Playsound n°7 février 2013
Playsound n°7 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 18,3 Mo

  • Dans ce numéro : The Earl Grey... le nouveau nom du Rock français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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TENDANCE C’est un constat : la musique ne s’est jamais autant partagée qu’aujourd’hui, et tant sa production que sa consommation sont plus que jamais démocratisées. Parallèlement, tout le monde le sait et tout le monde le dit : c’est la crise du disque, du marché musical. Conséquence : il y a plus de gens qui font de la musique, mais moins qui en achètent, et du coup moins qui en vendent. Où je veux en venir ? C’est simple, comment, un artiste ne partant de rien ou presque, pourra se commercialiser sachant que les maisons de disques sont plus frileuses à engager et promouvoir un jeune talent qu’elles ne pouvaient l’être avant ? Alors toutes sortes d’astuces se mettent en place : les préventes, l’autodistribution, etc. et le financement par « investissement ». Eh oui, l’internaute et/ou le fan peut se transformer en trader. Nous allons donc tenter d’analyser le phénomène, savoir d’où il vient mais aussi où il va. Un nom doit déjà vous traverser l’esprit : My Major Company. Le concept est simple, je m’inscris sur le site, je mets ma demo en ligne, et si tu penses que ça envoie du lourd, toi, tu envoies du blé. Et à force d’additions des investissements de ces « financeurs-contributeurs », on arrive à une somme totale qui permet de produire l’album, plutôt efficace ! L’avantage pour la boîte : si l’artiste arrive à récolter de lui-même, c’est qu’il a du potentiel, pour l’artiste : plus facile de récolter de l’argent, et la suite est assez sereine. Et en contrepartie, le fan a lui aussi droit à ses avantages. Quelques exemples : « 5 € : remerciements sur les réseaux sociaux » [...] « 50 € PS MAG #7 LE BUZZ DES ARTISTES FINANCÉS PAR LES AUDITEURS : AVENIR DURABLE OU SIMPLE EFFET DE MODE ? : 2 places pour le concert privé du groupe + contreparties précédentes »... ça peut monter à plusieurs centaines d’euros pour des rencontres. Les problèmes de ce mode de financement sont plus « philosophiques », dans cette mesure : il est clair que, si son utilité n’est plus à démontrer, l’argent est ici au centre de tout. Ensuite, au risque de faire le râleur, on ne fait pas que vendre son financement : on fait vendre son contact avec le public. Or, il pourrait sembler au contraire naturel pour un artiste, à plus forte raison un débutant, de remercier ses fans sans que ces derniers paient pour ça : Doit-il vendre son autographe ? Doit-il vendre ses remerciements ? Doit-il vendre sa reconnaissance et sa sympathie ? Apparemment, cela est plutôt bien accepté puisque d’autres artistes émergents, pas forcements sur le point de sortir un disque, utilisent des systèmes similaires : par exemple, l’application Facebook « Music Angels », propose du contenu exclusif à ceux qui s’abonnent à l’application : chat avec les artistes, vidéos et infos en avant-première... abonnement bien entendu payant. Le problème réside là : puisque le public, bien décidé à faire fonctionner sa barre de recherche YouTube plus que sa carte cadeau FNAC, n’achète plus de disques, il faut se « prostituer » pour se financer, au risque de prendre, sans scrupules peutêtre, ses fans pour des vaches-à-lait. Attention, il ne s’agit pas de pointer du doigt des nouveaux modes de financement indispensables à la distribution des artistes, qui se révèlent parfois très efficace (vous avez dit Grégoire ?), et pour 6 autant permettent à des artistes très talentueux de se produire. Mais ce système a t-il un avenir ? Si la relation privilégiée avec l’artiste reste au goût du jour, probablement. Si un jour, on ne cherche que la musique et rien que la musique, alors le musicien devra peut-être trouver d’autres voies, toujours en pratique par ailleurs, comme les concerts, les préventes... Mais l’avenir ne dépend que de ceux qui l’écrivent : vous. Dorian Colas
PS MAG #7 7 PHOTO Fanny Schneider ENTER SHIKARI - LA CIGALE PARIS



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