Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : enseigner l'oral ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier Des exercices variés, courts, évolutifs Bernadette Loriers propose à sa 2 différenciée un parcours autonome sur l’oral et les prépare à monter sur des tréteaux face à un public. Les 12 élèves de 2 e différenciée du Collège Notre-Dame (site Place Albert), à Dinant l’ont décidé mi-octobre  : ils participent au concours de théâtre Du Trac au Tac (1). Organisé par ITHAC (Initiatives – Théâtre – Ados – Créations) et les provinces francophones, il s’adresse aux 12-18 ans, sur le thème de la justice, cette année. Un défi Bernadette Loriers les a six heures en français  : « La plupart ont des troubles DYS. Ils gesticulent beaucoup ». Persuadée que leurs troubles peuvent s’améliorer grâce au mouvement et à un apport de reconnaissance, elle les a mis au défi  : « Ce concours, c’est l’occasion de sortir de votre réputation ». Ainsi, ils ont choisi trois pièces de dix minutes qu’ils présenteront en public en février et en mars. Mi-novembre, en début d’une séance de deux heures, les élèves s’échauffent, en cercle. Ils bougent bras et jambes, au rythme dicté par l’animatrice. Puis glissent de gauche à droite, en essaim d’abeilles, et elle fait varier le débit et le ton de leurs « BZZZZ ». « Dans l’exercice suivant, lisez à tour de rôle les phrases de trois ou quatre mots, placardées au mur, en tapant un pied en avant. » Ces phrases courtes sont facilement déchiffrables et l’exercice dynamise. Après un moment de préparation, deux acteurs occupent l’espace de jeu pour créer une atmosphère, des personnages, une situation, en silence. La scène se conclut par une réplique  : « Je suis venu te dire que je ne te verrai plus » et par une réaction silencieuse du comparse. L’atelier se termine par une première lecture devant la classe du Coiffeur et sa cliente, où les acteurs révèlent un commerçant affable retenant mal ses pulsions psychopathes. 24 PROF 44 PROF/FWB Le concours donne sens à une compétence du programme  : « Écouter et parler pour s’approprier divers usages de la parole publique ». « J’appréhendais de faire de l’oral avec mes élèves, alors que j’aime cela. C’est très énergivore pour moi. Mais cela fonctionne. Je suis en train de les gagner. J’espère que cela les rendra fiers. » Une grammaire de la parole Ce cours, son instinct le fait évoluer en fonction de l’état des élèves. Son principe ? Les mettre à l’aise dans l’expression orale, par de nombreux exercices variés, courts, qui, peu à peu, leur donnent du matériel de mise en scène, mais aussi une sorte de « grammaire de la parole ». Plusieurs de ces exercices s’inspirent de la technesthésie (2). « Cette technique vise à maitriser ses émotions et ses sensations et aboutit à une meilleure estime de soi, explique M me Loriers. Je m’y suis formée. Aujourd’hui, je l’enseigne aussi à des (futurs) enseignants. Cela me donne un équilibre qui rejaillit sur mon métier. » (1) https://www.ithac.be/du-trac-au-tac (2) Lire notamment à ce sujet BERTHELOT F., LEVÊQUE Cl., Parler en public avec plaisir, 2015, InterEditions. Bernadette Loriers  : « Peu à peu, je donne à mes 2 e différenciée une grammaire de la parole ». La Reine à l’oral Le 14 novembre, à l’Institut du Sacré-Cœur, à Barvaux, la reine Mathilde a participé à un atelier lecture organisé dans le cadre des activités liées au Prix Première Victor (1). Elle a lu à voix haute des extraits de la sélection 2019‐2020 du Prix  : un facteur d’émulation pour les élèves présents. Pour la Reine, la lecture à voix haute invite les lecteurs malhabiles à entrer dans le plaisir du texte… et crée un sentiment de partage. Parmi les activités de l’école, les élèves sont notamment invités à lire, eux aussi, à voix haute, des histoires aux enfants du primaire. (1) https://www.lefondsvictor.be (philippine@lefondsvictor.be ou 0499/87 12 59)
Les mots  : pour dire, lire et… jouer À l’École n°7 Arc-en-ciel, à Molenbeek, les compétences en langage oral des élèves de 3 primaire font l’objet de toutes les attentions. Jusqu’à les approfondir en jeux de scène… Chaque semaine, les élèves de 3 e primaire de cette école sont partagés en trois « groupes lecture » où ils sont accompagnés, selon leurs besoins, par l’une des institutrices d’une équipe de trois. Karine Chave est professeure en remédiation ; Farah Bellouchi se concentre sur l’assemblage syllabique, les sons complexes et la compréhension ; Elsa Gonzalez Velasco travaille le sens, la rapidité et la fluidité, les intonations. Le prince des mots tordants Chacune des institutrices travaille avec les élèves sur un même texte, au même moment. Et avec La belle lisse poire du prince de Motordu (1), ils s’en donnent à cœur joie. Quel maladroit, ce prince, pour parler de « repasser son singe » et non « son linge » ou de « tomber salade » plutôt que « malade » ! On corrige donc ses fautes, à voix haute, au tableau et dans les cahiers. Après la récréation, les enfants enfilent leur manteau pour rejoindre la Maison des cultures et de la cohésion sociale, où les attendent deux comédiennes, Virginie et Soasig, pour l’atelier-théâtre. Il faut d’abord retenir le mot de passe, un sésame par lequel chaque séance s’ouvre et se referme. Celui du jour, pas facile à prononcer, est « Huit petites truites ». « Dis-le plus fort », demande Virginie à une des élèves. « En ouvrant grand la bouche, comme une grenouille », complète Soasig. Bravo, beau volume ! Les jeux se succèdent, dont celui de la trottinette. Chacun à leur tour, les élèves doivent prononcer les mots « Ma trottinette est cassée et… » et continuer en mimant une action que leurs condisciples doivent deviner. « Et j’ai boudé ? » « Râlé ? » Non, le mot à trouver était « ronchonné ». Les synonymes s’enchainent et s’affinent  : se dépêcher ou s’empresser ? Tomber ou trébucher ? Au moment de quitter leurs professeures de théâtre, les élèves se succèdent pour les saluer d’un tonitruant « Huit petites truites ! » L’enjeu du jeu L’école travaille avec le théâtre de longue date. « Durant tout un temps, avec les classes de 5 e et de 6 e primaire. Puis on a pensé plus utile de le faire plus tôt, avec les élèves de 3 e et de 4 e », commente Hafsa Benzouien, qui dirige l’école depuis neuf ans. « Au terme de ces deux années de travail, les progrès sont impressionnants. Certains élèves en sortent même complètement transformés. » Le projet a été mis en place dans la perspective d’améliorer les compétences en lecture des élèves. Mais, dans cette classe de 3e, le jeu intervient aussi pour soutenir une multiplicité de compétences de langage. La verbalisation, par exemple, passe par divers rituels, pour désigner ses émotions, échanger de manière constructive pendant les conseils de classe ou encore se corriger avec la « règle du perroquet ». « Au signal de cette règle, traduit M me Gonzalez Velasco, l’élève répète la correction que j’ai apportée à sa phrase pour en enregistrer la bonne formulation. » (1) Un album Jeunesse de PEF paru en 1980 et réédité en 2018 chez Gallimard Jeunesse). glia OP'Jr- PROF 44 25 Joindre le geste à la parole, défi du « jeu de la trottinette ». FWB - Jean POUCET



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