Playsound n°6 janvier 2013
Playsound n°6 janvier 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de janvier 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 19,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stupeflip... le Crou est-il éternel ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ITW : STUPEFLIP Est-ce que tu pourrais présenter le concept Stupeflip pour ceux qui ne le connaissent pas encore ? Non. Tu sais la musique c’est un copain qui te fait découvrir un truc, c’est des circonstances tu vois. C’est un peu comme l’amour. Ce sont des circonstances qui font que d’un coup tu aimes tel truc. Tout le monde est un peu comme ça, il faut juste trouver les circonstances. Ça c’est la meilleure pub que je puisse faire pour Stupeflip pour ceux qui ne connaissent pas. (rires) Peux-tu nous expliquer la manière dont tu composes les morceaux de Stupeflip ? Ça, on ne me l’a jamais demandé. C’est dingue quand même, ils sont cons les gens. C’est ça qui m’intéresse moi. Alors j’suis dans une pièce, tout seul, je fume un peu, ou alors je ne fume pas pendant deux-trois jours, puis je refume un joint, j’ai le cœur qui bat, je sors un son, parfois très vite. Ce qui est dur, c’est de reprendre le son une fois que tu l’as fait. Tu sais, la musique c’est un peu comme du poisson frais. Quand il vient d’être pêché, le son vient d’être pêché, il est « fresh », et les meilleurs trucs sur les albums de Stupeflip d’ailleurs sont les sons qui étaient les plus frais. Ils étaient frais et restent donc frais dans le disque. Tu comprends ce que je veux dire ? (rires). PS MAG #6 Tu dis souvent ne pas accorder trop d’importance aux paroles, pourtant dans certains morceaux comme « L’enfant fou », « Hater’s Killah », « Le spleen des petits », « Nan… ? Si… ? » Nous ne pouvons que saluer la sincérité des paroles, presque autobiographiques à l’instar de chansons comme Animaux morts, Les monstres ou Le petit blouson en daim. Et bien si, au contraire, s’il y a bien un morceau autobiographique c’est celui la. Tu sais, moi je suis un petit peu dépressif et la seule chose qui m’intéresse depuis quatre ans et qui me fait sortir de chez moi, en dehors de la musique que je fais chez moi, c’est sortir dans les magasins, regarder des fringues, pas forcément acheter. Ca m’a sauvé. Les fringues m’ont sauvé, sinon je me serais flingué je crois. (Rires) Tu as dit dans une interview que ton morceau préféré est « Haters Killah ». Peux-tu nous parler de ce règlement de compte avec les haters ? Ce n’est pas qu’avec les haters que je règle des comptes, c’est avec les cons en général, les agressifs, les violents. Ce n’est pas forcément par rapport à Stupeflip. Ce sont ces gens agressifs et trop rudes qui foutent la merde tu comprends. Alors ok, ils ont souffert mais ils ne sont pas les seuls tu vois ce que je veux dire ? 24 Ne trouves-tu pas ça effrayant ces fans fanatiques de Stupeflip ? De ceux qui s’approprient vraiment ce truc ? Il faut que tu saches que Stupeflip ce n’est pas si gros que ça. Ça pourrait être effrayant si on vendait autant de disques que NolwennLeroy mais la ça ne l’est pas tu vois. Je pense qu’ils ont compris que King Ju ou les personnages, c’était eux aussi. Ils se sont approprié le truc, c’est plutôt marrant. Et comme je n’ai jamais montré ma gueule je m’en fous. Par contre sur internet c’est vrai qu’il y a un truc qui énerve les vieux fans de Stupeflip, ce sont les autres personnes qui sont fans de Stupeflip mais qui sont plus récents, et ça, ça les fait chier de voir quelqu’un d’autre tripper sur leurs trucs personnels. Stupeflip c’est ça l’idée, c’est que cela devienne personnel. C’est un peu barré pour que les gens puissent se l’approprier. J’ai l’impression que c’est beaucoup plus ouvert que n’importe quel truc, c’est tellement givré que les gens se disent « c’est moi ». Tout de même, des légions de fans se sont associées pour soutenir ton projet d’invasion des radios françaises ! Alors je t’explique parce que c’est une longue histoire. Stupeflip s’est arrêté en 2005 pour plein de raisons, qui ne sont pas les miennes, mais plutôt celles des
businessmen une fois de plus, et il n’y a rien eu pendant cinq ans. Alors, à côté, j’ai fait d’autres trucs, j’ai même été prof de dessin. Et comme il n’y a rien eu pendant cinq ans, que le deuxième album n’a pas été promotionné par BMG, je tiens d’ailleurs à faire une petite dédicace à Stephane Letavernier qui est maintenant monté en grade, et c’est à cause de lui, et parce qu’il a trouvé trop barré ce deuxième album qu’il n’y a pas eu de promotion, puis plus rien pendant cinq ans. Si tu veux, moi je savais que « Stup Religion » était bien, plein de gamins l’ont écouté pendant quatre-cinq ans mais bon ça a fait un flop. Je pense que c’est pour ça que quand on est revenu les gens étaient à fond, tu comprends ? Ils ont mariné pendant tellement longtemps qu’ils étaient à fond. Mais je me suis rendu compte que c’était vachement dangereux, t’imagines tu sors un truc déplacé ? C’est une responsabilité quand même tous ces gens qui ont suivi. J’avais juste écrit « Si t’en as marre des Black Eyed Peas ? Alors demande Gaëlle de Stupeflip ! » C’est parti comme ça. À la base, tu voulais que Stupeflip ne sorte qu’une trilogie d’album, et tu reviens avec le nouvel EP Terrora ! ! Peux-tu nous en dire plus ? Oui c’était une trilogie, mais le « Terrora ! ! », que je t’explique, c’est la personne avec qui je travaille depuis longtemps qui a dit « ce serait bien de sortir un maxi pour battre le fer tant qu’il est chaud ». Ce n’est pas un truc qui est venu de moi en fait alors j’l’ai fait, mais j’essaye toujours de faire la meilleure musique possible. Tu sais, j’aime faire des disques alors quand on me dit « on va repartir à l’aventure, en indépendant » et bien ça me plait quand même, mais je fais ça pour le disque, l’objet, pas pour faire des concerts. Mais le problème c’est que l’objet est en train PS MAG #6 de disparaître complètement et c’est un vrai drame pour moi. Et ça se voit, les artworks des albums et les affiches sont toujours très soignés. Moi je trippe sur l’image et la musique donc après je ferais peut être de la musique de film, j’aimerais bien. De toute façon, ça sera image et musique ou de la musique pour de l’image ou de l’image pour de la musique./Un peu à la manière des Residents/Pas que. L’image et la musique ça marche toujours bien, moi je sais que je préfèrerais ne faire que des disques et des clips pour Stupeflip, c’est ça qui m’intéresse. Le côté « être connu » ça me fait chier, il y a une prétention là dedans. C’est là que c’est dommage parfois l’idolâtrie de certains fans de Stupeflip parce que ce n’est pas le message. Si ces gens avaient bien écouté Stupeflip, ils ne pourraient pas être fans de Stupeflip genre « Wouaaah » (King Ju mime l’exaltation d’un fan) parce que notre message dénonce ça. Peux-tu expliquer pourquoi tu as volontairement supprimé les guitares d’Hypnoflip Invasion ? J’aime les sons clairs et dès qu’il y a de la guitare électrique, que ce soit dans la pop, dans le métal ou dans le rock tu remarqueras ça vrille le son, ça le « Krrr ». J’adore la guitare électrique mais je n’en foutrais plus jamais, c’est trop fastoche. C’est beaucoup plus dur de faire sonner un truc sans guitares. Dans ce cas, comment pourrait sonner le prochain Stupeflip ? Ça peut être n’importe quoi et c’est ça qui est bien. Je pense qu’on est le seul groupe en France où on peut faire n’importe quoi après. Ça pourrait être de la rumba, du jerk, du métal, on pourrait faire ce qu’on veut je suis sur qu’on nous suivrait. En général les musiciens calculent, pas tous, il y a quelques sincères mais il y en a peu. Moi j’aime trop la musique pour ne pas être sincère. Pour moi c’est un rêve la musique. Les fans de Stupeflip disent souvent ne pas aimer ses morceaux, mais peux-tu nous parler un petit peu de Pop-Hip ? Ces morceaux sont là pour donner de 25 l’air. Tu vois King Ju, c’est le mec sale comme ça et il fallait l’inverse, un mec tout propre, business, qui aime bien la variété. C’est ça qui me fait marrer, c’est d’opposer la lumière, le sombre, le blanc, le noir, le gentil et le méchant. Je l’ai créé pour ça Pop Hip, c’est le pendant complètement nul de King Ju qui est plus profond, plus angoissé. Je suis ni l’un ni l’autre en tout cas. Alors que c’est « Le petit blouson en daim » le morceau le plus autobiographique, drôle de paradoxe. Ouais c’est un paradoxe. Comme je te l’ai dit, les fringues m’ont sauvé. C’est marrant les fringues, tu peux toujours t’acheter un blouson mais si tu veux te perfectionner il y aura toujours un truc qui ne va pas que ce soit la matière, la couleur, la coupe, les manches, le col, c’est sans fin, c’est un truc obsessionnel. Je pense que les fringues, c’est un truc pour les gens qui n’ont pas trop confiance en eux et je sais que j’aime bien ça. Peux-tu nous expliquer ce rapport difficile que tu as avec les concerts de Stupeflip ? Je vais te dire un truc, le concert c’est le bureau du musicien. Il y a des gens qui travaillent à La Poste, dans des boîtes. La dernière copine de mon père m’avait dit que c’était le métier que j’avais choisi, mais je n’arrive pas à comprendre. Moi je travaille chez moi, je suis un artisan, je fais mes petits sons et c’est déjà un travail en soi ça. Les gens qui font des films, est-ce qu’ils vont aller rejouer le film en province ? Quand t’écris un bouquin est-ce que tu vas aller le relire ? Ouais il y a des gens qui font ça, mais je n’ai jamais compris ça. Tu sors un disque et tu dois aller suer, t’es musicien mais tu dois aller travailler. Il y a d’ailleurs des fans de Stupeflip qui m’ont cherché sur internet pour me dire que c’était mon boulot, mais « fuck you » (rires). Ils ont raison, c’est un travail, un travail. Les gens qui disent que la scène c’est bien, je vous promet sque ce sont des menteurs. Ok, peut être qu’ils trippent, tu peux avoir un échange avec le public mais rien que les retours sur scène, tu sais, ces petites enceintes qui crachent ton son, qui n’est évidemment pas celui du disque. Je respecte trop la musique pour ça. C’est vrai que les concerts peuvent être plus forts qu’un disque. Une basse, guitare, batterie pètent dix fois plus en concert



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