Playsound n°2 jun/jui/aoû 2012
Playsound n°2 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : Green Day... la folie des grandeurs ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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reflexion du mois Playsound le mag• JUIN 2012 LA Génération MTV : 10 ANS APRès Le début des années 2000 est à n’en pas douter une période cruciale pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du rock. Les premières années du nouveau millénaire ont en effet vu débarquer sur la scène internationale une vague de groupes -majoritairement punk-rock- au charisme et à la popularité incontestable. Au delà d’un nouveau mouvement musical, c’est l’identification de toute une génération d’ados à ces formations qui est clairement identifiable. Dès lors, l’heure est au bilan : près de 10 ans après l’émergence de cette génération, le mythe a-t-il été déconstruit ? Que reste-il de cette faste période pour la musique rock dans son ensemble ? Décryptage. La génération MTV est avant toute chose un phénomène sociologique. C’est l’identification outrancière et massive des adolescents pour des figures du rock. Rappelez vous : tournées mondiales complètes, ventes de disques phénomènales... Le rock est alors mainstream. Comment expliquer cet engouement soudain pour la musique alternative dans son ensemble quand elle parait si marginale aujourd’hui ? La réponse est en partie contextuelle. Les années 90 ont été symbolisées par la musique grunge et le métal, à l’image de feu Kurt Kobain et de Metallica. Le rock se veut moins joyeux et moins orchestré. L’arrivée d’artistes tels que Blink-182 ou encore Green Day révolutionne donc le genre et réinvente l’exercice. Les structures sont moins basiques, les morceaux gagnent globalement en dynamisme et en rapidité. Le punk-rock moderne est ainsi né, en Californie. C’est donc dans un premier temps l’aspect fondamentalement novateur de cette musique qui explique cet engouement. Nous parlons ici d’effet de mode : ce qui est nouveau est tendance, ce qui est tendance est diffusé, ce qui est diffusé est apprécié : la boucle est bouclée. Qu’on soit pour ou contre la mondialisation et le capitalisme, il est clair que c’est l’industrialisation intensive du marché du disque qui est à l’origine de cette réussite. La globalisation du phénomène aux quatre coins du globe a permis de mobiliser des fans-bases conséquentes. Les médias sont alors des acteurs à part entière de cette réussite, à l’image de la chaîne américaine MTV. Nombreux sont ceux qui vont s’engouffrer dans la brèche : Sum 41, SR-71, Linkin Park, Good Charlotte... Tous réutilisent des codes vestimentaires, esthétiques et styllistiques qui leur sont propres, et tentent d’uniformiser leur musique. L’énergie et la puissance qui se dégagent des mélodies correspond parfaitement avec la confiance en l’avenir alors véhiculée par les jeunes des sociétés occidentales. C’était certain : ce millénaire serait celui du progrès. Ce qui a fait la force de la génération MTV, c’est donc sa cohérence. Il y a alors peu de divergences entre les différents protagonistes de la scène rock internationale. C’est aussi ce qui va causer sa perte : tenter d’être tous différents dans le même moule est un dilemme 6 paradoxal qui va enclencher un déclin lent mais certain du genre. Les labels en sont d’ailleurs les principaux responsables : à trop tirer sur la ficelle, on finit par lasser. Toutes les grandes formations sont ainsi priées de retourner en studio et d’anticiper un tournant musical. C’est l’image d’une musique qui tente de prendre de la maturité en même temps que ses auditeurs. Pour appuyer mon raisonnement, prenons quelques exemples. 2007 est une année transitoire pour Sum 41, Linkin Park et Good Charlotte. En effet, les 3 formations, après des opus qui gagent progressivement en maîtrise, décident de changer radicalement de sonorités et d’explorer de nouveaux horizons. Ainsi, respectivement, « Underclass Hero » succède au brillant « Chuck », « Minutes to Midnight » remplace le mythique « Meteora » et « Good Morning Revival » fait suite à « The Chronicles of Life & Death ». Ces changements brutaux surviennent tous au même moment ; alors, coïncidence ? Certainement pas. C’est encore une fois la preuve de l’existence de standards musicaux déterminés par les labels (via une poignée de producteurs qui réalisent tous les opus des différents héros du rock US). Commercialement, ces 3 albums seront des échecs et sonneront le glas d’une carrière riche pour ces artistes. Ne soyons pas réactionnaires toutefois : de nombreuses autres formations n’ayant pas pris le risque de se réinventer disparaissent de la circulation sans laisser de trace. Quelle était donc la bonne stratégie à adopter ?
« LA Génération mtv est avant tout un phénomène sociologique. » La réponse qui semble la plus pertinente, c’est qu’il n’y en a pas. L’histoire du rock varie au fil du temps, et il est bien difficile de planifier les réactions des consommateurs de musique. Aujourd’hui, nous bénéficions d’une offre de musique rock beaucoup plus variée, quitte à être moins populaire. De nombreuses formations proposent une musique atypique qui fait du bien aux oreilles, mais qui à l’évidence ne fait plus fortune. Les communautés de fans sont plus modestes, et les ambitions également. Les choses semblent ainsi s’être ré-équilibrées d’elles-mêmes et pour cause : la génération MTV à aujourd’hui une vingtaine d’année, et elle a évidemment évolué musicalement parlant. Il est toutefois assez drôle de constater que les pilliers de cette génération MTV tournent toujours, enregistrent plus que jamais et donnent encore du plaisir aux gens. Bien que leur suprématie soit aujourd’hui limitée, un lien affectif évident reste de mise. C’est un peu comme si un amour aussi fort ne pouvait jamais vraiment disparaître, et comme si ces figures bientôt d’anthologie acceptaient avec plaisir de vivre plus modestement. En bref : la passion fédère, et il y a fort à parier, quitte à agacer certains détracteurs des plus virulents, que cette génération MTV continuera de faire parler d’elle pendant encore bon nombre d’années.• Yannis mouhoun Playsound le mag• juin 2012 7 reflexion du mois SUM 41, des rides et des riffs.



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