Playsound n°2 jun/jui/aoû 2012
Playsound n°2 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : Green Day... la folie des grandeurs ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
Enquete Un groupe de rock made in France doitil chanter en français ou en anglais ? Le débat fait toujours rage chez les amateurs, les passionnés ou les professionnels de la musique. La question reste en suspend sans qu’une réponse unanime ne vienne y mettre un terme. Même au sein des groupes, le choix de la langue est souvent source d’interrogations. Alors que choisir, la langue de Molière ou celle de Shakespeare ? La question ne date pas d’hier... On a pu assister à des vagues successives mettant à l’honneur les deux langues. Tout commence évidemment avec l’arrivée de notre genre musical préféré dans les années 60. Le rock anglais débarque en France avec des groupes tels que les Beatles, les Kinks, les Who, les Rolling Stones, et autres Yadbirds. Ils vont laisser une empreinte indélébile sur le paysage musical français, tout comme le rock américain distillé par Elvis et Chuck Berry. Apparaissent ainsi les premiers « rockeurs » français qui aujourd’hui laissent plutôt perplexes : Dick Rivers ou notre Johnny national. Fort heureusement, au début des années 70, portés par les espoirs d’une jeunesse qui s’affirme, un grand nombre de formations voient le jour comme le Martin Circus avec des textes en français. Mais un changement s’opère avec l’apparition de groupes qui considèrent que le rock ne tire sa légitimité que par l’anglais. Parmi eux, Little Bob Story ou les Dogs sont profondément marquées par la scène punk qui se développe. Les textes sont en anglais, ce qui leur vaut une reconnaissance outre-manche, bien moins qu’en France. Le débat est ouvert. Playsound le mag• JUIN 2012 LE ROCK FRANçais passe-t-il nécessairement par l’anglais ? Pourtant, malgré les réserves des maisons de disques et médias des années 80, un rock à la française existe bien. En sont les preuves formelles Téléphone, Les Rita Mitsouko, Indochine d’une part et Trust, Warning, Bérurier Noir ou les Négresses Vertes d’autre part. Ces derniers choisissent de faire passer un message en français, parfois sur le ton de l’humour, le tout sur du rock alternatif, plus « contestataire ». Parallèlement, le rôle de la radio désormais « libre », a joué un rôle majeur. Face à l’invasion massive des ondes par les groupes anglais, une loi votée en 1986 stipule que les stations de radio doivent diffuser au minimum 40% de chansons d’expression française. C’est un nouveau frein pour tout les groupes qui souhaitent privilégier l’anglais. On entre alors dans une ère de rock résolument français dans les années 90 avec des groupes comme Noir Désir, No One Is Innocent, Louise Attaque, Dionysos ou plus violemment avec Mass Hysteria et Lofofora. Cette ère se poursuit dans les années 2000 notamment avec Aqme, Déportivo, Luke, Superbus, la Team Nowhere, Stupeflip et plus tard la nouvelle scène des bébés rockeurs : BB Brunes et autres Plastiscines dont les textes sont en français. Pourtant les années 2000 marquent aussi le retour en puissance de l’anglais. Inspiré par la « French Touch » incarnée par Daft Punk ou Air qui ont réussit à s’exporter à l’étranger, un amas de groupes se tourne vers l’anglais. Les premiers, Phoenix, ont parfaitement réussit à s’imposer en France mais aussi à se faire une place au niveau international. Dès lors la voie est toute tracée : Pony 22 Empyr France Pony Run Run, HushPuppies, Shaka Ponk, Aaron, Stuck in the Sound et plus récemment Skip The Use, Revolver, Izia, Empyr, Jamaica, François & the Atlas Mountain ou Rover... tout une scène française qui s’est délibérément réfugiée vers l’anglais. Se pose alors de plus en plus la question de cette utilisation de plus en plus fréquente de la langue de Shakespeare. Nombreux sont ceux qui prétendent être attirés par les sonorités qu’elle offre. D’autres parlent d’une attache à la langue et d’une forte inspiration tant musicale que culturelle. Mais on peut se demander finalement s’il n’y a pas là une perte d’inspiration liée au français ou bien la crainte de tomber dans une forme aigüe de niaiserie. Ou tout simplement, le français n’est peut-être pas assez rock... le débat reste ouvert.• FABIEN GALLET « un rock à la française existe bien. »
publicité Playsound le mag• juin 2012 23 Encart disponible mag@playsound.fr



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :