Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
Prof Magazine n°44 déc 19/jan-fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de déc 19/jan-fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : enseigner l'oral ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier L’évaluation par les pairs Pour leur mémoire en Sciences de l’éducation, les instituteurs Caroline Vassart et Benoît Blondeau ont développé une ingénierie didactique basée sur le dispositif Itinéraires de Stéphane Colognesi. Ce dispositif s’appuie sur l’amélioration de productions langagières grâce à l’évaluation par les pairs. L’objectif était de mesurer et de comprendre l’impact de cette interaction sur le développement des compétences orales des élèves du primaire. L’échantillon était composé de deux classes de 5 e primaire. L’une a négocié en petits groupes les feed-back, l’autre a écrit individuellement les feed-back. Les données ont été récoltées à partir des pré et post-tests, des enregistrements vidéo, de grilles d’observation et de fiches qui ont permis de faire le point sur les acquis, les améliorations possibles, les objectifs et les stratégies pour les atteindre. Les résultats quantitatifs indiquent que l’évaluation par les pairs améliore les compétences orales des élèves. L’analyse qualitative, quant à elle, permet de comprendre plus finement les processus mis en place par les élèves lors de cette évaluation. BLONDEAU B., VASSARTC., Les interactions entre pairs comme moyen d’évaluation de l’oral, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, UCLouvain, 2018. hdl.handle.net/2078.1/thesis:17331 20 « Ma sorcière a des poils au menton… » En remédiation, dans une P2, l’institutrice Caroline Vassart utilise l’évaluation par les pairs pour améliorer les compétences orales de chaque élève. Caroline Vassart a réalisé avec Benoît Blondeau un mémoire sur l’impact de l’évaluation par les pairs sur les compétences orales en primaire  : « Le dispositif est basé sur plusieurs productions qui s’améliorent à partir de l’étayage apporté par l’enseignant et grâce à l’évaluation par les pairs. Il est transposable vers l’écrit, vers l’oral, vers d’autres niveaux. Je l’ai utilisé pour des élèves de FLA, de la P1 à la P6, et ici pour des élèves de P2 » (lire ci-contre). En remédiation, ses élèves de l’École Saint- Jean-Baptiste, à Ophain-Bois-Seigneur- Isaac, réalisent en novembre un parcours sur les sorcières. « Dans un tableau, chacun a choisi sa sorcière et l’a décrite en quelques mots », explique-t-elle. L’étayage « Pour étayer leur production, j’ai lancé une séquence sur une structure de description. La classe a lu deux textes et déterminé l’utilisation de plusieurs éléments  : la tête, le corps, les jambes, les objets, les vêtements. » Au cours précédent, certains élèves ont réalisé des phrases, d’autres ont choisi des mots-clés, d’autres encore ont dessiné des éléments, en utilisant la structure de description. Ce 13 novembre, ils complètent leur travail. Puis, ils entament un tour de table pour verbaliser leur résultat. Pour créer le feedback des autres élèves, l’institutrice divise la classe en deux groupes. L’un repère la sorcière en fonction de la description. L’autre vérifie si l’orateur respecte la structure définie. Ensuite, en questionnant les élèves, l’institutrice vérifie, explicitement, s’ils ont bien compris les consignes. Le feedback Matteo décrit alors la première sorcière. M me Vassart se tourne vers les autres élèves. PROF 44 La plupart ont reconnu la sorcière. Mais pour ce qui est du respect de la structure, Ysaline répond  : « Je ne me souviens plus ». L’institutrice prend alors son smartphone et Caroline Vassart  : « L’oral s’évapore. D’où le possible recours à l’enregistrement. » enregistre Matteo pour vérifier ensuite avec Ysaline s’il a bien respecté la structure. « L’oral s’évapore, commente-t-elle. D’où le possible recours à l’enregistrement. » Ce travail de feedback permet d’attirer l’attention sur la construction des phrases, sur des substituts aux répétitions ; de pointer la variété du vocabulaire… en déterminant en groupe, pour chacun, les éléments positifs, les éléments à améliorer et les stratégies pour y arriver. « Dans les prochains cours, les élèves recevront un stock de mots de vocabulaire, pour compléter les descriptions. Leurs nouvelles productions recevront un nouveau feedback. Cela fonctionne d’autant mieux que lorsqu’un élève formule une remarque à un autre, il en tiendra compte lors de ses propres productions. Puis, les productions finales pourront être réunies dans un livre. » PROF/FWB
m Depuis cinq ans, l’Athénée Royal Alfred Verwée, à Schaerbeek, développe le projet Visa pour l’emploi, avec les élèves du dernier degré du qualifiant. i Évaluer, s’autoévaluer, progresser  : bienveillance et respect sont les maitres-mots. « À votre journal de classe  : présentation orale » Professeur de français dans le secondaire supérieur à l’Athénée Verwée depuis plus de quinze ans, Manuel Wahnon de Oliveira y est aussi coordonnateur du projet Visa pour l’emploi, mis en œuvre sous l’impulsion de Wallonie-Bruxelles Enseignement (1). « L’objectif est de donner un plus aux élèves dans les deux dernières années du qualifiant, car il est regrettable d’entendre dire que ces jeunes ne sont pas prêts pour le marché de l’emploi, alors qu’ils sont compétents mais qu’on exige d’eux plus que des compétences techniques », explique le professeur. Br PROF/FWB Le programme vise donc à renforcer les compétences sociales des élèves, dont les compétences verbales, en les accompagnant pendant deux ans, à travers une triple évaluation  : par leurs professeurs, par leurs maitres de stage et par eux-mêmes, via leur autoévaluation. Sans valeur certificative. « Le but n’est pas de sanctionner, précise M. Wahnon de Oliveira, mais d’aider les élèves à prendre conscience de l’importance de ces compétences sociales dans un cadre professionnel et de les inciter à mieux les exploiter. » Arrêt sur images Ce matin-là, M. Wahnon de Oliveira accueille ses élèves de 5 e professionnelle Électricité  : « On travaille l’oral depuis septembre, récapitule-t-il. Jusqu’ici, à travers des exercices relativement simples  : se présenter, présenter un sujet… Ce sera votre première expérience filmée. Vous avez maintenant atteint un stade suffisant pour porter un regard critique sur vos productions. » Il leur avait demandé de préparer un écrit sur ce qu’ils proposeraient face à la caméra. « En janvier, vous aurez l’épreuve de qualification. Parler n’est pas le seul problème. D’autres choses entrent en jeu, comme la position ou le regard. Je filmerai vos présentations et on les analysera ensuite ensemble. » Un élève s’exécute, sous l’œil de la caméra… et de ses condisciples. « Je vais vous parler des aspects budget du monde du football. » Le sujet a été bien préparé et tout y passe  : FIFA, sponsoring, salaires, contrats, rachats… Sans regarder la note écrite posée devant lui et captant l’intérêt de l’auditoire. Bravo ! Maitriser son sujet… mais pas seulement À l’examen des images, on décèle cependant un moment de flottement de la part du jeune orateur. Que s’est-il passé ? Aucun stress au départ car il maitrisait son sujet. « C’est quand vous avez levé les yeux de la caméra pour me regarder, Monsieur. » Le professeur explique qu’il n’avait aucunement l’intention d’« amener un élément perturbateur… » Mais voilà, que faire quand des éléments perturbateurs arrivent ? Discussion, puis… appel au suivant ! Les candidats ne se bousculent pas. « Allez-y, vous savez, d’autres avant vous ont réussi l’exercice. » Et M. Wahnon de Oliveira de citer un élève aujourd’hui en 7 e qui, quand il était arrivé en 5e, ne parlait quasiment pas français. « Oui Monsieur, mais c’est parce que lui est intelligent. » La pirouette fait sourire la classe jusqu’à ce qu’un élève enchaine, plus sérieusement  : « C’est gênant, c’est vrai. Parce que même parler devant la classe, on ne le fait pas souvent. » Un suivant s’exécute pourtant. Sans trop avoir l’air d’aller au peloton d’exécution… (1) Neuf écoles du réseau participent à ce projet, en lien avec les CPMS. PROF 44 21



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