Playsound n°6 janvier 2013
Playsound n°6 janvier 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de janvier 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 19,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stupeflip... le Crou est-il éternel ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PS MAG #6 LIVE REPORT : STUPEFLIP Le 09 Décembre dernier, Stupeflip affichait complet dans la mythique salle du Trianon, pour son Nouveau Spectac, accompagné pour l’occasion par Le Nom du Groupe venu s’essayer à la difficile mission d’ouvrir pour le CROU. Arrivé avec une demi-heure d’avance sur le papier (une heure en réalité, la ponctualité n’étant pas le fort des salles de concert), j’ai très largement eu le temps d’assister à l’arrivée d’une marée de jeunes fans, se disant tous plus fans de Stupeflip les uns que les autres. Étrange. Comment peut on se vanter de son fanatisme envers un groupe, qui en réfute le principe même ? Soit. À mesure que le Trianon se remplit, un constat s’impose, le public est aussi divers que varié. Nous passons par tous les âges, des plus jeunes venus avec leurs parents, en passant par les adolescents, parfois masqués, jusqu’aux quadragénaires s’exaltant de connaître Stupeflip depuis leur début. Drôle de spectacle, mais il est bon de voir un public aussi hétérogène, s’unir autour d’un groupe aussi particulier qu’est Stupeflip. Les lumières s’éteignent et Le Nom du Groupe fait son entrée avec la périlleuse tâche de chauffer le public de Stupeflip. Nombreux sont ceux qui s’y sont cassés les dents, le public n’étant jamais très tendre (ni très tolérant) avec les premières parties du CROU. Coup de bol, l’un des fondateurs du groupe n’est autre que MC Salò, membre de Stupeflip. C’est donc en terrain quasi conquis que le groupe prend le contrôle de la scène. Étrange trio composé par MC Salò et Cyrille Zakof au chant, Mélanie Török à la basse ainsi qu’un tourne disque. Dans une ambiance électro lancinante, Salò gesticule à sa manière tandis que Zakof l’interroge sur la station de métro Denfert-Rochereau et le fameux Lionel qu’il y a recroisé. Qui est Lionel ? Pourquoi Denfert-Rochereau ? Deux questions auxquelles nous n’aurons aucune réponse. Le public, bien qu’un peu mou, est réceptif. En tout cas, il ne traite pas de la même manière un groupe composé par un membre de Stupeflip que n’importe quel autre. Après plus de 20 minutes de danse macabre, Le Nom du Groupe quitte la scène sous les applaudissements de l’assistance. Pour ma part, je demeure intrigué et fasciné par ce que je viens de voir. Tout d’un coup, un écran s’illumine. Stupeflip commence son Nouveau Spectac avec un communiqué, dénonçant le détournement actuel des fonctions du CROU ainsi que son dégout pour les concerts. Enfin, c’est ce qu’on peut plus ou moins entendre, la foule ayant décidé de hurler au même moment. Ça y est, nous y sommes, King Ju, alors affublé d’un nouveau costume fait son entrée 8 sur « Krou Kontre Attakk ». Guitares saturées, stroboscopes éblouissants, le ton est donné, nous allons en prendre plein la tronche. Tant et si bien que je me réjouis d’entendre King Ju hurler à plein poumon, au lieu de simplement chanter comme il lui a été reproché durant la tournée Hypnoflip Invasion. Le set s’enchaine sur une présentation vidéo des régions Sud et Est avant que Cadillac ne se saisisse d’une basse pour accompagner King Ju sur « Le Sonkifoudécou », titre du nouvel EP Terrora ! !. Stupeflip prend la peine d’intégrer ses nouveaux morceaux, ce qui ne déplait pas aux fans. C’est accompagné d’un violon que Stupeflip entonne « Les Monstres » dans une version « aérienne » des plus surprenantes. Les lumières s’éteignent et la scène se transforme en véritable autel religieux. Quoi de plus normal pour assouvir le public avec « La Religion du Stup » ? King Ju et sa célèbre cagoule font enfin leur entrée sur scène. Le public est déchainé, alors que l’épouvantable épouvantail se livre à un lâché de peluches sur « Hater’s Killah ». L’excellent « Cold World » et ses basses vrombissantes ponctuent l’arrivée d’un Cadillac toujours plus énervé qui, associé à King Ju, et MC Salò entonnent le désormais légendaire hymne « Stupeflip », retravaillé pour l’occasion. C’est à ce moment que Cadillac décide de se confier au public pour un brin de philosophie. En effet, l’ineffable a envie. Il copyright 2012 - Odile Hervois
a envie d’avoir envie. Il a envie de travailler. Mais il a surtout envie de faire caca ! S’en suit donc « Cadillac Theory » et le fameux interlude Casimir. Les lumières s’éteignent, et c’est un Cadillac spécialement relooké en présentateur des années 80 qui fait son arrivée sur « 72.8 Mhz ». L’écran du fond passe en mode arc-enciel et fondue étoilée, une chose est sûre, ça sent le Pop Hip ! L’intéressé débarque clope au bec et se livre à un « Gaëlle » endiablé, sur lequel se déchaineront Cadillac et le public. Le CROU enchaîne sur une version reggae mollassonne de « Je fume pu d’shit » avant de laisser Pop Hip conclure par « Comme cette chanson sent la merde, je m’en vais ». La salle est de nouveau plongée dans le noir. Les moines du Stup apportent le Stup luminou, King Ju s’installe sur sa chaise et laisse place à un moment de douceur : « Le Spleen des petits » dans une version live bien plus prenante que celle de l’album. La chanson se termine par un « VENGEANCE » unanime de la foule avant que King Ju s’empare d’une guitare électrique pour un interlude saturé et surpuissant. Il se retrouve ensuite avec une guitare folk pour un medley de Pascal Obispo, copieusement hué par les fans. Pendant près de 5 minutes, il tente d’introduire le morceau « Argent » mais, dès que King Ju prend la parole, la foule hurle, lui coupant ainsi la parole, ce qui a l’air d’amuser le bougre qui ne se privera pas pour scander de grands « Vos gueules » et feindre la fin du show ! À son retour sur scène, King Ju demande à un fan son masque et lui lâche un « C’est une belle copie, t’es chinois ? » Le morceau débute, mais s’arrête aussitôt, le temps PS MAG #6 pour l’affreux d’incendier le service d’ordre réprimant violemment les slammeurs du concert. On reprend au deuxième couplet tandis que le public en profite pour slammer comme jamais. Le service d’ordre est impuissant. King Ju gagne la partie avant d’en rajouter une couche, en annonçant cette fois-ci « D’avance, j’emmerde tous les haters qui se plaindront d’avoir vu un concert trop court ». S’en suit un « Stupeflip vite » du feu de Dieu avant qu’il ne se fasse apporter « sa veste de responsable » pour annoncer au public « Vous êtes tous virés ! ». Comme toujours, le concert se termine sur un « À bas la hiérarchie » apocalyptique ! Le CROU hurle, le public hurle, la guitare craque, les basses explosent, les lumières aveuglent ! Le Trianon en prend pour son grade ! Le Crou Stupeflip salue le public et quitte la scène en auto-reverse pour laisser place au DJ Set du Dr. Vince qui en profitera pour diffuser des morceaux non joués ce soir là, ou encore quelques morceaux de son précédent groupe, les Svinkels. Bien que Stupeflip admette ne pas aimer faire de concerts, on ne peut qu’apprécier le travail fourni pour ce Nouveau Spectac incluant de nouveaux costumes, de nouveaux morceaux, de nouveaux samples, une nouvelle mise en scène, le tout pour un rendu bien plus « professionnel » que sur la tournée précédente. Comme toujours, les fans sont conquis, les haters déploreront un show d’une heure vingt, mais après tout, le CROU reste le CROU et si vous n’êtes pas contents, « allez plutôt cracher sur Hélène Ségara » ! 9 Matthias Meunier copyright 2012 - Odile Hervois PLAYSOUND REMERCIE ODILE HERVOIS POUR SES PHOTOGRAPHIES DU CONCERT WWW.ODILEHERVOIS.FR



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