Playsound n°6 janvier 2013
Playsound n°6 janvier 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de janvier 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 19,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stupeflip... le Crou est-il éternel ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PS MAG #6 ILS ONT FAIT L’HISTOIRE DU ROCK A l’occasion de la sortie de leur best-of « Grrr ! » en novembre célébrant leurs 50 ans de carrière, retour sur l’itinéraire de ces enfants terribles du rock. Les Rolling Stones. Cinquante années à allier les albums à succès, des représentations scéniques d’anthologie, le sexe, la drogue, les chutes vertigineuses, les changements de line-up, la mort. Les Rolling Stones, ou comment un groupe a su donner une nouvelle identité à un style alors en pleine expansion dans les années 60 : le rock’n’roll. Pourtant, au début de leur carrière, les Rollin’Stones (nom trouvé par Brian Jones alors guitariste du groupe en référence à un titre de Muddy Waters) prônent une musique basée sur le blues comme l’attestent leurs premiers concerts basés sur des reprises des plus grands bluesmen de l’époque (Larry Williams entre autres). Mais l’envol des Rolling Stones est sans conteste lié à celui des Beatles. L’éclosion des deux groupes, quasi simultanée en 1963, a permis aux deux formations de prendre une nouvelle dimension basée sur une « saine » rivalité, les deux groupes s’appréciant en allant même jusqu’à collaborer ensemble sur certains titres et décalant la sortie de leurs albums pour éviter de faire de l’ombre à l’autre. En contraste avec l’allure propre et polie des Fab Fours, les Rolling Stones cultivent un look de bad boys, cheveux longs et mines renfrognées, le tout orchestré par le manager de l’époque, Andrew Loog Oldhman. Au niveau des compositions, les deux groupes se démarquent aussi à leur façon : les Beatles, fidèles à leur image, chantent des chansons naïves et romantiques pendant que la bande à Mick Jagger joue d’ironie et traite de sujets beaucoup plus tabous. 4 C’est réellement en 1965 que les Rolling Stones atteignent le sommet des charts grâce à leur tube désormais mythique « (i can’t get no) satisfaction ». Les concerts s’enchaînent (entre 250 et 300 par an !) et tournent souvent en émeute, entre violences et tentatives d’approches des fans. De véritables scènes de folie, qui commencent à alimenter la réputation de ces « bad boys ». Celle-ci se confirmera avec les nombreuses arrestations de Jagger et Richards pour détention de drogues. Néanmoins, l’ascension continue et en 1968, les Londoniens sortent Beggars Blanquet. Musicalement, cet album marque un premier tournant dans la carrière du groupe, en particulier sur la manière de composer. Keith Richards découvre cette année-là l’accordage ouvert et se met à composer avec une corde en moins sur sa guitare (la sixième) et en open tuning en sol. Le son s’en ressent, certes moins mélodique mais beaucoup plus direct et violent. Quant à Jagger, il puise ses inspirations dans la littérature, à laquelle il a été initié par sa compagne de l’époque Marianne Faithfull, mais aussi aux différents conflits qui éclatent au sein du monde occidental. La technicité de la production fait le reste et le résultat est excellent, cet opus regorgeant de tubes (« Sympathy for the devil » et « Street fighting man » pour ne citer qu’eux). Pourtant, un an plus tard, le groupe va se faire remarquer mais pour une toute autre histoire. En effet, le line-up originel (composé de Brian Jones, Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts et Bill Wyman) va vite se retrouver sous le feu des projecteurs avec l’expulsion en Juin 1969 de Jones. De plus en plus isolé au fil des mois, ses problèmes judiciaires et ses « cachotteries » (il aurait touché des salaires supplémentaires en se proclamant leader du groupe) finiront par marquer la fin de son aventure avec les Stones et amorceront sa propre mort quelques semaines plus tard, noyé dans sa piscine. Un hommage lui sera quand même rendu deux jours plus tard par le groupe lors d’un concert gratuit à Hyde Park devant plus de 500 000 personnes. L’album Let it bleed, sorti la même année, illustrera cette période noire qui inclut aussi la prestation à Altamont (San Francisco) marquée par la mort de quatre personnes dont un jeune adolescent noir de 19 ans poignardé par un membre d’une secte raciste. Mais l’apogée du groupe a lieu entre 1969 et 1974 avec l’arrivée de Mick Taylor à la guitare qui apporte une véritable virtuosité aux compositions du groupe. La sépara-
tion des Beatles, en 1970, fera aussi son effet, laissant la voie libre aux Stones qui n’hésitent alors pas à s’autoproclamer « plus grand groupe de rock’n’roll de tous les temps ». En 1971 sort l’album Sticky fingers, avec, sur la pochette, la fameuse fermeture éclair signée par Andy Wahrol. La même année, la « tongue » fait aussi son apparition, logo qui deviendra très vite l’emblème du groupe. Le contenu, quant à lui, est on ne peut plus explicite avec des références très prononcées au sexe et à la drogue (« Brown Sugar », « Bitch », « Sister » …). En 1972, le double album Exile on the main Street, enregistré en France, sera le point fort de cette période, album qui sera classé plus tard comme l’un des dix meilleurs de tous les temps (source de Rolling Stone Magazine). La tournée suivante, qui a principalement lieu aux Etats-Unis, est aussi l’apogée de tous les excès et mettra une image sur la fameuse devise « sex, drugs and…rock’n’roll ». S’ensuit alors un lent déclin entre la fin des années 70 et le début des années 90, marqué par le départ de Mick Taylor et les embrouilles à répétition entre Jagger et Richards. Au-delà du fait que les albums du groupe trustent toujours les premières places des charts, Mick et Keith ne se parlent pratiquement plus. L’un a la main mise sur le groupe, tant d’un point de vue artistique qu’économique, alors que l’autre a toutes les peines du monde à sortir de son addiction des drogues. En 1986, lorsque Jagger émet des velléités PS MAG #6 à partir en solo, Richards n’hésite pas à utiliser des mots violents pour exprimer son ire (« Si Mick fait une tournée sans nous, je lui coupe la gorge »). L’ambiance entre les membres est alors délétère et l’arrivée du disco et du funk n’arrangent pas les affaires du groupe malgré l’envie de se calquer sur cette nouvelle tendance (« Hot stuff », « Cherry O baby », « Miss you »). Le décès de Ian Stewart, ami fidèle et membre fondateur du groupe, sera le point d’orgue de cette mauvaise passe. Les héros, cependant, ne meurent jamais. Et tel un phénix renaissant de ses cendres, les années 90 vont voir l’une des plus grandes formations se souder à nouveau et nous gratifier d’un comeback tonitruant avec des albums encore plus « roots » comme Steel Wheels en 1989 mais surtout l’énorme Voodoo Lounge en 1994. Quant à la suite, tout le monde la connaît. Le groupe tourne toujours, et même si les mauvaises langues n’y voient qu’une manœuvre purement commerciale et dénuée de plaisir, les Rolling Stones sont les derniers témoins de l’âge d’or du rock’n’roll. Un dernier chiffre pour illustrer cette réalité ? 7, comme le nombre de minutes qu’il a fallu pour vendre les 32 000 tickets pour les prestations des 25 et 29 novembre derniers à Londres. Sans commentaires. 5 Elie Dib



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