Prof Magazine n°43 sep/oct/nov 2019
Prof Magazine n°43 sep/oct/nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de sep/oct/nov 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 14,9 Mo

  • Dans ce numéro : 13 500 enseignant(e)s de maternelle en formation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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O L e magazine de s pr o f e s s i on ne L s de L’en s e i g ne men t TRIMESTRIEL - SEPTEMBRE-OCTOBRE-NOVEMBRE 2019 NUMÉRO 43 RENTRÉE 2O19 Plans de pilotage  : deuxième vague Durant cette année scolaire, 913 écoles fondamentales et secondaires élaboreront à leur tour leur plan de pilotage. Cela a nécessité d’engager 5 directeurs de zone (DZ) et 36 délégués aux contrats d’objectifs (DCO) supplémentaires pour compléter le cadre (circulaires 7188 et 7189) (1). Ces écoles organiseront deux demi-jours supplémentaires de formation obligatoire durant cette année scolaire (circulaire 7228) pour initier leurs équipes à ce processus de contractualisation (1). Rappelons que durant l’année 2018-2019, les équipes pédagogiques de 903 écoles fondamentales et secondaires ont élaboré leur plan de pilotage Elles ont défini leurs objectifs spécifiques et les stratégies pour les atteindre, en regard des objectifs globaux d’amélioration fixés par le Gouvernement. Ensuite, sous la supervision de quatre DZ, 53 (DCO) ont analysé ces plans de pilotage (au regard de la situation de l’école et des objectifs d’amélioration, et de leur conformité avec le décret) avant qu’ils deviennent des contrats d’objectifs conclus pour une durée de six ans. (1) www.enseignement.be/circulaires FOCUS 8 Que sont les inspecteurs devenus ? Quel rôle jouent les inspecteurs à l’heure de la nouvelle gouvernance des écoles prévue par le Pacte pour un Enseignement d’excellence ? uneuf pour les inspecteurs à l’heure Dd’un nouveau mode de gouvernance des écoles, qui s’appuie sur davantage de participation, d’autonomie et de responsabilisation des directions et de leurs équipes éducatives (1). La parole à Pascale Genot, inspectrice générale coordinatrice. PROF  : Pourquoi fallait-il réformer les services de l’Inspection ? Pascale Genot  : Dans le nouveau mode de gouvernance des écoles, chaque équipe élabore son plan de pilotage qui est ensuite analysé par un délégué au contrat d’objectifs (DCO) avant de devenir un contrat d’objectifs conclu pour six ans (2). Et dans ce cadre, en quoi le rôle des inspecteurs change-t-il ? Le contrôle a priori et systématique des pratiques pédagogiques des équipes ne cadre plus avec les principes du nouveau modèle de gouvernance. On est dans une autre logique  : laissons d’abord les équipes faire le diagnostic de leur établissement et définir leurs modalités de pratiques ! Concrètement, cela signifie que depuis cette rentrée 2019, l’inspecteur ne vient plus tous les trois ans dans les classes pour contrôler le niveau des études a priori. Et cela quel que soit le degré d’avancement des écoles dans l’élaboration de leur plan de pilotage. PROF 43 Dans le cadre d’un ans l’espace ouvert qui jouxte les locaux projet pédagogique Dde classe, des roses trémières fleurissent déjà ; des petits pois enroulent leurs vrilles centré sur l’observation autour de tuteurs. Poussant la grille du jardin, de la nature, la classe Gaspard et Paola vont étrenner la cabane en des jardiniers, à l’École bois qui vient d’être construite, avec la collaboration de parents. maternelle de la Marolle, passe chaque semaine À deux pas, un potager, des pommiers, des une journée en forêt. vignes qui colonisent un mur, un poulailler où caquètent deux grosses poules, des nichoirs pour les oiseaux, un hôtel à insectes… Et une mare, récemment creusée elle aussi, qui accueille déjà quelques libellules pionnières. « Il y a aussi des lentilles d’eau », racontent les deux enfants. Les grands épaulent les petits Mais ce jeudi de juin, c’est « journée en forêt » pour les enfants de cette classe verticale (de la 1 re à la 3 e maternelle) d’une école située à deux pas de la Place du Jeu de Balle, au centre de Bruxelles. Chaussés de bottes, sac au dos, Milo, Automne, Youssef, Nicolas, Hafsa et les autres gagnent la forêt de Soignes en car. Une balade ponctuée d’observations de plantes, d’arbres et d’animaux mène vers une zone de jeu. Là, les enfants, les enseignantes et quelques accompagnateurs déploient des cordes qui se transformeront en balançoires PROF/FWB PROF/FWB Quelles sont alors les missions des inspecteurs ? Ils ont une nouvelle mission  : l’audit en milieu scolaire. Ainsi, les inspecteurs de l’enseignement du continuum pédagogique (de la 1 re maternelle au 1er degré du secondaire) et ceux de l’enseignement secondaire de transition et de qualification sont appelés à intervenir dans les cas où un établissement refuse ou est dans l’incapacité d’établir son plan de pilotage, ou à la suite de l’évaluation intermédiaire ou finale de son contrat d’objectifs. Ils effectuent aussi un audit dans des écoles qui présentent, par rapport à la moyenne des écoles, des écarts significatifs de performances, écarts mesurés par des indicateurs liés au climat de l’école, aux parcours et résultats des élèves… Pascale Genot, inspectrice générale coordinatrice  : « Les inspecteurs ont une nouve le mi sion  : l’audit en milieu scolaire ». Dans ces deux cas, l’objectif est de rechercher les raisons de ces difficultés et de soutenir l’équipe en lui apportant des recommandations. Ils ont aussi des missions d’évaluation ? Oui. Ils sont chargés d’évaluer, à l’échelle du système éducatif, la manière dont certains On part en forêêêêt !!! ! LIBRES PROPOS 28 PROF 43 Cette rubrique invite n lit et entend souvent que l’enseigne- des langues en Belgique franco- un expert à faire part Oment phone est mauvais et que l’immersion est la d’un message qu’il méthode d’enseignement idéale. Ces affirmations n’étant la plupart du temps pas étayées juge important dans le contexte actuel. scientifiquement, des chercheuses et chercheurs de l’UCLouvain et de l’UNamur (1) ont Philippe Hiligsmannétudié dans le cadre d’un large projet multidisciplinaire les conditions qui favorisent expose les résultats d’un projet multidisciplinaire l’apprentissage des langues en général et en et interuniversitaire sur immersion en particulier (2). les conditions favorisant L’objectif de cette recherche était d’étudier l’apprentissage des l’impact de l’apprentissage des langues sur langues en général le fonctionnement cognitif, linguistique et socio-affectif des apprenants du néerlandais et, en particulier, en et de l’anglais, tant dans l’enseignement traditionnel qu’en immersion. immersion. Le projet de recherche, qui a débuté en 2014, a été réalisé en partenariat avec 22 écoles primaires et secondaires présentes en Wallonie. Au total, plus de 900 élèves ont été suivis du début de la 5 e à la fin de la 6 e primaire et du début de la 5 e à la fin de la 6 e secondaire. Les données récoltées au cours des deux années scolaires au sein des écoles, ainsi qu’à deux reprises de manière centralisée à l’UCLouvain, sont composées de questionnaires (pour les aspects socio-affectifs), de tests standardisés (pour les aspects cognitifs et linguistiques) et de tâches de production (pour les aspects linguistiques). Des données qualitatives ont également été récoltées lors de focus-groupes et d’observations en classe. Enfin, les parents des élèves, les directions des écoles participantes et le corps enseignant ont également été associés au projet (questionnaires et entretiens). Pas d’impact négatif sur la maitrise du français L’image qui colle à la peau de l’immersion est qu’il s’agit d’un enseignement élitiste, 34 ou permettront aux petits aventuriers de se hisser au sommet des pentes. D’un sac, ils extraient des casseroles émaillées qui accueilleront les écorces, feuilles et pommes de pin de futures recettes. Les enfants ramassent aussi de petits morceaux de bois ; ceux-ci, assemblés à l’aide de brelages, deviendront des figurines qu’ils habilleront avec des morceaux de tissu… « Le projet de classe verticale, nous l’avons construit voici vingt ans, expliquent Cécile Hankenne et Cathy Doyen, deux des trois institutrices. Mélanger les âges stimule une démarche d’entraide des grands vis-à-vis des petits et l’émulation suscite souvent l’éveil et une plus grande autonomisation des plus jeunes. » « En outre, travailler en duo ou en trio d’enseignants en classe, c’est plus constructif ; cela débouche sur un échange d’idées permanent. Ne voyant pas les élèves ou les situations de la même manière, nous pouvons être plus attentives aux besoins de chaque enfant. Concrètement, nous prévoyons des activités de manière globale et nous les adaptons au fur et à mesure, en fonction des âges des élèves. Avec eux, nous lançons des projets. Ils rebondissent, puis nous aussi. » Dites, l’immersion, ça marche ? PROF 43 rentrée 2019 13 500 enseignant(e)s de maternelle en formation DASPA-FLA  : aider les élèves à maitriser le français Erasmus+, mode d’emploi #ARRETE, c’est de la violence Formation  : un supplément IFC Dès octobre, 13500 enseignant(e)s de maternelle se formeront au nouveau référentiel des compétences initiales, accompagnés par l’IFC. PROF/FWB/Jean-Michel Clajot alors qu’il n’y a en principe pas de conditions d’accès, ni de critères de sélection pour inscrire son enfant dans un parcours immersif. Sur la base du plus haut diplôme décroché par la mère des enfants en tant qu’indicateur prédictif des résultats scolaires, il apparait clairement que, comparé au public de l’enseignement traditionnel, l’immersion attire un public privilégié au niveau socio-économique, culturel et familial. Ceci est particulièrement le cas pour le néerlandais. Quasiment 50% des mamans des élèves inscrits en immersion ont un diplôme universitaire, contre moins de 25% pour les mamans des élèves inscrits dans le traditionnel. Une des préoccupations (légitimes) des parents qui souhaitent inscrire leur enfant dans un parcours immersif porte sur le niveau de la langue de scolarisation, en l’occurrence le français. Ici, très clairement, tous les résultats de la recherche concordent  : à la fin du parcours scolaire (en primaire et en secondaire), l’immersion n’a pas d’impact négatif sur la maitrise du français. Que ce soit au niveau du vocabulaire réceptif, de la lecture à voix haute, de l’orthographe, des productions écrites, ainsi qu’au niveau des résultats au CEB/CESS (qui se font uniquement en français), les élèves en immersion obtiennent des résultats identiques, voire meilleurs que les élèves non immergés. De bonnes performances en langue étrangère Quant aux performances en langues étrangères (anglais et néerlandais), il s’avère sur la base de tests standardisés prévus pour des locuteurs natifs que les élèves de 5 e secondaire immersion (donc à l’âge de +/– 16 ans) disposent d’un vocabulaire réceptif équivalant à celui d’un enfant néerlandophone de 11 ans, alors que les élèves de 5 e secondaire de l’enseignement traditionnel atteignent le PROF/FWB dispositifs pédagogiques sont mis en place dans les écoles, puis d’informer et de conseiller le Gouvernement. Cela peut être, par exemple, l’enseignement en immersion, en alternance, le DASPA-FLA pour des élèves qui ne maitrisent pas la langue de l’enseignement (3). Cela signifie-t-il que le contrôle du niveau des études disparait complètement ? Non, comme avant, les inspecteurs contrôlent le respect de la règlementation dans les écoles  : cela peut concerner, par exemple, l’adéquation du matériel didactique et de l’équipement aux nécessités pédagogiques, le respect des programmes d’études, des règles concernant la gratuité… Mais ces investigations et contrôles sont davantage ciblés sur « la présomption de manquements substantiels repérés notamment lors des missions d’audit ou d’évaluation de dispositifs pédagogiques ». Pour ces missions d’audit, d’évaluation et de contrôle, les inspecteurs reçoivent un mandat clair et doivent respecter un dispositif et une méthodologie spécifique, déterminés en concertation avec la Commission intermédiaire de coordination (qui fait le lien entre les DCO, l’Inspection et les autres services de la Direction générale du Pilotage du Système éducatif). D’autres missions ? Ils peuvent également, à la demande d’un directeur ou d’un pouvoir organisateur (PO), évaluer les aptitudes pédagogiques d’un enseignant à l’aune du respect des référentiels et des programmes. Et collaborer à la réalisation des épreuves certificatives, à la formation en cours de carrière interréseaux… Ils jouent aussi un rôle d’expertise pédagogique au sein de différentes commissions, notamment pour l’élaboration des référentiels des différentes disciplines. Travail collaboratif Un décret entrant en vigueur cette rentrée 2019 a revu la charge de travail des enseignants, divisée en travail en classe, travail pour la classe, service à l’école et aux élèves, formation en cours de carrière et travail collaboratif (60 périodes par an). Nous l’avons largement évoqué dans notre Réaliser des audits, cela demande une précédent numéro (bit.ly/2OH3biQ). formation ? La plage horaire est supprimée Oui, cela suppose d’établir une méthodologie dans le secondaire. Les de travail  : recueil, analyse de données… Un enseignants du fondamental et noyau d’inspecteurs référents, responsable de du secondaire peuvent, sur base la mission d’audit, suit actuellement une formation spécifique dans ce domaine. sup’rémunérées. En outre, le PO volontaire, prester des heures recevra, par école, un complément C’est un changement pour les écoles de périodes correspondant à 0,33% aussi… du capital-périodes ou du NTPP, C’est vrai que les directions et les équipes à attribuer à des enseignants pédagogiques avaient sans doute l’habitude expérimentés (définitifs avec 10 de rencontrer « leur(s) » inspecteur(s) depuis ans d’ancienneté au moins) pour plusieurs années. des missions collectives de service à l’école et aux élèves (notamment Dorénavant dans le cadre d’une mission l’encadrement des enseignants d’évaluation de pratiques ou d’audit, ils débutants). peuvent voir arriver plusieurs inspecteurs de niveaux différents. La perspective est différente  : « Ce n’est pas mon inspecteur qui vient Les détails dans la circulaire 7167 (www.enseignement.be/circulaires). me voir, c’est un groupe d’inspecteurs qui vient réaliser une mission. » Davantage de transversalité, moins de personnalisation ; cela peut Le catalogue 2019-2020 de stages Entr’Apprendre 2019‐2020 dédramatiser la visite de l’inspecteur. d’immersion en entreprises, reconnus comme formation par Ceci dit, cette transformation s’inscrit dans un l’IFC, est disponible à la fois sur cheminement. Depuis la réforme du service de www.entrapprendre.be et sur le l’Inspection en 2007, il n’y a plus d’évaluation site de l’IFC (bit.ly/33RWNsD). Une des aptitudes pédagogiques des enseignants, vingtaine d’entreprises peuvent accueillir des enseignants de sauf en cas de demande du PO. cours techniques et généraux de Propos recueillis par l’enseignement qualifiant, chefs d’atelier ou accompagnateurs CEFA Catherine MOREAU et formateurs CTA. Entr’Apprendre comporte quatre étapes soit en (1) Décret relatif au Service général de l’Inspection présentiel, soit à distance. bit.ly/2YloLh4 (2) Lire le dossier « Pilotage & contrats d’objectifs » paru dans notre édition de septembre-octobre-novembre Signalement des absences 2018 (bit.ly/2LW5RWW). (3) Un décret de mai 2019 (bit. Lire en pages 9 et 10. ly/2Kivkam) revoit le délai dans lequel une direction du fondamental doit signaler à l’Administration l’absence d’un élève après neuf demi-jours. Il passe à cinq jours ouvrables maximum, afin de donner plus de souplesse organisationnelle aux écoles. PROF 43 9 La forêt comme thème conducteur permet de communiquer avec les parents, de Les institutrices ont construit le projet autour leur montrer le lien entre différentes activités S’informer de l’observation de la nature, en s’inspirant des jardiniers. de l’approche éducative du pédagogue italien et se former Loris Malaguzzi, développée dans sa ville de Une excellente motricité Créé en 2012 par des éducateurs-nature, le Collectif Tous Reggio Emilia. Cette méthode met l’accent Les résultats ? Les enseignantes l’assurent  : sur le fait que les enfants apprennent au quotidien en exprimant leurs découvertes par les attentifs. En bougeant, en marchant, en sausonnes - dont des enseignants « Nos élèves sont curieux, observateurs et Dehors rassemble des per- cent langages (mots, images, jeux de rôles, tant, en rampant…, ils développent également et conseillers pédagogiques dessin, musique, rêve, imagination…) de l’agilité, de l’endurance et une excellente – désireuses de promouvoir motricité. » « Chaque année, nous choisissons un thème les pratiques éducatives dans secondaire, la forêt constituant notre la nature, pour tous les thème conducteur, expliquentelles. Ainsi, l’an dernier, la classe Les témoignages de ter- publics. des jardiniers a observé les rain d’une vingtaine insectes. » Cette année, c’est au d’enseignants qui tour de l’arbre. Des promenades sortent avec leur classe, quasi hebdomadaires en forêt – réunis lors d’une par tous les temps – ont permis « form’action », ont de l’observer au fil des saisons. abouti à la publication Dans ce grand laboratoire à ciel du guide méthodologique Trésors du dehors. ouvert, les enfants ont engrangé mille questions  : pourquoi les feuilles changent-elles de couleur, pourquoi tombent-elles ? Qui cun peut rejoindre à Ce collectif, que cha- profite, durant l’hiver, de ce tapis tout moment, propose de feuilles en décomposition ? Les aussi un carnet de bourgeons sont-ils tous pareils ? … La forêt, un grand laboratoire bord pour les encadrants à ciel ouvert, et une plaine sortant avec des groupes, de Chemin faisant, ils ont découvert les hélices de jeu.. même que des formations du fruit de l’érable, gouté les faines du hêtre… sur les thèmes de l’éducation « Notre pari, à long terme, c’est qu’ils apprennent à apprivoiser la nature, à la respec- À la fin de l’hiver, un arbre géant abattu par dehors et des ressources partagées. une tempête a fourni un excellent terrain de ter, à se forger un regard ouvert c’est-à-dire recherche. En classe, les glands germés, observés en forêt, ont mené vers d’autres graines à dépasser des réactions instinctives ou apprises, devant les insectes, par exemple. Nous paces de discussion sur diffé- Il a également créé des es- de tailles et de couleurs différentes  : des sommes persuadées que de ce qu’ils ont vécu rents thèmes, notamment la poivrons, des butternuts ont poussé dans le dans cette classe durant trois années, il leur manière de toucher le public potager. En septembre, les enfants en verront restera quelque chose dans leur vie d’adolescents, puis d’adultes. » buer à introduire la pédagogie des adolescents et de contri- le résultat. « Tout est fait pour que le jardin soit, comme la classe, un endroit où l’on peut du dehors dans la formation manipuler, planter, observer, peindre, jouer… », C’est le retour à l’école pour les jardiniers. initiale des enseignants et conclut M me Hankenne. Pieds, genoux et mains témoignent des activités réalisées au cœur des bois. Fatigués par dans le Pacte pour un Enseignement d’excellence (1). En outre, durant cette année, dans le cadre cette journée au grand air, certains élèves se d’un projet La culture a de la classe, subsidié sont endormis dans le car. D’autres parlent Par ailleurs, l’Institut de la Formation en cours de carrière par la Commission communautaire francophone, des animatrices du Centre chorégra- déjà de l’exposition des maquettes de la ville et de la forêt qu’ils présenteront bientôt. Ou proposera la formation Aller phique Charleroi Danses ont accompagné les des bougies que plusieurs enfants, nés en à la découverte de l’environnement proche, des pistes pour enfants en forêt. Puis elles les ont invités à juin, souffleront le lendemain, plantées sur exprimer par le mouvement les sensations ressenties en ville et au cœur d’un espace fores- un grand tiramisu préparé avec les œufs des oser faire classe dehors aux poules et les fruits rouges du tier (« on n’y voit pas la même chose, on n’y potager. enseignants du primaire et du 1er degré du secondaire (2). marche pas de la même façon… »). Catherine MOREAU M me Hankenne le précise encore  : un blog (1) tousdehors.be (1) www.ifc.cfwb.be Code 409001905 PROF 43 29 niveau d’un enfant néerlandophone de 7 ans (gain de 4 ans). On retrouve également une différence significative, quoique moindre, entre les deux groupes d’apprenants de l’anglais  : en 5 e secondaire immersion, les élèves disposent d’un vocabulaire réceptif identique à celui d’un enfant anglophone de 9,3 ans, contre 6,5 ans pour les élèves en 5 e secondaire du traditionnel (gain d’un peu moins de 3 ans). Au niveau des tâches écrites effectuées par les élèves du secondaire, comme indiqué cidessus, aucune différence n’a été constatée entre les deux groupes d’apprenants pour le français. Par contre, les rédactions produites en langue étrangère par les élèves en immersion sont d’un point de vue linguistique plus complexes (plus grand nombre de phrases/mots par texte, phrases plus longues, plus grande diversité lexicale) que celles produites par les élèves de l’enseignement traditionnel. Ces différences sont plus prononcées pour le néerlandais que pour l’anglais. Outre les mesures de complexité, une attention particulière a été portée à la phraséologie (combinaisons de mots, telles que op reis gaan, de tafel dekken, at the airport, in addition to) et aux intensifieurs (brand new, bloedserieus). Ici aussi, on constate un vocabulaire phraséologique plus large (fréquence) et plus varié (diversité) en immersion que dans l’enseignement traditionnel, ainsi qu’une utilisation des intensifieurs plus proche de celle des locuteurs natifs par les élèves en immersion. Par ailleurs, le nombre d’erreurs phraséologiques est moindre en immersion que dans l’enseignement traditionnel, avec une différence importante entre l’anglais et le néerlandais. Le calcul du ratio entre le nombre d’erreurs phraséologiques par rapport au nombre de combinaisons produites montre en effet que les élèves en immersion anglais produisent 5% d’erreurs ; les élèves du traditionnel, 10%. En néerlandais, les pourcentages s’élèvent à 14% en immersion et à 22% dans le traditionnel. L’anglais 2  : plus attrayant et plus facile Pour ce qui concerne les aspects socio-affectifs, sans surprise, l’anglais est considéré ÉDITORIAL Sous le signe du Pacte Cette fois, ça y est  : la rentrée 2019 se passe clairement sous le signe du Pacte pour un Enseignement d’excellence, et sauf incident de parcours ou revirement, il en sera ainsi pour un bon bout de temps, puisque les promoteurs du Pacte en ont fixé l’horizon à 2030. Depuis des mois, des dizaines de textes règlementaires transitent du Parlement et/ou du Gouvernement vers les pages du Moniteur belge, qui n’a d’ailleurs pas encore absorbé toutes les modifications et nouveautés adoptées en fin de législature. Nouvelles dispositions en matière de gratuité en maternelle ? Le Pacte. Redéfinition de la charge enseignante ? Le Pacte. Référentiel des compétences initiales. Encore le Pacte. Redéfinition des missions de l’Inspection ? À nouveau le Pacte, en lien avec les contrats d’objectifs. Des logopèdes au service des classes maternelles ? Toujours le Pacte. Un profil de fonction pour les éducateurs ? Un complément de périodes–professeurs pour compenser l’absence d’un enseignant l’année dernière ? Le décret visant à l’accueil, la scolarisation et l’accompagnement des élèves qui ne maitrisent pas la langue de l’enseignement ? Encore et toujours le Pacte. Il est question de toutes ces nouvelles mesures dans notre dossier de rentrée. Mais on lira aussi quatre pages sur le programme Erasmus+, et des reportages sur l’école en forêt, sur la prévention de la violence dans les relations amoureuses, sur l’opération Journalistes en classe, ou sur le projet Espace et Enseignement auquel les classes du fondamental et du secondaire peuvent participer. Les auteurs d’une recherche sur l’immersion linguistique en livrent les premiers résultats, tandis qu’une double page de ce numéro vous livre l’essentiel de ce que les enseignants du 1er degré secondaire ont dit des environnements d’apprentissage et d’enseignement, à travers l’enquête Talis 2018. Bonne lecture, dans ces pages ou via www.enseignement.be/prof. Didier CATTEAU Rédacteur en chef PROF/FWB comme une langue plus attrayante et plus facile que le néerlandais, tant en immersion que dans le traditionnel. Il faut toutefois noter que l’attrait du néerlandais chute de manière significative entre le début de la 5 e et la fin de la 6 e primaire. Tous les élèves s’avèrent par ailleurs être motivés, à l’exception des élèves du secondaire traditionnel qui suivent le néerlandais. Globalement, les élèves en immersion ont des profils socio-affectifs plus favorables, les différences avec l’enseignement traditionnel se marquant plus en secondaire et plus pour le néerlandais. L’immersion ne compense en fait que partiellement les idées reçues relatives au néerlandais. Au terme de cette recherche, il apparait que plusieurs facteurs présents en immersion favorisent l’apprentissage des langues et que les gains obtenus ne sont pas nécessairement dus à l’immersion en tant qu’approche pédagogique. Parmi les facteurs favorables à l’apprentissage, on peut citer l’apport EN DEUX MOTS en langue étrangère plus important, des contacts accrus avec les locuteurs natifs, des Licencié en philologie enseignantes et enseignants germanique et docteur en enthousiasmants, ainsi qu’une intégration philosophie et lettres de accrue entre l’enseignement des matières et l’Université de Liège, Philippe Hiligsmannest le porte-parole de celui des langues. la recherche multidisciplinaire Philippe HILIGSMANN sur l’immersion linguistique. Il est chercheur et professeur ordinaire en langue et (1) L’équipe de recherche était composée de Ph. linguistique néerlandaises Hiligsmann(UCLouvain), A. Bulon (UCLouvaindoctorante), A. De Smet (UCLouvain/UNamur- de Louvain et responsable à l’Université catholique doctorante), B. Galand (UCLouvain), I. Hendrikx (UCLouvain-doctorante),L. Mettewie (UNamur), académique du certificat F. Meunier (UCLouvain), M. Simonis (UCLouvaindoctorante), A. Szmalec (UCLouvain), Kr. Van Goethem l’enseignement en immersion. universitaire Didactique de (UCLouvain),L. Van Mensel (UNamur-post-doctorant). (2) Les publications scientifiques liées au projet sont accessibles via bit.ly/2OBvoHF. La vidéo de la présentation des principaux résultats de la recherche est aussi disponible  : bit.ly/2YfORC6 PROF 43 35 Phili pe Hiligsma n RENTRÉE 2019 DASPA-FLA  : mieux aider les élèves à maitriser le français >4 La sélection des directeurs revue et corrigée >6 Tout le maternel en formation >7 Que sont les inspecteurs devenus ? >8 Des logopèdes au service des classes maternelles >10 Les éducateurs mieux reconnus >11 Le type 8 s’organise dans le secondaire spécialisé >12 La pénurie d’enseignants augmente >14 Des périodes complémentaires pour remettre les élèves à flot >15 L’INFO Erasmus+ pour les écoles, mode(s) d’emploi >16 Un journaliste en classe >20 Ils font « amarssir » des robots programmés >21 TALIS  : une photographie du 1er degré secondaire >22 Éveiller les élèves à toutes les musiques >24 TechniTeen’s pour agir sur son apprentissage >25 EDUC Days  : trois jours de rencontres professionnelles >26 Carte PROF 2020-2021 distribuée avec votre PROF de décembre >27 FOCUS On part en forêêêêt ! >28 TABLEAU DE BORD Le bien-être des élèves >30 CLIC & TIC CUT, c’est dans la boite ! >31 DROIT DE REGARD Laurence Rosier  : « Réfléchir avant de dire, parce que les mots ont du poids » >32 LIBRES PROPOS Dites, l’immersion, ça marche ? >34 PROF 43 LECTURES Les maths, toute une histoire >36 L’ACTEUR Marie-Laure Gras  : « J’avance avec mes étudiants, à côté d’eux » >37 CÔTÉ PSY Apprendre à (bien) aimer >38 À VOTRE SERVICE Une formation complémentaire méconnue >40 CARTE PROF Dalí et Magritte >43 Au Bastogne War Museum >44
Jardin Botanique Meise La portée du langage La collection Temps d’arrêt du programme de prévention Yapaka publie La portée du langage, texte de référence sur les fondamentaux de la pratique de la langue maternelle, de sa mécanique des gestes vocaux à son appropriation dans les interactions entre enfant et adulte. Les auteurs questionnent nos façons de transmettre la langue maternelle, alors qu’on observe un nouveau phénomène de « détresse langagière » chez des enfants, dès le plus jeune âge. Téléchargeable via www.yapaka.be/professionnels/page/temps-darrets. Au Musée du Bois Le nouveau labo du bois du Jardin Botanique de Meise expose quelque 4 500 échantillons d’essences du monde entier. Dans ce musée pédagogique, les élèves découvrent les secrets de ce matériau durable et ses utilisations, au moyen d’écrans tactiles, de films… Dès la fin septembre, une visite guidée peut être combinée avec un atelier sur l’arbre ou un autre atelier. bit.ly/2TsyVXN (> Visiteznous > Éducation). L’accès au Jardin Botanique est gratuit pour les détenteurs de Carte PROF. Allocations d’études  : du neuf Depuis le 1er juillet, les conditions d’octroi des aides financières octroyées par la Fédération Wallonie-Bruxelles aux élèves et aux étudiants de condition peu aisée dans le cadre de leurs études ont changé. Les circulaires 7207 (pour l’enseignement secondaire) et 7206 (pour le supérieur) www.enseignement.be/circulaires l’annoncent. Les demandes peuvent être introduites jusqu’au 31 octobre via allocations-etudes.cfwb.be Salon SETT, rendez-vous du numérique Le salon SETT (pour School – Education – Transformation – Technology) est consacré aux nouvelles technologies adaptées au monde de l’enseignement. Notez déjà que sa 2 e édition aura lieu les 6 et 7 février 2020 à Namur. Le salon s’adresse aux acteurs de la (r)évolution numérique dans l’enseignement. Basé essentiellement sur des conférences et sur le partage d’expériences enrichissantes, il est gratuit, ouvert aux seuls professionnels du secteur et reconnu comme formation par l’IFC (www.ifc.cfwb.be). Inscriptions ouvertes à partir d’octobre via http://www.sett-namur.be. PROF 43 3



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