon langage oral ? « Il n’est pas parfait, concède Julien Uylebroek (Collège Saint-Julien, Ath, lire en page 23). Mais l’oralité n’est pas parfaite. Aujourd’hui, j’en joue. Par exemple, pour lancer un parcours sur l’exposé, j’offre à la classe une contreperformance  : textes du PowerPoint en petite police, bredouillage… » Deux incontournables « Maitriser son sujet et rester dans la bienveillance et le respect », résume Caroline Vassart (École Saint-Jean- Baptiste, Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, lire en page 20). Marquer le tempo « L’enseignant doit respirer, utiliser le silence et le regard appuyé. Pour retrouver le calme dans la classe ou pour distribuer la parole », souligne Bernadette Loriers (Collège Notre-Dame, Dinant, lire en page 24). Maintenir leur attention « Pour veiller à ce que tous les enfants lisent le texte en même temps, dès que je cite le nom d’un enfant, même au milieu d’une phrase, il doit reprendre la lecture exactement où le précédent s’est arrêté. », explique l’institutrice Elsa Gonzalez Velasco (École n°7 « Arc-en-ciel », Molenbeek, lire en page 25).



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