Playsound n°7 février 2013
Playsound n°7 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 18,3 Mo

  • Dans ce numéro : The Earl Grey... le nouveau nom du Rock français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PS MAG #7 ILS ONT FAIT L’HISTOIRE DU ROCK Eté dernier. Alors que je me promène sur la plage, admirant le coucher de soleil à l’horizon, je suis interpellé par un morceau de guitare. Non loin de là, un jeune dandy, à peine majeur et entouré de son harem, faisait résonner, maladroitement, les quelques accords du mythique « Wonderwall « d’Oasis. A la fin de sa « prestation «, je m’approche alors de lui et lui demande : « Sais-tu jouer autre chose ? «. Le garçon, honnête, me susurre alors à l’oreille : « Non, mais c’est le seul titre facile à apprendre et qui fait craquer à coup sûr les filles «. Habile. Quelques mois plus tard, j’assiste à un concert de potes de mon père. Ils se mettent à jouer en version jazzy « Don’t Look Back in Anger «. A la fin du show, le chanteur me glisse alors les mots suivants : « L’avantage avec les gars d’Oasis, c’est qu’on peut manipuler leurs titres dans tous les sens, ça sonnera toujours aussi bien «. Véridique. Deux anecdotes qui pourraient parler à bien des personnes tant le groupe anglais a su laisser sur la scène pop/rock une empreinte indélébile. Un destin incroyable, pour une formation qui aura toujours été dominée par l’égo de deux frères, vivant d’une passion dévorante pour la musique (et tout ce qui l’entoure), tirant sur la corde jusqu’à sa rupture. Flashback. Pas besoin d’avoir des décennies d’existence pour marquer l’histoire du rock. En 1991, dans une Manchester industrialisée mais très peu dynamique à côté (pour ne pas dire triste), The Rain, alors composé de Liam Gallagher (chant/guitare), Paul Arthurs (guitare), Paul McGuiguan (basse) et Tony McCaroll (batterie), voit en la musique une échappatoire de la vie quotidienne. Bientôt rejoint par le grand frère de Liam, Noel (qui n’hésita pas à qualifier le groupe de « mauvais « mais admiratif du jeu de scène de son cadet), le groupe se renomme Oasis. Très vite, Noel s’impose comme le leader du groupe, présentant ses compositions (dont déjà « Live Forever ») alors accueillies avec enthousiasme par le groupe. Celui-ci enchaîne les répétitions et petits concerts pendant trois années. S’il ne perce pas tout de suite, il cultive déjà un égo surdimensionné comme l’atteste le concert donné en Ecosse en 1993. Pensant être en 1ère partie, le groupe apprend via le promoteur qu’il ne jouera pas. Insistant, la bande des Gallagher menace alors d’incendier la salle pour jouer au final quatre morceaux. Une réputation sulfureuse qui n’en est qu’à son commencement. Les prémices du succès s’entrevoient lors de la sortie en 1994 de Definitely Maybe. Oasis a signé chez Sony et l’albumentre directement à la première place des charts devenant par la suite l’album qui a connu l’entrée la plus fracassante sur la scène anglaise. Les singles « Live Forever «, « Supersonic «, » Shakermaker « ou encore « Cigarettes & Alcohol « confirment les espoirs misés sur le groupe qui devient très vite la sensation indie du moment. 4 Les Mancuniens en sont conscients et cultivent une image très rock’n’roll digne des Rolling Stones (hôtels dévastés, drogues, bagarres diverses...). C’est aussi à partir de ce moment que les premières tensions entre Noel et Liam apparaissent. En pleine tournée américaine, Noel fuit sans laisser de traces reprochant aux autres membres d’être défoncés sur scène et Liam de le provoquer. Une fan, qui le reconnaît, accueille alors un Noel déprimé qui mettra une quinzaine de jours à revenir au sein du groupe. Noel lui dédicacera plus tard un morceau acoustique « Talk Tonight «. Mais l’arrivée d’un autre groupe sur la scène UK va alors accélérer les choses. L’Angleterre aime les rivalités entre deux groupes. Après avoir assisté à celle, saine, entre les Beatles et les Rolling Stones voilà que trente années plus tard, Oasis se retrouve face à un autre mastodonte de la scène UK de l’époque, Blur. Mais cette fois, les frères Gallagher ne sont pas prêts à se shooter avec Damon Albarnet ses compères. Rapidement, les insultes et provocations fusent (Noel lançant un soir de défonce à une journaliste qu’il souhaitait qu’« Albarncrève du sida «). Les deux formations ne se font pas de cadeaux et quand l’une sort un album, l’autre répond dans la foulée. Profitant de cette exposition, Oasis sort alors (What’s the Story) Morning Glory en 1995 qui va faire rentrer le groupe dans la cour des grands. Les hits
dont regorge l’album (on ne présente plus « Wonderwall « ni « Some Might Say «) ne font que confirmer sa popularité grandissante. On rentre alors dans une véritable « Oasismania « avec tournées à guichets fermés et shows exceptionnels. Les aficionados se bousculent pour obtenir des places à des prix vertigineux et copient même le look des frères Gallagher. Be Here Now, sorti en 1997, va dans ce sens et devient l’album le plus rapidement vendu au Royaume- Uni (813 000 copies en une semaine !). Cela n’empêche pas les vieilles tensions de remonter et par plusieurs fois Noel annonce la fin du groupe sans vraiment y mettre un terme. Néanmoins, à force d’un succès trop éclatant, l’attente est énorme et le groupe, rongé par les nombreux clashs entre les frères Gallagher et les changements de line-up (Arthurs et McGuigan décidant de se consacrer plus à leur famille), voit les albums The masterplan (composé essentiellement de B-sides) et Standing on the Shoulder of Giants (2000) accueillis froidement par la critique. Les ventes dégringolent et la formation se remet alors en question. Dès 2002, l’ambiance est plus sereine et les « nouveaux « arrivés, Andy Bell et Gem Archer, complètement intégrés à la formation anglaise. Heathen Chemistry (qui contient les excellents « Songbird « ou « Stop Crying your Heart out «) relance la machine mancunienne qui mettra ensuite tout le monde d’accord avec Don’t Believethe PS MAG #7 Truth en 2005. Les critiques annoncent le renouveau des frères Gallagher avec une certaine maturité dans les compositions. Dig Out your Soul, qui sort trois ans plus tard, suit ce schéma, en plus d’une envie de surprendre ses fans avec des titres très psychédéliques (« To Be Where There’s Life »). Mais les vieux démons n’ont jamais disparu pendant toutes ces années, et l’inévitable arriva en France lors du festival Rock en Seine en Août 2009. Alors que le groupe est la tête d’affiche de l’évènement, quelques minutes avant leur entrée sur scène, Liam et Noel en viennent aux mains et c’est devant un public de 30000 personnes médusées que l’organisateur annonce l’annulation du show et qu’« Oasis n’existe plus «. Confirmée le soir même par Noel, la rupture fait office de séisme dans le monde musical jusqu’à encore aujourd’hui. Même si chacun a monté sa propre affaire (Beady Eye pour Liam, Noel Gallagher’s High Flying Birds), tout le monde rêve de revoir un jour les deux frères ensemble sur scène (non négociable aux dernières nouvelles). Un espoir qui traduit bien la stature légendaire prise par un groupe qui a réinventé la pop UK. 5 Elie Dib



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