Playsound n°6 janvier 2013
Playsound n°6 janvier 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de janvier 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 34

  • Taille du fichier PDF : 19,8 Mo

  • Dans ce numéro : Stupeflip... le Crou est-il éternel ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER Un riff, c’est quelques accords bien ficelés, pour former un ensemble souvent entêtant. Cet enchaînement rythmique et mélodique constitue ensuite l’identité du reste de la chanson, donnant le ton et la couleur de ce qui va suivre. Si la « phrase » initiale est bonne, il y a fort à parier que le morceau entier vaudra le coup. Cette signature musicale existe de façon autonome, sans avoir nécessairement besoin du chant ou d’autres instruments. Généralement, le riff est associé à un nom mythique de la guitare. On parle ici de Johnny B. Goode de Chuck Berry, de Layla d’Eric Clapton ou de Welcome to the Jungle de Slash. Des titres qui claquent comme une marque déposée, entrés dans le Panthéon du rock. Faut-il être un génie pour composer ce qui a priori a l’air d’être à la portée de tous ? Quelque soit le niveau du musicien, il suffit de balader ses doigts sur un manche pour trouver une mélodie percutante. Mais pour en faire un chef d’œuvre, il faut humblement constater que cela arrive plus souvent à des individus bourrés de talent. La qualité première du génie est de rendre magnifique quelque chose de simple. Après, pour déterminer si c’est le riff qui a fait de ces garçons des rock stars ou s’il faut être une rock star pour pondre un riff qui entrera dans l’histoire… c’est le paradoxe de la poule et de l’œuf ! PS MAG #6 LES RIFFS : UNE SIGNATURE DE LÉGENDE Vous avez déjà surpris dans le garage votre père fredonner frénétiquement le riff de Smoke On The Water de Deep Purple tout en se déhanchant sur son air-guitare ? Durant les années collège, vous en faisiez de même, dans votre piaule bariolée de posters, en imitant Kurt Cobain grattant sur Smells Like Teen Spirit ? Eh bien, n’en ayez pas honte car ainsi vous contribuez à la longévité des plus grands riffs de guitare de l’histoire du rock. Un riff c’est aussi un objet musical universel, connu au-delà du cercle des amateurs de rock. Cette popularité est souvent due à son utilisation dans d’autres contextes. Mr. Sandman de Chet Atkins, hit des années 50, se retrouve aussi bien dans la B.O. de plusieurs longmétrages (Philadelphia, Mister Nobody, Planète 51) que dans les spots télévisés d’hypermarchés. Seven Nation Army des White Stripes est devenu un hymne dans les stades de football, alors que Jump de Van Halen accompagne l’entrée des joueurs dans le Vélodrome de Marseille. Certains riffs sont des samples tout trouvés pour des tubes hip-hop. Aerosmith en est spécialiste en fournissant Eminem avec Dream On (Sing For the Moment) et SI LA « PHRASE » INITIALE EST BONNE, IL Y A FORT À PARIER QUE LE MORCEAU ENTIER VAUDRA LE COUP. 16 Run-DMC avec Walk this Way. Quels que soient ses goûts musicaux, on est amené à rencontrer ces classiques du rock. Un titre a plusieurs vies et peut avoir une signification et une interprétation différente pour chacun d’entre nous. Cela explique le caractère intergénérationnel du riff, qui peut se refiler de père en fils. Durant la dernière décennie, plusieurs artistes ont proposé des riffs intéressants qui pourraient, dans quelques années et plusieurs tours de disques (ou lectures iTunes en mode « Repeat »), intégrer ce gotha des phrases musicales mythiques. On pense à Lonely Boy des Black Keys, à Take Me Out de Franz Ferdinand, à Hail Bop de Django Django ou encore à Brianstormd’Arctic Monkeys. Ces titres arriveront à maturité seulement au moment où votre descendance vous demandera dans le monospace familial « P’pa ? C’est quoi cette chanson ? ». Vous lui répondrez fièrement, en poussant le volume de l’autoradio, « Ecoute bien mon p’tit, ça c’est du riff ! ».
1. Voodoo Chile/Jimi Hendrix (1968) : Le virtuose de la six cordes renversée sait comment nous faire mettre à genoux. Face à l’intensité et la puissance de ce morceau, force est de constater que ce monument est la crème de la crème en matière de riff, issu à l’origine d’une improvisation blues et bien arrangé à coup pédale Whawha. 2. (I Can’t Get No) Satisfaction/Rolling Stones (1965) : Quintessence du riff, il réunit tout les ingrédients nécessaires : un éclair de génie frappant Keith Richards pendant l’une de ses nuits blanches, un arrangement parfait avec la pédale Fuzz et bien sûr le carton mondial qui fera de ce titre un des hymnes internationaux du Rock n’roll. 3. Kashmir/Led Zeppelin (1975) : S’il y a bien un récidiviste en matière de riffs, c’est bien Jimmy Page. Kashmir est la tête de gondole des Whole Lotta Love ou Heatbreaker. La progression d’accords simple mais terriblement percutante a tristement échoué dans le générique de Téléfoot, puis samplée pour P.Diddy. Triste sort pour un mythe. PS MAG #6 TOP 10 DES RIFFS DE LÉGENDE 4. Rebel Rebel/David Bowie (1974) : Ziggy Stardust sait aussi cogner. Et quand l’icône du glam rock, plus incisif que jamais, se pare de son plus beau cache-œil et de sa Fender rouge vif, ça force le respect. Une distorsion virile balancée comme un bon coup de talon haut dans les codes du rock, signé par la plus efféminée des rock stars. 5. Sweet Child O’Mine/Guns n’Roses (1987) : Quand Slash s’amuse en improvisant une intro lorsqu’Izzy Stradlin commence un morceau, ça donne un des immenses succès des blonds peroxydés. Un enchaînement menant à l’extase, cherché au-delà de la douzième fret de la Gibson Les Paul 59’de l’homme au chapeau, suivi de solos survoltés. 6. Killing in the Name Of/Rage Against the Machine (1992) : Deux notes de basse, des coups de percussions biens placés et voilà Tom Morello lancé dans un riff sulfureux. Faut avouer que le solo déménage également. Ce morceau dénonçant la puissance du Ku Klux Klan a été reprise par FM Belfast (Lotus), Biffy Clyro ou La Maison Tellier. 7. Iron Man/Black Sabbath (1970) : Dans la catégorie heavy metal, les camarades d’Ozzy Osbourne obtiennent la palme haut la main. Cette marche démoniaque évoque un homme affrontant l’apocalypse lors d’un voyage spatio-temporel, sensation partagée par l’auditeur confronté à la rudesse des sons industriels provenant de l’outil de Tony Iommi. 17 8. Boom Boom/John Lee Hooker (1961) : Comment façonner un standard du blues avec quelques fulgurances sur la note Do entrecoupées de battements de cœur ? Le pied nous démange, pour battre ce rythme endiablé qui a inspiré le spot pour une marque de jeans et bien entendu Eric Burdon et les Animals, dans un cover saignant de 1964. 9. Back in Black/AC/DC (1980) : Ravagés par la disparition de leur premier chanteur Bon Scott, les Australiens planchent sur un titre-hommage. Les frères Young vont alors pondre ce riff à la fois rugueux et subtil, dans la veine de leurs plus grands succès. Un passage de cette chanson sera utilisé en live par Muse à la fin d’Hysteria. 10. You Really Got Me/The Kinks (1964) : Ray Davies aurait-il avec ce riff enfoncé les portes ouvertes du hard rock ? Quoi qu’il en soit, le titre marquera les esprits, repris par Van Halen, consacrant un des groupes anglais les plus sous-cotés. Le délicieux mais moins emblématique All Day and All of the Night aurait pu être aussi retenu. Mathieu Rollinger



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