Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : enseigner l'oral ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier « Le chef-d’œuvre valorise nos élèves » Renaud Minguet a lancé avec ses élèves de P6 la pratique du chefd’œuvre écrit et oral à l’école fondamentale Saint-Nicolas, à Sart- Dames-Avelines. En P6, à l’école fondamentale Saint-Nicolas, les élèves réalisent un chef-d’œuvre au cours de l’année. Une pratique initiée alors que Renaud Minguet, aujourd’hui directeur, était instituteur. À des périodes fixes, ils produisent un ensemble de textes en fonction des sujets qu’ils ont choisis. Ils se préparent également à présenter ce travail oralement. Ils sont aidés par leur titulaire, mais aussi par un-e enseignant‐e faisant office de marraine ou de parrain. Le but est de donner du sens aux apprentissages dans toutes les disciplines. Ce dispositif permet aussi de développer les compétences transversales  : démarches mentales, manières d’apprendre, attitudes relationnelles. Une préparation à l’oral Pour s’exercer à la présentation orale, les élèves réalisent des élocutions depuis la P3, sur le même principe, avec un temps de recherche, d’écriture et de préparation plus court – une semaine en P3. Ils rencontrent leur marraine/parrain une fois par mois en dehors du temps scolaire. « Cela leur permet de réoraliser plusieurs fois leur présentation, de réfléchir à des stratégies pour la rendre plus vivante, explique M. Minguet. De plus, j’organise en classe une séquence sur la création et l’utilisation d’un PowerPoint. » En P5, ils assistent à au moins une présentation d’un chef-d’œuvre par des élèves de P6. « Et, en tant que titulaire de P6, je fais régulièrement un point individuel avec mes élèves, explique Fabienne Miglionico. J’insiste sur l’importance de l’introduction, du plan, de la conclusion, du sourire, du regard vers le public, du débit, du volume, du détachement par rapport au support écrit. » 22 PROF 44 Une évaluation valorisante Ce projet est né il y a vingt ans, à la suite d’une formation à l’Institut supérieur de pédagogie à Namur, sur la pédagogie constructiviste. Le CEB n’existait pas. M. Minguet  : « Le chefd’œuvre servait alors d’épreuve certificative en fin de 6e. Les élèves démontraient qu’ils savaient lire, compter, calculer, synthétiser, résumer, transformer, exposer, présenter, créer, imaginer, réaliser… Aujourd’hui, le jury donne une évaluation formative, tant à l’écrit qu’à l’oral, et valorise l’élève. » Le directeur ajoute que cette présentation lui donne une idée correcte de la maitrise du sujet par l’élève, alors qu’il n’a pas le temps de lire tous les textes. Par ailleurs, elle permet d’étayer les délibérations de son conseil de classe si l’élève n’a pas réussi son CEB. Ce dispositif évolue. « Depuis deux ans, les élèves travaillent par binômes, précise M me Miglionico. Nous gagnons un peu de temps. » Il s’adapte aux besoins spécifiques des élèves. « Cette année, nous réfléchissons à la présentation d’un élève qui bégaie », ajoute M. Minguet. Conscients de l’ampleur de la tâche, les enseignants et le directeur sont attentifs à rendre cette épreuve plus confortable pour les élèves. Par exemple, le public change, à l’exception du directeur et des titulaires  : les élèves de P5 et P6 sont répartis entre les différentes présentations. « Une demi-heure d’attention pour les élèves, c’est assez. » PROF/FWB Renaud Minguet  : « Nous préparons nos élèves au chefd’œuvre, de façon concertée, de la P3 à la P6 ».
Viser l’apprentissage de compétences orales dans une approche intégrée  : c’est l’option choisie par Jérôme Uylebroeck avec ses élèves des 2 et 3 degrés du secondaire. PROF/FWB Jérôme Uylebroeck  : « L’ensemble de mes parcours cherche à découvrir ou approfondir une éducation systématique aux paramètres de la prise de parole. » L’oralité est présente dans tout le programme Vingt élèves de 3 e générale entrent dans la salle polyvalente du Collège Saint-Julien à Ath, ce 5 novembre. « Je choisis ce local ample quand je veux changer la géographie de la classe en fonction des besoins  : débat général, projection, ateliers… », explique Jérôme Uylebroeck, professeur de français. En mise en bouche, il lance la première séquence du film Drive amputée de la fin, que les élèves ont cinq minutes pour imaginer. Vient ensuite un quart d’heure de discussion en groupe autour du scénario le plus probable, en fonction d’indices relevés lors du visionnage  : son, image, dialogues… « Entre pairs, ils parlent, tous ; échangent des idées argumentées, observe l’enseignant. Je passe dans les groupes pour les relancer et donner un peu de pression avec le chrono. Souvent, je mets un fond sonore, sans parole, inédit, et je tamise la lumière. » Un parcours évolutif Puis, un porte-parole exprime les hypothèses de son groupe. « Cela reste confortable. Chacun peut se faire compléter par les membres de son groupe ». Les élèves se confrontent ensuite au scénario de l’auteur et constatent que « Bon sang, c’était là, sous notre nez », dans la première image et la bande… Ce parcours sur le genre policier, Ne me racontez pas la fin, amène les élèves à défendre oralement une opinion face à la classe ; à s’insérer dans une œuvre culturelle pour en comprendre la construction particulière et l’apprécier. Après ce débat, ils réaliseront en groupe une capsule vidéo de promotion en 99 » via leur smartphone, liront plusieurs nouvelles et un roman, et rédigeront un commentaire littéraire. Avant l’examen de Noël, commun aux centdix élèves de 3e, ils recevront un récit policier qu’ils auront le temps de lire et de comprendre. « Mais surtout, ajoute l’enseignant, ils pourront en parler entre eux, dans la cour, sur les réseaux sociaux… » La dimension orale de ce parcours porte sur l’argumentation, mais aussi sur l’inscription dans une œuvre et sur la relation d’une expérience culturelle. Et il précède un parcours sur le message publicitaire au cours duquel la classe aborde de façon indirecte certaines dimensions spécifiques de l’oralité  : débit, volume, posture, respiration… Le déclic Avant de rejoindre Ath, près de chez lui, M. Uylebroeck a officié à Anderlecht aux Sœurs de Notre-Dame, dans le général et le qualifiant. Une journée pédagogique déclencha une réflexion collective et personnelle sur l’oralité, peu présente dans les cours. « Mais, le côté chronophage, répétitif des passages devant la classe de tous les élèves ne me convenait pas. Il endormait d’ailleurs toute la classe après cinq minutes. » « J’ai lu, cherché un peu partout, utilisé les essais-erreurs, pour arriver à intégrer l’oralité et la variété dans mes parcours. Mon penchant pour l’improvisation et le théâtre m’a procuré une foule de compétences de bric et de broc. Mais ce n’est pas indispensable. À chacun de puiser dans les compétences dans lesquelles il est le plus à l’aise. » PROF 44 23



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