Playsound n°4 oct/nov 2012
Playsound n°4 oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de oct/nov 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : The Maine... cap sur l'Europe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PS MAG #4 QUAND LE BIOPIC Vous n’avez pas eu une seule seconde pour réviser vos classiques pendant les vacances estivales ? Vous avez commencé à lire Life, l’autobiographie de Keith Richards et Journals de Kurt Cobain mais le sable fin, l’eau turquoise ou votre insupportable job d’été vous a démotivé et poussé à refermer ces livres. Pas de soucis, rassurez-vous, il existe une solution efficace, expéditive et parfois risquée pour rattraper votre erreur et faire d’une pierre deux coups : en apprendre davantage sur la vie des rock stars qui vous ont marquées et en profiter pour se faire plaisir aux oreilles. Oui, je le clame haut et fort : lecteurs de Playsound, fans de rock, de punk, de folk et autres dérivés, bref fans de musique (ou de cinéma, ne soyons pas exclusivistes) et autres curieux, vous n’êtes probablement pas sans savoir que de nombreuses histoires circulent sur les icônes musicales de ces 60 dernières années ! Qui plus est, ces histoires croustillantes, passionnantes, violentes ou obscures font le bonheur de certains. D’une part les journalistes ou écrivains qui se délectent des moindres détails souvent pour vendre du papier ou parfois dans un soucis purement historique afin de retracer le plus fidèlement le parcours de certaines légendes à qui sera dédié un ouvrage biographique. D’autre part, on trouve des producteurs et réalisateurs du monde du cinéma qui à travers l’image et le son vont vous aider (mais parfois vous décevoir) à retrouver ou découvrir le temps d’un film, un personnage clé du monde de la musique. Allons droit au but, la solution n’est nulle autre que le phénomène des « biopics ». Non pas qu’il s’agisse d’un genre tout nouveau, loin de là, mais il faut reconnaître que le « biographical motion true picture » ou film biographique pour les non anglophones, est une solution simple et rapide pour mieux connaître l’histoire d’un groupe mythique ou d’un leader charismatique. Quand le biopic n’est pas raté ou totalement fictif. A l’heure du tout numérique, il est clairement possible de trouver et s’installer devant l’un des films de ce genre. Ils reprennent plus ou moins justement, fictivement et musicalement la naissance, les faits et gestes, les mots et la vie des grands de la musique qui ont su marquer leur époque et influencer bon nombre d’entre nous. Bref, un bon moyen d’en savoir un peu plus sur de nombreux destins brisés de stars qui nous ont malheureusement quittées et d’autres qui sont toujours de ce monde. L’histoire des biopic musicaux et plus particulièrement ceux consacrés au rock ‘n’roll commence très probablement avec deux films pionniers du genre. Le premier, American Hot Wax (1978), est consacré à Alan Freed, le disc-jockey qui a introduit le rock ‘n’roll à la radio dans les années 50. Le second s’intéresse à la vie de Buddy Holly et s’intitule sobrement The Buddy Holly Story (1978). Ils ont ouvert les portes du cinéma à la musique. Alors qu’en est-il de ces films ? Plusieurs catégories sont visibles. Des faits réels sont rapportés grâce à un travail de recherche en amont (informations données par la famille, les amis et celles obtenues par les médias) mais la vision et les envies du réalisateur viennent changer la donne pour fournir un attrait particulier au rendu final. A partir de là, plusieurs types de biopics se dégagent. Il y a ceux qui retracent la vie entière d’un artiste ou d’un groupe et ce de l’enfance ou de la genèse à la fin et la mort lorsqu’elle survient. Great Balls of Fire (1989) qui retrace la vie de Jerry Lee Lewis, En Route pour la Gloire (1976) concernant l’un des plus grands songwriters folk américains, Woodie Guthrie ou bien encore Elvis : 18 Walk The Line (2006) Une étoile est née sur la vie du King, tous ces films s’inscrivent dans cette logique globale. D’autres cherchent à traiter une période particulière ou un sujet précis relatif à une forme de décadence. Le triptyque amour (sexe), drogue et succès y est très largement mis en relief. « Sex, drugs and rock ‘n’roll » dirait un certain Ian Dury. L’idée de la folie revient souvent et c’est la mort qui est mise au centre du film, lorsqu’elle n’est pas seulement suggérée. On pense bien évidemment à Last Days (2005) réalisé par Gus Van Sant, où Michael Pitt joue le rôle de Blake, rock star tourmentée qui s’inspire très largement du leader de Nirvana. Il y a également le très bon Control (2007) qui dépeint la vie de Ian Curtis (Joy Division) ou Stoned (2006) qui remet en cause la mort de Brian Jones fondateur des Rolling Stones. Oui car le biopic se révèle être aussi un moyen de soulever des points obscurs de l’histoire du rock. L’amour est lui aussi au cœur de certains films comme Sid and Nancy (1986) pour le leader des Sex Pistols et son histoire avec une groupie. Nul doute que certains auront marqué les esprits et obtenus des prix : le très réel Ray (2004) joué par Jamie Foxx certes moins rock ou le décalé I’m Not There (2007) qui raconte la vie de Bob Dylan à travers l’histoire de six personnages (avec notamment Christian Bale, Cate Blanchett et Richard Gere) pour six facettes différentes. Travailler sur les sentiments et
PS MAG #4 TOUCHE AU ROCK les personnalités des icônes rock est un angle de vue choisi pour certains biopic : Walk The Line (2006) retraçant la vie de Johnny Cash, The Runnaways (2010) premier groupe de rock féminin ou plus récemment Nowhere Boy (2011) pour Lennon et les débuts tumultueux des Beatles. Même la France n’est pas épargnée. Sur la lancée d’un personnage loin de notre musique favorite, La Môme et le parcours de Piaf, on a pu se délecter du très romancé Gainsbourg, Vie Héroïque (2011). Peut-être un jour un film sur la décadence de Noir Désir et la sombre histoire de son leader ? Mais on préfèrera les légendes anglaises ou américaines. Pourtant, quelques ombres au tableau se dressent : la réalité des faits est parfois bafouée et il devient difficile de tirer le vrai du faux. La personnalisation de certaines stars par les réalisateurs mais également le jeu des acteurs (ou bien parfois juste le choix) vient donner une vision erronée des faits. Enfin, le film reste un outil de marketing et le biopic est une solution efficace pour toucher fans de musique et cinéphiles. Et puis fondamentalement, l’une des choses les plus importantes dans ce genre de film : la musique. Encore une fois les deux extrêmes sont aux rendez-vous. Autant la B.O de The Buddy Holly Story et celle de I’m Not There sont parfaites, autant pour d’autres on se pose quelques questions. Fort heureusement, la bande son étant l’élément clé d’un film musical, les erreurs sont plutôt Nowhere Boy (2011) minimes. Mais reste que, lorsqu’est réalisé un biopic, on s’attend forcément à ne serait-ce qu’un morceau du groupe ou de l’artiste concerné. Aujourd’hui sont déjà en préparation des biopics consacrés à Jimi Hendrix (All Is By My Side avec André 3000 d’Outkast dans le rôle du guitariste gaucher), à l’éphémère Jeff Beck (Greetings From Tim Buckley avec PennBadgley), Janis Joplin ou encore Freddie Mercury. Méfiance donc ! Il y a donc un risque oui mais dans le cas où l’envie n’y est pas, il sera toujours possible de se pencher sur des documentaires, films de tournées et autres images d’archives (Talihina Sky l’histoire des Kings of Leon, Lemmy The Movie pour Motörhead, It might get Loud qui donne le point de vue de trois musiciens (The Edge, Jack White et Jimmy Page), The Futur is Unwritten sur Joe Strummer, ou encore Dig ! (le lien entre le Brian Jonestown Massacre de San Francisco et les Dandy Warhols de Portland).. ou bien rouvrir les livres entamés cet été et reprendre votre lecture. 19 Fabien Gallet FOCUS « NON PAS QU’IL S’AGISSE D’UN GENRE TOUT NOUVEAU, IL FAUT RECONNAÎTRE QUE LE BIOPIQUE EST UNE SO- LUTION SIMPLE ET RAPIDE POUR MIEUX CONNAÎTRE L’HISTOIRE D’UN GROUPE MYTHIQUE OU D’UN LEADER CHARISMATIQUE. »



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