Playsound n°5 décembre 2012
Playsound n°5 décembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de décembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial PS Awards 2012.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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U2 U2, une lettre et un chiffre pour la postérité. U2, l’un des derniers groupes encore en activité à pouvoir se targuer d’avoir une voix assez puissante pour se faire entendre par les plus grandes personnalités d’aujourd’hui et d’hier. Mais comment les quatre irlandais ont-ils fait pour rester aussi longtemps au sommet avec un seul et même line-up pendant plus de 35 ans ? Bienvenue à Dublin, Irlande. Nous sommes en 1976. Un petit gars de 14 ans, Larry Mullen Junior, jeune batteur, décide de passer une annonce au sein de son école pour monter son groupe. Très vite, il est rejoint par Dave Evans (qui prendra plus tard le surnom de The Edge) et son frère, à peine plus âgés et tous deux guitaristes. S’ajoute Adam Clayton, bassiste et Paul Hewson, connu pour être un don Juan (le futur Bono). Le groupe se nomme alors Feedback mais ils sont loin de se douter qu’ils viennent de former l’un des plus grands groupes rock du siècle. En 1978, Feedback devient The Hype (en référence à un groupe ayant accompagné David Bowie), puis finalement U2, nom de code d’un avion espion américain abattu par les Russes durant la guerre froide. Le destin du groupe en aura été bien différent. Le premier album du groupe Boy voit le jour en 1980 et se hisse directement à la 52ème place des charts en Grande- Bretagne. Il faut dire que les chansons traitent de thèmes comme l’adolescence, le PS MAG #5 suicide ou la foi. Un public large s’identifie donc à ce nouveau groupe qui se base sur une musique rock et mélodique à la fois pour toucher un maximum de personnes. Si le succès en Europe se confirme avec la sortie à peine un an plus tard d’October, le meilleur est à venir pour le groupe avec l’album War au nom évocateur et qui va faire rentrer la formation dans une nouvelle dimension. Dans un environnement politique et social on ne peut plus instable en 1983 (troubles en Irlande du Nord, apogée de la Guerre Froide, peur de l’arme nucléaire…), U2 puise son inspiration et offre à son public l’un de ses efforts le plus abouti et engagé. Le public ne s’y trompe pas et l’album se hisse rapidement à la première place des charts britanniques et à la 12ème place aux USA. Il faut dire que cet opus regorge de tubes en puissance avec « New Year’s day » mais surtout l’inimitable et emblématique « Sunday Bloody Sunday », chanson écrite en mémoire d’une manifestation pacifiste en Irlande du Nord, réprimée dans la violence par l’armée britannique, un sanglant dimanche de janvier 1972. Titre dont Bono dira plus tard qu’il était plus symbolique qu’autre chose et qu’il se lassait de le jouer systématiquement en concert en lui faisant perdre de sa valeur initiale. Les concerts s’enchaînent, les billets s’arrachent et les récompenses pleuvent. L’attente grandit de plus en plus autour des Irlandais. 8 ILS ONT FAIT L’HISTOIRE DU ROCK Mais l’album qui fera rentrer la formation dans le panthéon des plus grands groupes de l’histoire du rock est sans conteste The Joshua Tree en 1987. A peine quelques jours après sa sortie, il truste rapidement les premières places des charts américains et européens. Musicalement plus mature et textuellement plus recherché, il signe l’apogée du groupe. Avec ses tubes en puissance comme « With or without you », « Where the streets have no name » ou encore « I still haven’t found what i’m looking for », Bono et ses comparses deviennent de véritables rock stars. Ils s’engagent alors au travers de missions humanitaires ou mettent leur musique au service d’associations caritatives. Le groupe dépasse alors la sphère musicale, son influence s’étendant bien au-delà. Si la deuxième partie de carrière du groupe est moins marquante musicalement (malgré quelques morceaux marquants comme « Beautiful day » ou Vertigo »), l’investissement du groupe est toujours plus grand tout comme ses prestations de plus en plus spectaculaires. Au final, U2 a su fidéliser et conquérir un public de plus en plus large et ce, en traversant les époques. La marque d’un grand groupe, définitivement. Elie Dib
TENDANCES Dès que l’on regroupe les termes « concerts » et « technologie » on pense inévitablement à toutes ces personnes qui brandissent leurs appareils dernier cri afin de ramener un souvenir de leur soirée. Justement, ce soir là, alors que vous êtes au concert de votre groupe préféré, votre chanson fétiche est jouée et votre le voisin de devant dégaine son smartphone, le bras en l’air, prêt à filmer l’entière prestation. Ce genre de situation est désormais habituelle et pourtant, on s’en passerait bien. Le voisin vous donne des coups de coude pour attraper son appareil photo et capturer un cliché de l’instant, ce dernier sera forcément flou vu les mouvements de foule mais qu’importe, le geste est récurrent. Les appareils photos et autres smartphones se perfectionnent et l’on finit ainsi par s’essayer au metier de photographe le temps d’une soirée. Veritable phénomène des années 2000, les mains en l’air laissent place à une marée de gadgets électroniques tous plus perfectionnés les uns que les autres afin que chacun alimente sa page Facebook ou son compte Youtube. Jusque là aucun artiste n’avait vraiment pris part au débat même si ces derniers laissaient parfois échapper leur mécontentement, mais cet automne, durant leur tournée, les californiens de Boys Like Girls ont changé la donne. A l’approche de la fin de leur set que Martin Johnson, le chanteur de la formation, s’arrête en plein milieu d’un de leurs titres. Ce dernier pointe du doigt une personne dans le public qui filme le groupe grâce à son téléphone en lui posant la question suivante : « Est-ce que cette vidéo en vaut vraiment le coup ? ». Et il continuera en expliquant qu’il y a déjà des milliers de vidéos sur internet du groupe jouant PS MAG #5 NOUVELLES TECHNOLOGIES & LIVE cette même chanson et il y a même des chances que quelqu’un retransmette le concert en direct sur la toile via son téléphone à ce moment même. La foule loin de se plaindre, acceptera de ranger smartphones et appareils photos à la demande du chanteur, voulant profiter d’un moment « old-school » avec ses fans qui se dechaineront sur ce dernier titre. Une question nous vient alors : faut-il interdire les appareils photos dans la salle ? En théorie, cette mesure est déjà en vigueur sauf qu’en pratique, pas vraiment. La plus part des salles autorisent les appareils ayant un faible zoom afin de ne pas empiéter sur le travail des photographes mais chacun cherche la ruse, créant même des pages d’astuces pour faire rentrer des appareils reflex numériques dans les salles en toute discrétion. Cependant, chaque salle a ses propres directives. Là où certaines appliquent la toléance zéro, d’autres sont beaucoup plus laxistes et laissent n’importe quel type d’appareil entrer rendant la complète interdiction quasi-impossible. Le débat reste cependant un suspens, on ne peut arrêter le progrès et c’est pour cela que certains ont décidé de tirer profit des nouvelles technologies. Regarder un concert chez soi, cela vous parait-il exceptionnel ? Pas vraiment. Cela fait des années que l’on peut se procurer les DVD live de nos artistes préférés. Certains ont donc décidé de revolutionner ce concept d’où l’apparition du streaming live. Ce système nous donne la possibilité de vivre un concert devant notre écran en temps réel, comme si on y était. Le 7 Decembre 2011, 30 Seconds To Mars nous donnaient la possibilité d’assister au 300ème concert depuis la 9 sortie de This Is War via un tel procédé. Confortablement installés chez nous et à des milliers de kilomètres de New York le site internet lancé par le chanteur et acteur Jared Leto nommé VyRT a rendu plusieurs sites de streaming obsolètes en un seul évènement. Pourquoi ? Un package comprenant un streaming de haute qualité, un chat avec le groupe et un accès exclusif aux coulisses. Bien evidemment la qualité à un prix, ce premier VyRT était accessible pour une dizaine d’euros, de quoi satisfaire ceux qui ne pouvaient pas assister au concert, rendant presque jaloux ceux présents qui n’ont pu voir « que » la prestation du groupe. Fort de ce succès VyRT se développe et voit même apparaitre de la concurrence. Le concept fait vendre et chacun veut sa part du gâteau. La technologie s’invite également dans nos salons avec l’apparition des DVD en 3D que nombre d’artistes risquent d’utiliser dans un futur proche. On ne manquera pas de citer l’apparition des hologrammes en concert qui au festival Coachella a ressucité Tupac d’une manière remarquable. Le 21ème siècle offre de nouvelles possibilités aux artistes. Outre le developpement des réseaux sociaux on assiste à une veritable modernisation des concerts et le progrès ne cesse de repousser les limites. Faut-il reculer et garder l’esprit propre des concerts qui se veulent intimistes et reservés aux personnes présentes ou faut-il repousser les limites et les rendre accessibles à ceux qui ne peuvent pas se déplacer ? Le debat reste entier et n’a pas fini de diviser les opinions. Une chose est sure, le progrès n’attend pas. Celia Solsken



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