Playsound n°3 septembre 2012
Playsound n°3 septembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de septembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : Yellowcard... retour aux sources.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 16 - 17  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
16 17
INTERVIEW Playsound le mag• sept 2012 The Menzingers Comment avez-vous commencé ? Quelles sont les origines du groupe ? Nous avons réellement commencé dans le garage des parents de notre bassiste, comme la plupart des groupes. Nous étions principalement intéressés (et c’est toujours le cas) dans la recherche de ce moment très particulier du concert où tu deviens si heureux d’être vivant que plus rien au monde ne compte. Quelles sont vos principales inspirations ? Vous avez tourné avec Against Me !, The Gaslight Anthem, etc. Est-ce que ça a influencé votre son et votre façon de concevoir la vie en groupe ? Nos principales influences sont très variées mais nous sommes arrivés à trouver un bon équilibre entre The Clash, The Replacements, ou même Against Me !. Au final, cette question a une réponse infinie, tant la musique, la littérature, les amis, la famille et les voyages nous ont forgés et ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Comment se passe votre tournée ? Qu’attendez-vous du public français ? Tout se passe vraiment bien ! J’adore la France, Paris est une de mes cinq villes préférées au monde. J’attends donc de bons cafés, des serveurs ronchons, du bon vin au bord de la Seine, le tout sans être capable de trouver une place de parking. Le public change-t-il vraiment entre les différents pays ? Oui, vraiment, c’en est parfois difficile à croire. C’est ce qui donne à l’Europe ce charme unique. Rêveriez-vous de collaborer avec certains groupes ? Je rêve de tourner avec Alkaline Trio. Ils sont ma petite liste des groupes avec lesquels tourner. Il y aurait bien aussi The Hold Steady et Lucero avec qui on adorerait tourner. Votre dernier album a été extrêmement bien accueilli par la presse spécialisée. Certains fans du genre le préfèrent même aux derniers The Gaslight Anthem et Yellowcard en tant qu’album de l’année. Comment vivez-vous cette réussite ? C’est vraiment fou en soi. Savoir que les gens aiment autant le groupe, et y croient autant que nous-mêmes nous affectent, bien sûr, d’une façon des plus positives. Quand on y pense, on ne serait pas capable de faire autant sans tout ce soutien et ces accueils favorables. C’est vraiment flatteur de voir la presse et les fans ont tant apprécié notre album, mais savoir qu’il est meilleur ou moins bon que celui de Yellowcard ou de The Gaslight Anthem ne me pousse pas à donner plus, nous devons déjà le meilleur de nous-mêmes. Mais 16 Billboard attendez... Il existe encore des gens qui écoutent Yellowcard ? ! En tournée, qu’écoutez-vous ? Comment vous détendez-vous ? Tout dépend du stade d’avancement de la tournée. En général, on en profite pour nager, faire un peu de skate ou flâner dans la ville dans laquelle on se trouve. Actuellement, on écoute beaucoup de Pedrothe Lion. Et ce à la maison comme en Europe. Quels sont vos projets pour 2013 ? Nous espérons sortir un nouveau album, le tout dans l’année de notre quart de siècle vécu. + www.playsound.fr/ITw/ « Je rêve de tourner avec alkaline trio. »
Le New Jersey. Un état de contrastes saisissants dans lequel, à quelques miles des mégalopoles américaines aux néons déflagrateurs, des surprises générationnelles émanant de suburbs fatiguées et ruinées viennent balayer d’un revers sans appel quiconque oserait qualifier ce petit bout des Etats- Unis de cimetière culturel. Quelques décennies après Bruce Springsteen, Brian Fallon et ses comparses ont ainsi décidé de rendre au bastion démocrate de l’Est des Etats-Unis toutes ses lettres de noblesse, à coups de Dr Martens poussiéreuses, de Gibson rouillées achetées d’occasion à des fermiers briscards et de jeans Levi’s usés par les nuits humides passées dans les bus et les troquets. Le pari de The Gaslight Anthem est à la fois louable et paradoxal : devenir un collectif fédérateur tout en clamant haut et fort son appartenance à l’Amérique, la vraie, celle des audio tapes sifflantes accumulées dans les Ford Diesel et des drapeaux américains tatoués sur les pectoraux saillants et usés des sidérurgistes qui ont forgé la reconnaissance de l’art de l’effort à coups de marteaux écrasants et ruisselants. Après quatre albums magistraux, encensés par la critique et la blogosphère et plusieurs tournées mondiales discrètes, The Gaslight Anthem revient. Suite à l’éclipse sublime et ténébreuse The Horrible Crowes, et Brian Fallon mène sa troupe dans une authenticité on ne peut plus complète et profonde avec un album écrit entièrement à la main, et enregistré à l’ancienne, Handwritten. A une époque où les albums défilent davantage sur les sites de torrents que sur les charts nationaux et les radios standardisées, la démarche des descendants du sacrosaint Boss se veut des plus risquées. Et pourtant. Handwritten se veut d’ores et déjà un monolithe, et ce à de multiples niveaux. En premier lieu, cet opus n’a rien d’inégal (la nouvelle reproche préférée de nos confrères), il est d’une régularité déconcertante, d’un niveau céleste dès les premières carresses du Playsound le mag• sept 2012 médiator de Rosamilia sur l’hymne survivaliste 45 aux derniers accords du magnifique National Anthem que Fallon interprète seul, dans une simplicité renversante, avec de simples cordes comme alliées éternelles dans les tourments d’une industrie dévastée. Handwritten n’est pas non plus trop court, non, car les bonus tracks viennent dynamiter Tom Petty et Nirvana, et nous offrent même une des meilleures chansons de l’album, avec Blue Dahlia, morceau sur lequel nos chevilles ne peuvent s’empêcher de se garnir d’ailes nous donnant envie de rythmer notre quotidien aux compositions cicatrisées du groupe. La chanson titre est comme un réveil à l’hôpital après une opération salvatrice : une odyssée de quatre minutes où la voix rauque de Fallon nous emmène aux tréfonds de nous-mêmes, et nous invite à serrer des poings en fonçant aveuglément vers des horizons plus qu’incertains. Mae, Keepsake ou encore la pépite survitaminée Howl résument nos émotions. The Gaslight Anthem atteint l’objectif ultime : produire une œuvre si complète qu’on s’y sent chez soi, qu’on y contemple nos échecs comme de simples marches glissantes vers un avenir sans nul autre pareil, qu’on y retrouve ce qui faisait de nous cette personne si bien qu’on regrette tant. Ce disque (et pas ce fichier.rar) est une épopée moderne que nous ne souhaitons à personne de rater. Comme un train sans correspondance vers l’Olympe, il hisse le drapeau Américain plus haut que les aigles qui l’accompagnent sur les t-shirts kitsch. Elle l’installe au fin fond de ce qu’il y a de meilleur en nous, et qui fait nous ce que nous sommes, de simples écrivains de nos propres histoires, celles qui garniront ces vieux albums photos poussiéreux qui porteront nos fantômes gardiens comme cet album porte l’espoir d’un lendemain meilleur. Every word handwritten. 17• emmanuel van elslande focus THE GASLIGHT ANTHEM



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :