Prof Magazine n°41 mar/avr/mai 2019
Prof Magazine n°41 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : mieux apprendre à lire aux élèves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier Lire, lire et relire La lecture interactive encourage la rencontre avec l’écrit et le développement du langage au départ d’un album. Nathalie Thomas et Christel Regaert ont rédigé une brochure sur ce dispositif avec le soutien de La fureur de lire (1). Selon la littérature, quatre prérequis entre autres facilitent la maitrise de l’écrit  : apprendre les conventions de lecture et d’écriture et les lettres de l’alphabet ; travailler la conscience phonologique ; enrichir son vocabulaire ; acquérir des stratégies pour comprendre l’histoire. Lors de la 1 re lecture de l’album, le professionnel fait des arrêts pour expliciter ses stratégies par rapport à ces prérequis. Par exemple  : « La phrase débute par une majuscule et se finit par un point ». Lors de la 2e, il prévient les enfants qu’il va faire des erreurs. Par exemple  : « La phrase débute par un point et se termine par une majuscule ». Et il les invite à les repérer et à intervenir. La 3 e lecture permet un dialogue plus fouillé. Au fur et à mesure de ces lectures et des interactions enfants/professionnel, la compréhension de l’histoire se renforce. (1) La lecture interactive  : un outil de stimulation des habiletés langagières et d’éveil à l’écrit grâce aux albums jeunesse, La fureur de lire, 2019. La brochure sera présentée lors d’une journée de formation Plan Lecture, le 30 avril à La Marlagne à Wépion. www.ifc.cfwb.be (code de formation 206101807) - bit.ly/2VWMP4g 24 Lire est un jeu d’enfant Apprendre à lire plus tôt, et mieux, et parfois avec des aides spécifiques  : beaucoup d’écoles sont conscientes de l’enjeu. Comme l’École fondamentale du Tivoli, à Laeken. Ri Pa tu mie tor ? Cinq enfants d’une classe de deuxième primaire sont assis autour d’une table ronde. Ils se voient distribuer des cartes avec des syllabes. Que vont-ils faire des leurs ? « Nous allons les partager ! » s’exclame un enfant. La meneuse de jeu précise  : « Nous allons les ASSOCIER pour former des mots ». Tortue, Paris, rame…, en ressortiront, avec, au passage, une attention aux majuscules et aux minuscules ou aux lettres muettes. L’école du Tivoli (475 élèves) a fait de la lecture un fil rouge de son enseignement. « De la 2 e maternelle à la 6 e primaire », précise Michèle Masil, sa directrice. En combinant maitrise du code et développement de stratégies de compréhension – en ce compris avec des élèves montrant des difficultés. Carine Devroede, la meneuse de jeu citée plus haut, est institutrice primaire et, depuis 10 ans (après 3 ans de formation spécifique à l’Institut de la Formation en cours de Carrière), elle est « personne ressource » pour les troubles de l’attention, fragilités au niveau de la langue et problèmes « dys » au sein de l’établissement. L’exercice se module différemment selon le niveau d’enseignement. Ainsi, au 1er degré du primaire, elle et l’institutrice titulaire de la classe travaillent en sousgroupes, pendant des temps d’accueil, M me Devroede se chargeant des élèves moins avancés avec un accompagnement phonologique plus poussé. « À partir de la 3 e année, l’institutrice consacre un temps à expliquer une stratégie de lecture à l’ensemble de la classe, explique M me Devroede. Puis elle l’exerce avec un groupe de bons lecteurs, tandis que je fais de même PROF 41 Compter le nombre de syllabes d’un mot et l’attribuer à une image  : un jeu de « conscience phonologique » avec un groupe de moins bons lecteurs, mais en m’appuyant davantage sur l’oral. » Stratégies de lecture ? « Je suis frappée par l’intérêt qu’il y a de les enseigner, indique Estelle Bruylant, jeune diplômée titulaire d’une 3 e primaire. Avant d’aborder un texte informatif, par exemple, le simple fait de demander aux élèves ce qu’ils pensent déjà savoir du sujet facilite leur entrée dans le texte puis leur compréhension. » Cathia Schools enseigne en classe verticale de 2 e et 3 e maternelles. « Nous travaillons la conscience phonologique avec les seuls 3e, séparément. Ils savent déjà lire de petites phrases, donner un sens aux lettres et à la lecture. Ils prennent cela comme un jeu, cela coule de source. » N’est-pas trop tôt ? « Non, mais entre la 3 e maternelle et la 2 e primaire, il faut respecter leur rythme, leur laisser du temps. Pour qu’ils s’amusent, qu’ils aient confiance et envie de venir à l’école. » Un élève de 6 e primaire, dysorthographique, sourit  : « Avant, je n’aimais pas lire. Maintenant, si. » (1) Lire aussi « Jeux de langue en maternelles » qui concernait une expérience à Anderlecht, dans PROF 8, bit.ly/2JiYkBC PROF/FWB
Lire le texte informatif différemment Les stratégies de lecture et de compréhension peuvent s’affiner tout au long de l’enseignement obligatoire. Amandine Burnotte s’y emploie avec ses élèves de 2 S autour de l’outil Lirécrire. Elle enseigne le français en 2 e S à l’Institut Saint-Vincent de Paul à Bruxelles. En février dernier, Amandine Burnotte a réalisé avec ses élèves un atelier intitulé « Sélectionner des informations dans une double page documentaire et les lier entre elles ». Diverses façons de lire Le premier exercice consiste à reproduire la silhouette d’une double page de texte documentaire en pointant les titres, les sous-titres, la signature, la référence, le support de publication, les volumes des textes, les graphiques, les images, les paragraphes… Le retour réflexif avec les élèves permet de cerner la lecture survol. « Elle consiste à parcourir des yeux l’ensemble du document en essayant d’observer les indices textuels et graphiques essentiels à la compréhension générale du texte […] et de formuler des hypothèses sur le genre et le contenu du texte. » (1) Le deuxième exercice demande de repérer les chiffres et les mots qui les accompagnent. « La lecture écrémage permet d’extraire les informations essentielles contenues dans le corps d’un document, sans le lire intégralement (1) (mots-clés, données chiffrées…). » Dans le troisième exercice, les élèves répondent à des questions précises, sans avoir le temps de lire le texte intégralement. « La lecture repérage est utilisée lorsque le lecteur cherche des informations précises […] il peut s’agir de détails, d’informations locales. » (1) Enfin, la lecture plus classique, « linéaire intégrale, permet de s’approprier un contenu élaboré ; elle est essentielle lorsqu’il s’agit de comprendre finement un texte… » (1) « Mes élèves ont été mis en difficulté au CE1D. Ils lisaient de façon linéaire, explique M me Burnotte. Cela prend du temps. Et ils n’étaient pas attentifs au paratexte, tout ce qui entoure le texte proprement dit. » En mai, elle réutilisera les notions acquises, au cours d’un autre atelier  : « Sélectionner des informations dans un dossier de documents et les lier entre elles ». « Ainsi, mes élèves verront le CE1D sous un autre jour, en français, mais aussi en étude du milieu et en sciences. Et, leurs compétences pourront être mises à profit, plus tard, par exemple, lors de recherches dans le cadre d’un travail de fin d’études ou de qualification. » Une formation Ces deux ateliers, elle les a découverts au cours de la formation autour de l’outil Lirécrire (lire « Lirécrire, un guide pédagogique ») de l’Institut de Formation en cours de carrière, qu’elle a suivie en janvier, avec ses collègues du 1er degré de son école. « J’ai eu des cours en haute école avec Séverine De Croix. De plus, mes collègues et moi, nous travaillions assez peu les textes informatifs. » « Cette formation permet d’une part de se mettre dans la peau de l’élève pour découvrir les textes autrement et d’autre part de réfléchir à ses représentations de la lecture, à ses stratégies de compréhension en les confrontant à celles de ses collègues. » PROF/FWB (1) DE CROIX S., PENNEMAN J., WYNS M., Lirécrire pour apprendre. Comprendre les textes informatifs. Guide pédagogique, 2018, Presses universitaires de Louvain, p.4-5. PROF 41 25 Lirécrire, un guide pédagogique Séverine De Croix, Jessica Penneman et Marielle Wyns ont écrit Lirécrire pour apprendre – Comprendre les textes informatifs – Guide pédagogique (1). Cet outil décrit huit ateliers destinés aux élèves de la 1 re à la 3 e secondaire. Ils visent à enseigner les stratégies de lecture qui sous-tendent la compréhension des textes informatifs, et à apprendre à les utiliser efficacement dans diverses situations de lecture. Ce guide pédagogique présente les ateliers sous la forme de fiches de préparation. Les aspects théoriques sont réunis dans des encarts. Des variantes permettent de les ajuster au contexte de la classe. On y trouve également des conseils méthodologiques pour les mettre en œuvre. La couverture du guide abrite une carte USB. Elle comporte tous les documents et supports pour travailler avec les élèves. Ce fichier est également disponible en version imprimée dans un manuel qui comporte le même titre mais avec le sous-titre « Documents pour la classe ». (1) 2018, Presses universitaires de Louvain. Cet outil est le résultat d’une recherche-action universitaire. Lire à ce sujet « Lirécrire pour apprendre – Comprendre les textes informatifs. Premiers résultats d’une recherche expérimentale », mai 2017, bit. ly/2Wcp7kx



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