Prof Magazine n°41 mar/avr/mai 2019
Prof Magazine n°41 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

  • Format : (200 x 275) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : mieux apprendre à lire aux élèves.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier Sous l’œil des chercheurs P.A.R.L.E.R (Parler Apprendre Réfléchir Lire Ensemble pour Réussir) est un programme de prévention précoce des difficultés d’apprentissage de la lecture. Développé à partir des connaissances scientifiques sur cet apprentissage, le programme a été mené de 2005 à 2008 par l’équipe de Michel Zorman, responsable du laboratoire Cogni- Sciences de l’Institut universitaire de formation des maitres, dans des écoles de Grenoble accueillant un public défavorisé. Durant les trois années du cycle 2 (correspondant chez nous au cycle 5-8), des élèves ont bénéficié de l’enseignement explicite et systématique de la conscience phonologique, du code alphabétique, de la fluence, de la compréhension et du vocabulaire. Et cela lors de séances quotidiennes et intensives en petits groupes de niveau homogène. Les progrès individuels ont été mesurés chaque trimestre pour pouvoir remédier aux difficultés avant qu’elles ne s’installent. L’efficacité du programme a été évaluée. Les performances obtenues par les élèves de ces écoles lors d’évaluations nationales en compréhension de textes ont été significativement supérieures à celles d’un groupe témoin, et très proches des moyennes nationales. Le programme et les outils utilisés ont ensuite été élargis à plusieurs centaines de classes (1). (1) P.A. R.L. E. R  : un dispositif pour prévenir les difficultés scolaires, dans La Revue française de pédagogie n°193, novembredécembre 2015. journals.openedition.org/rfp/4890 ; www.programme-parler.com 22 P.A. R.L. E. R pour prévenir les difficultés en lecture L’Institut de la Visitation, à Gilly, a mis en place un programme de prévention précoce des difficultés en lecture. Pour la seconde fois, Anne Hermans relit l’histoire. « Pour bien se mettre les images dans la tête », précise-t-elle à ce groupe d’élèves de 3 e maternelle, à l’Institut de la Visitation, à Gilly. Ensuite, elle invite chaque enfant à retourner les cartes posées devant lui et à choisir celle qui raconte la « bonne » histoire. Pour certains élèves, l’exercice est rodé. Anissa, elle, hésite tandis que, décidé, Izar propose une carte où manque une information de l’histoire. L’enseignante en reprend alors les éléments successifs, les désigne sur l’illustration, et signale l’anomalie. M me Hermans détaille  : « Dans cet atelier centré sur la compréhension orale, je travaille par strates successives. D’abord, les enfants répondent à des questions basiques  : qui ?, où ?, quand ? Peu à peu, ils apprennent à contrôler la compréhension par des exercices de détection et de justification d’anomalies. À comprendre ce qui est dit et ce qui est implicite mais doit être compris par un travail sur les inférences. » « Ils arrivent à faire le lien avec ce que qu’ils savent déjà, à vérifier le lien entre texte et image ; à mettre en mémoire. Au début, je leur montre les stratégies que j’emploie, puis je m’efface de plus en plus. Ils parviennent à se resservir des stratégies  : cela devient automatique. La lecture d’un album jeunesse choisi permet ensuite aux enfants d’intégrer des compétences acquises pour comprendre un texte plus long. » Cet atelier est proposé chaque jour dans la classe, dans le cadre du programme P.A. R.L. E. R (Parler Apprendre Réfléchir Lire Ensemble pour Réussir), co-construit par des enseignants et des chercheurs pour prévenir les difficultés en lecture (lire ci-contre). PROF 41 Après un test, en début d’année, pour chaque enfant (en compréhension, en catégorisation de mots et en phonologie), les enseignantes répartissent les élèves par groupes de besoins, homogènes. Ensuite, les enfants bénéficient chaque jour d’un atelier de vingt-cinq minutes centré sur un de ces trois domaines. L’atelier d’entrainement à la conscience phonologique vise à faire prendre conscience des différentes unités phonologiques (rimes, syllabes et phonèmes) à travers des exercices de détection, de segmentation, de fusion et de suppression. Un autre atelier est consacré à un travail spécifique sur le vocabulaire. M me Hermans  : « L’outil pédagogique est construit, structuré, prêt à l’emploi, c’est rassurant. Si le programme, très précis, planifie les ateliers, nous adaptons le nombre de séquences ou nous multiplions les séances en fonction des progrès et des difficultés des enfants. Pour certains, repérer les inférences, par exemple, a nécessité davantage de temps. » Lancé à la rentrée 2017, le programme est appliqué cette année en 1 re primaire dans le cadre d’une expérience-pilote en Fédération Wallonie-Bruxelles. Aux trois ateliers précités s’ajoutera, en fin d’année, un atelier centré sur la fluence. Et, l’an prochain, P.A. R.L. E. R sera étendu, en 2e, aux élèves qui rencontrent des difficultés en lecture.
« Dans l’école où l’équipe éducative a opté pour l’enseignement explicite, le programme a facilement trouvé sa place, note Vincent Avart, l’ancien directeur. Tous les enseignants du cycle 5-8 participent aux formations données par l’Institut de la formation en cours de carrière. » Le programme montre-t-il son efficacité ? « Nos grilles d’évolution montrent que des élèves s’approprient des stratégies de lecture, explique Céline Bourgeois, enseignante en 1 re primaire. En constituant les groupes au début de l’année, j’ai observé que les élèves plus faibles sont souvent les nouveaux arrivés dans l’école. » Lors des ateliers quotidiens, les enfants sont répartis en groupes de besoins, homogènes. Un bémol  : « P. A. R.L. E. R repose sur une participation régulière des enfants, note M me Hermans. Comme la fréquentation de la 3 e maternelle n’est pas encore obligatoire, cela peut creuser l’écart entre les élèves au sein même de la classe. L’inverse de l’objectif que nous poursuivons. » PROF/FWB Un moins bon lecteur peut révéler ses forces Dans sa classe de 4 primaire à l’École communale d’Orp-le-Grand, Stéphanie Mottoulle s’inspire du programme PARLER pour améliorer la compréhension de ses élèves en lecture. « J’ai découvert cet outil lors de ma formation continuée en lecture et écriture à l’Institut supérieur de Pédagogie de Namur. J’y ai vu la possibilité de remédier aux difficultés de compréhension des enfants en lecture », explique M me Mottoulle. Avec Séverine Duhayon, qui enseigne en 4 e primaire à l’École Saint-Paul Regina, à Uccle, elle a adapté le programme et construit des outils pour cette classe. Les deux enseignantes ont élaboré quatre modules répartis sur deux ans  : le rapport entre texte et image, le vocabulaire, la compréhension du récit et le développement logique. Chaque module se décline en courtes séances réparties sur huit semaines. L’évaluation diagnostique préalable de chaque élève apporte déjà quelques surprises  : « Comparant texte et image, certains bons lecteurs interprètent alors que d’autres qui déchiffrent mal parviennent à exprimer des choses pointues. » En petits groupes homogènes, les élèves comparent texte et illustration, se posent des questions, dégagent des anomalies, produisent un texte court conforme à l’image… Ils argumentent, justifient leurs hypothèses et leurs choix en s’appuyant sur des éléments explicites et cohérents. « Au fil des exercices, de plus en plus complexes, les argumentations se font plus précises, plus spontanées, explique M me Mottoulle. Je peux observer les forces et les besoins des enfants  : une difficulté d’argumentation peut parfois cacher un problème de vocabulaire ». S’ajoutent quelques séances de lectures partagées où, à partir d’albums choisis, en dialogue avec l’ensemble de la classe, l’enseignante explicite les stratégies de lecture qu’elle utilise. Place ensuite à quelques séances de lecture guidée où, répartis en groupes, les enfants lisent, prennent des notes, avant d’expliquer comment ils ont compris. M me Mottoulle  : « Cela les aide à consolider les stratégies enseignées, à développer des habiletés pour devenir un lecteur autonome. » Enfin, lors d’exercices de lecture autonome en classe, chaque enfant lit un livre seul et complète un petit livret reprenant les stratégies travaillées durant tout le module. L’enseignante le constate  : cet apprentissage structuré, intensif, répétitif et progressif a des avantages. « Il aide à cibler les réussites, les besoins, les difficultés, les obstacles et permet la remédiation immédiate. En outre, il casse la hiérarchie en révélant des forces chez des moins bons lecteurs, ce qui les valorise. » PROF 41 23



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