Playsound n°4 oct/nov 2012
Playsound n°4 oct/nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de oct/nov 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 11,2 Mo

  • Dans ce numéro : The Maine... cap sur l'Europe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PS MAG #4 LE CLIP, TOUTE DOSSIER 16 Le clip pour certains, c’est l’expression artistique à travers un visuel. La liberté pour chaque artiste de transmettre un imaginaire à ses auditeurs dans une courte vidéo. Qu’il soit spectaculaire, choquant, minimaliste ou novateur, le vidéo clip à toujours su faire parler de lui et accompagne désormais de manière indispensable les chansons de chaque chanteur ou groupe. Car outre sa suite d’images par moment insignifiante, le clip peut également faire l’objet d’un réel atout marketing s’il est bien pensé et réalisé. Pour la première fois apparus dans les années 1940 aux Etats-Unis, les clips - alors appelés Soundies - étaient projetés dans des jukebox présents dans les bars. L’insertion d’une pièce de monnaie suffisait pour lancer cette petite vidéo au format court en noir et blanc accompagnant la musique. Plus tard dans les années 1960, la France voit apparaître une nouvelle machine proche du jukebox classique appelée Scopitone. Prenant le relais du Panoram, le Scopitone permettra la diffusion de petits films en couleurs et participera à la démocratisation de la télévision par la suite. Mais l’avènement du clip à proprement parler va se faire dans les années 1980, et plus précisément en 1981 avec la création de la chaîne de télévision américaine MTV. Cette chaîne, purement consacrée à la diffusion de vidéo clips, va rencontrer un énorme succès. Ce qui par conséquent va encourager le développement massif de clips qui s’avèrent êtres le nouveau filon magique pour les maisons de disques. Parmi les clips qui ont contribué aux heures de gloires de MTV, il relèverait de l’affront de ne pas citer Thriller de Michael Jackson. Par sa durée, de près de 14 minutes, et ses énormes moyens mis à disposition, Thriller frappe de pleins fouet les téléspectateurs de l’époque n’ayant jamais vu ça auparavant pour un simple clip et ouvre ainsi la porte à toute formes d’expérimentations possibles. Souvenez-vous, en 1986 lorsque Aerosmith, alors dans le creux de la vague, décide d’inviter Run DMC pour tourner le
PS MAG #4 UNE HISTOIRE clip d’une version remasterisée de Walk This Way, ça donne une vidéo totalement culte où rockeurs et rappeurs s’affrontent à qui fera le plus de bruit. La même année côté français, Catherine Ringer et son groupe les Rita Mitsouko s’amusent à sortir des clips tous plus ou moins à l’image du groupe, c’est-à-dire complètement barrés. C’est le cas notamment du clip de C’est Comme Ca où la folie des membres du groupe côtoie celle d’un singe. Réalisé par Jean-Baptiste Mondino, il obtiendra par ailleurs une récompense aux Victoires de la Musique en 1987. Dans les années 1990, le clip est définitivement devenu indispensable pour chaque artiste et pullule sur d’innombrables chaines musicales à la vue de millions de kids. Michel Gondry, jeune réalisateur en quête de reconnaissance, va faire ses premières armes en réalisant les clips de nombreux groupes de renommée internationale. C’est le cas entre autres de Massive Attack, dont Gondry réalisera le clip de Protection dans un style assez inventif et surréaliste en utilisant la technique du plan-séquence. Un peu plus tard, notre réalisateur français sera à l’origine d’un des clips les plus marquants de la house music, celui d’Around The World des Daft Punk où Gondry fait encore preuve d’une très grande créativité en mettant en scène un univers futuriste chorégraphié en parfait raccord avec la musique du duo français. « LE CLIP (...), C’EST L’EXPRESSION AR- TISTIQUE A TRAV- ERS UN VISUEL. » Autre grand monsieur de la réalisation dans le domaine du clip et du cinéma, David Fincher est à l’origine d’un nombre pléthorique de ces vidéos musicales durant trois décennies consécutives. Avec déjà un beau CV au début des années 1990, Fincher n’est plus un novice dans le milieu et sera pour la troisième fois appelé par Madonna pour réaliser le clip de Vogue. Remettant en scène le Voguing, danse des années 1980 pratiquée dans les discothèques de New-York, le clip se fond parfaitement avec la musique dans une ambiance en noir et blanc très esthétique. David Fincher ne cachera pas pour autant son amour pour le rock en s’attaquant à des artistes importants comme Billy Talent, les Rolling Stones ou encore A Perfect Circle un peu plus tard. Seulement, comme tout le monde sait, depuis la fin des années 2000 et jusqu’à aujourd’hui encore, le monde du disque s’est quelque peu vautré. Les clips d’antan tournés à coup de millions de dollars sont aujourd’hui très rares et deviennent l’apanage de rares artistes à très grand succès. Car depuis que l’industrie du disque ne génère plus autant d’argent, une grande partie des artistes d’aujourd’hui disposent de moyens bien moins conséquents pour tourner leurs clips, et doivent tout simplement faire preuve d’imagination (ou se contenter d’un clip bâclé, c’est au choix). Il existe aujourd’hui pour un artiste plusieurs façons de faire parler de son clip, et le groupe Ok Go en a trouvé une bonne. Spécialistes des « clips originaux à petits budgets », le groupe indie Ok Go a fait preuve tout au long de sa carrière d’une grande créativité dans l’élaboration de ses vidéos, leur permettant de générer plusieurs dizaines de millions de vues sur Youtube et de téléchargements. Que ce soit sur White Knuckles mettant en scène une chorégraphie de chiens ou sur Needing/Getting où le groupe crée un dispositif simplement inimaginable avec une voiture jouant de la musique (à regarder pour saisir ce qu’il est), le groupe ne cesse de se réinventer visuellement parlant. Autre méthode pour réaliser un clip fort qui marque les esprits, celle du « clip social » dont Romain Gavras en est le spécialiste. On se rappelle tous de son clip choc pour le titre Stress de Justice en 2008 mettant en scène des jeunes de banlieue semant la terreur sur leur chemin 17 ou encore celui de Born Free de M.I.A d’une très grande violence où l’on y voit une véritable chasse aux roux. Tous deux ont été vivement critiqués pour le malaise qu’ils pouvaient provoquer mais font preuve de véritables critiques des problèmes qui subsistent encore dans notre société aujourd’hui. Enfin, la troisième technique possible est celle du « clip à guest stars » qui consiste à se payer la présence d’une célébrité dans son clip afin de se faire mousser. Nos frenchies de The Shoes en ont fait l’expérience en 2012 en invitant l’acteur Jake Gyllenhaal dans leur clip jouant le rôle d’un psychopathe pour leur titre electro-pop Time To Dance. Plutôt efficace puisque le clip à très rapidement buzzé sur les réseaux sociaux notamment. Comme quoi, le clip semble encore avoir de bonnes années devant lui, quoi qu’on en dise. Sami Elfakir



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