Playsound n°6 janvier 2013
Playsound n°6 janvier 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de janvier 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 19,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stupeflip... le Crou est-il éternel ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX Soyons clair : sur les trois opus de la trilogie, le trio californien est techniquement à son meilleur niveau. Dans un style très fidèle tant dans les structures que dans les sonorités à American Idiot (2004), Green Day a réjouit à n’en pas douter ses fans historiques et autres aficionados d’un rock ciselé, jovial et puissant. Pourtant, il est dommage que cette trilogie se base sur un mensonge : celui d’un rendez-vous pop manqué. A travers ces trois galettes, Green Day fait le choix de l’immobilisme. Pourtant, quelques signaux d’une discrète mais réelle envie d’innover se font sentir sur « Kill The DJ » (¡Uno !) et « The Forgotten » (¡Tré !). Dès lors, la question qui se pose, c’est de savoir si le groupe n’a pas osé aller plus loin dans ses envies créatives ou s’il n’était pas encore assez mature pour proposer un décalage digne de ce nom vis à vis de son histoire et de son parcours. PS MAG #6 Prolifération créative. C’est assurément le terme qui convient le mieux à Green Day, après avoir publié 3 opus en seulement 4 mois. Sur la forme, nul ne peut contester le formidable cadeau offert aux hordes de fans de la formation. Sur le fond toutefois, la légitimité artistique qui entoure cette trilogie pose question. Par ailleurs, et ce dès le départ, le groupe -en choisissant de nouveau le fidèle Rob Cavallo à la production, le label Reprise et l’excellent Billie Joe Armstrong à la composition des titres et des textes- nous livre un message à fort potentiel contradictoire. Comment proposer une trilogie « épique » et un « virage power-pop » avec une équipe de production assez sévèrement orientée punk-rock ? Tour d’horizon de ce qu’il faut retenir de Green Day cuvée 2012, et des principales problématiques qui s’imposent aujourd’hui à la formation. S’il est indéniable que guitares acoustiques, violons, cuivres et légères guitares d’inspiration britannique sont davantage perceptibles au sein des trois disques, force est de reconnaître qu’une écrasante majorité des propositions auditives avancées par Green Day restent excessivement liées à une synthèse basse-batterie-guitare. Cela n’est ainsi pas sans engranger un fort capital saturation, et pas seulement pour les amplis... L’ENNUI DU NÉOPHYTE Naturellement, les choix artistiques de la bande ne sont pas sans conséquences. Pour ceux qui suivent les trois compères de loin ou qui découvrent tout juste l’univers de ces derniers, l’écoute de la trilogie s’apparente à une longue et douloureuse marche par delà l’ennui, la solitude, et les migraines. Bon nombre de titres n’apportent malheureusement pas grand chose et sonnent de façon trop 28 prosaïque. Sans aller jusqu’à parler de médiocrité, Green Day s’inscrit dans une logique anachronique, en remettant peu ou pas en cause sa musique d’inspiration 90’s et ses structures à 4 accords. D’un point de vue plus stylistique, cette trilogie est extrêmement festive. Sur ce point là, Billie Joe Armstrong et les siens n’ont pas menti : l’ensemble est dynamique, et les albums s’enchaînent avec une certaine progression tant dans l’intensité que dans le rythme. Si les disques sont ainsi agréables à écouter, leur trop grande homogénéité est gênante. L’impression d’écouter le même titre est parfois saisissante, laissant penser que Green Day avait assez largement intérêt à faire du tri au sein des 37 inédits proposés depuis le mois de septembre.
TROUVER UN SENS AU PARADOXE À défaut d’être porteuse d’innovations majeures, la trilogie est porteuse de sérieuses réflexions concernant le futur du groupe et sur le sens à donner à ses orientations passées comme présentes. Le mythe Green Day a bercé toute une génération d’adolescents et a pleinement contribué au rayonnement de la culture punk-rock US dans le monde. En 2004, American Idiot a assurément atteint un degré de popularité et d’excellence dans son genre qu’il sera difficile voire impossible pour le groupe d’égaler. Dès lors, on peut se demander quel intérêt a la formation à persévérer dans une voie qu’elle a elle-même construite et dont elle connaît tous les secrets. En trois albums, Green Day, droit dans ses bottes, nous a proposé cette année des titres de bonne facture, à l’image de « Lazy Bones » sur ¡Dos¡. Les trois musiciens ont toutefois été incapables de nous montrer sur ces opus une autre facette de leur musique et de leur personnalité, faisant ainsi du sur-place. Soyons toutefois positifs : si ¡Uno¡, ¡Dos ! et ¡Tré ! n’ont pas porté toutes leurs promesses, ils ont toutefois envoyé les prémices d’une -timide- envie d’expérimenter. Parions que le prochain disque de la bande favorisera la qualité au détriment de la quantité. Yannis Mouhoun PS MAG #6 VERDICT Orchestrations (3,5/5) Créativité (2,5/5) Évolution (2/5) Lyrics (1/3) Cohérence (1,5/2) Artwork (1/1) Note globale : 6/10 29



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