Playsound n°3 septembre 2012
Playsound n°3 septembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de septembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : Yellowcard... retour aux sources.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dossier Playsound le mag• sept 2012 Folk, electro : les contraires s’attirent On ne les compte plus, ces jeunes filles en (robe à) fleurs et leur guitare. Elles sont brunes, elles sont belles et elles posent dans des champs de blé ou contre un arbre. A leurs côtés, des mecs à barbe ou en chapeau, et des groupes faussement vintage. La folk réinvesti le paysage musical. Paradoxalement, le monde n’aura jamais été aussi électro. Tout le monde le fait, tout le monde s’y met. Les rappeurs de Black Eyed Peas se mettent à la dance sous la houlette de David Guetta ; le chanteur de System Of A Down Serj Tankian s’essaye aux synthés et à la boite à rythme ; Korn s’acoquine de Skrillex et fait dans la dubstep avant d’être suivi par Muse. Et ce ne sont que des exemples parmi d’autres. Comment expliquer l’engouement pour ces tendances qui coexistent dans les charts malgré leur régime de vie radicalement différent ? Les uns boivent du lait de soja quand les autres se dopent au Redbull et autres Vitamin Waters ! La folk, dans son aspect plus « contemporain », est déjà centenaire. Son heure de gloire, chacun la connait : les 60’s où le folksong s’inspire du rock’n’roll et se fait contestataire face aux évènements qui agitent les Etats Unis. Puisqu’elle s’inspire de la musique folklorique, la folk se joue débranchée, évidement. On caresse les cordes de la guitare ou les touches du piano, on suscite le sentiment, encore aujourd’hui. La révolte a simplement laissé sa place à l’amour. Chez les autres au contraire, les fils trainent partout. L’électro est branchée H24, les écrans LCD des ordinateurs portables brillent dans la pénombre. Depuis que Moog a popularisé le synthétiseur et Dave Smith inventé la boite à rythme et le MIDI, le genre s’immisce partout, et les progrès technologiques ne font que le faire évoluer. 14 Effet boule de neige, l’électro prend de l’ampleur et grossit au fil des années et explose en des tas de sousgenres. Les clubs sont remplis, les basses pulsent, le stroboscope est déchainé. En apparence tous les oppose. En apparence seulement. Leur point commun, c’est aussi la recette de leur succès : leur accessibilité. Un synthé ou une guitare. Point. Pas besoin de plus ! La recette est simple et peu coûteuse : la folk autant que la musique électronique ne nécessite ni grand matériel, ni même de la compagnie. Quiconque après plusieurs années de pratique et un tant soit peu de talent peu poster sa vidéo sur Youtube, sa compo sur Myspace. Ce sont deux genres à la portée de tous, et qui plaisent donc forcément. Ensuite, les raisons de leur succès divergent. Ce ne sont pas les générations précédentes qui diront le contraire : la musique se radicalise. Plus le temps passe, plus on ressent le besoin de faire du bruit, et d’en écouter ! Les jeunes s’entassent dans les boites pour sentir leurs tympans cogner et leur cœur vibrer en harmonie avec les BPM1. De par ses artifices, l’électro est quasi la seule à pouvoir cogner si fort. Besoin de se vider la tête, lâcher tout contrôle sur son corps, peu importe : nous ne sommes pas là pour une étude sociologique, mais le fait est que l’heure n’aura jamais été autant à la fête. Pour la folk cependant, c’est un besoin d’authenticité dans un monde (pas forcément que musical) formaté et sous le joug des apparences. C’est le rayon bio du supermarché musical, un retour aux choses saines. Comment mieux alimenter ses oreilles, et se tourner vers le passé pour mieux envisager l’avenir, quand l’électro y fonce tête baissée.• Martin van boxsom
Playsound le mag• sept 2012 La toile, une chance pour la musique On lie souvent internet à la crise de l’industrie du disque, et ce à juste titre. A juste titre également, on argue qu’internet est un moyen de promotion qui permet aux groupes émergents de se faire connaître facilement, etc... Une affirmation qui est juste mais peu profonde. Et si on creusait un peu plus loin dans la réflexion pour savoir l’impact qu’a internet sur la musique amateur, pour le meilleur et pour le pire, sur tous les plans ? Et si internet changeait la face de la musique amateur ? Si aujourd’hui on envoyait encore des demos enregistrées sur des cassettes aux fanzines et aux radios indépendantes, tout serait pareil ? Un outil de diffusion peut-il influencer la création ? Si on regarde de plus près, c’est certain. Il faut se rendre à l’évidence : des sites comme MySpace ont créé multitude de groupes. Maintenant, pour certains, la création d’un MySpace précédait nécessairement la publication des premières demos, puis de même avec l’avènement de FaceBook ou twitter. L’explosion des réseaux sociaux au XXIème siècle a été utilisée par certains adolescents pour créer une autostarification de leur groupe et de leur personne, et par là, une dévalorisation de la musique en général : ce qui est important ce n’est plus de jouer à la fête de la musique mais de faire parler de soi sur Facebook. Il n’est alors plus question de promouvoir de la musique mais de se promouvoir, avec la musique comme prétexte. Il suffit de regarder l’importance donnée aux trailer, évènements facebook, photoshoot pour s’en convaincre... Et les bons côtés d’internet dans tout ça ? Il serait malhonnête de dire qu’il y en a aucun. En effet, aujourd’hui on ne compte plus le nombre de petits groupes de rock que l’on découvre grâce à internet, pour ensuite les découvrir sur scène... On peut aisément découvrir autant de musique qu’on veut, et surtout choisir ce qu’on veut découvrir : la palette de musique à disposition de l’internaute est plus large, il y en a pour tous les goûts. Du côté de l’artiste, tout devient alors plus simple, ne serait-ce qu’au niveau de la distribution. Comment partager et vendre sa musique dans les années 90 ? A part les fanzines, les radios indépendantes, tout se jouait avec des concerts, et là encore il faut avoir de quoi presser son disque. Aujourd’hui, on peut très aisément s’autodistribuer via iTunes ou d’autres sites de ventes de musique accessibles à tous. 15 dossier Ce qu’on observe, de manière générale, c’est une démocratisation de la musique : tout est accessible à tous. Tout le monde peut faire partager sa musique, tout le monde peut y accéder, quelques clis et le reste se fait tout seul. Qui dit accessible à tous dit accessible à n’importe qui... Peut-être, espérons le, que bientôt l’euphorie cessera et qu’internet sera au service de la musique et seulement de la musique, qu’on verra la fin des impostures ? Rien n’est moins sûr...



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