Playsound n°2 jun/jui/aoû 2012
Playsound n°2 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 8,6 Mo

  • Dans ce numéro : Green Day... la folie des grandeurs ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RETRO 1962. Un an avant l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le contexte aux Etats-Unis est tendu. Le pays est en pleine Guerre Froide avec le bloc soviétique et la ségrégation des afroaméricains est toujours présente. Cette année là, Robert Allen Zimmerman alias Bob Dylan, écrira un titre qui bouleversera certainement sa jeune carrière de chanteur folk. Ce titre, c’est Blowin’In The Wind, une des protest songs les plus populaires à ce jour. A l’époque, le titre sonne comme une révolte en plein mouvement pour les droits civiques et dans une période où la situation s’envenime au Vietnam. Sans citer quelconque événement dans cette chanson, Dylan donnera par la suite comme simple explication que Playsound le mag• JUIN 2012 18 QUAND Le rock DEVIENT CONTESTATAIRE « les réponses sont dans le souffle du vent », une façon pour lui d’éveiller les consciences et de donner un côté intemporel au titre. Durant les années 60, en plein âge d’or du rock’n’roll, tout un tas d’artistes y allait de sa protestation à travers ce formidable vecteur qu’était la musique. En plus d’avoir un fond, ces titres ont souvent rencontré un franc succès et sont devenus cultes par la suite. Tandis qu’en 1968, en pleine émergence du mouvement hippie, les Doors clamaient fervemment « the war is over » dans leur titre Unknown Soldier prônant le pacificisme et dénonçant la guerre du Vietnam, de l’autre côté de l’Atlantique la même année, les Beatles Rex sortaient leur titre Revolution, premier titre engagé du Fab Four s’attaquant à tous ces pseudo-révolutionnaires souhaitant user de la violence pour parvenir à leurs fins. A travers ces paroles « We all want to change the world/But when you talk about destruction/Don’t you know that you can count me out », Lennon affirme ouvertement désapprouver les gens usant de la violence pour tenter de changer le monde, préférant la manière pacifiste. Dans les années 70’s, alors que l’opinion générale aux Etats-Unis se révoltait massivement contre cette guerre du Vietnam interminable, un mouvement a émergé à la toute fin de la décennie. Une musique plus lourde,
plus agressive, plus revendicative grandissait dans le paysage musical. Le Punk était né. On parlait alors d’une musique protestataire jamais vue auparavant au Royaume-Uni, rejetant toute forme de conformisme et prônant l’anarchisme. God Save The Queen, l’hymne punk par excellence des Sex Pistols s’attaquait clairement à la monarchie, l’accusant d’être un « régime fasciste ». De plus, le Royaume-Uni des années 70 était touché par une forte inflation et un important taux de chômage, peu d’avenir pour les jeunes comme le braillait si bien Johnny Rotten : « There’s no future/there’s no future/there’s no future for you ». The Clash, autre groupe légendaire du mouvement punk, a également son mot à dire dans le domaine des protest songs. Longtemps influencé par la reggae, notamment à cause du bassiste Paul Simonon issu de Brixton, un quartier au sud de Londres où le reggae était omniprésent, le groupe va aller jusqu’à composer une chanson intitulé The Guns of Brixton qui aborde les tensions présentes entre immigrants et policiers, et anticipant même les émeutes raciales se déroulant dans ce même quartier en 1981. Chaque décennie a eu son lot de protest songs, et leseighties n’y échappent pas non plus. Sunday Bloody Sunday est certainement une des chansons les plus marquantes de U2, mais aussi de la décennie de par son engagement. Créant une vague de polémique à sa sortie, le titre a valu une pluie de critiques à U2, les accusant d’encourager une certaine forme de violence et d’avoir d’étroits liens avec l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Cette chanson fait référence au dimanche sanglant de 1972 en Irlande du nord durant lequel des catholiques, manifestants pour obtenir leur indépendance et le respect des droits civiques, se font tirer dessus par l’armée britannique, causant de nombreux blessés et de nombreux morts. Bono himself à l’époque expliquera que Sunday Bloody Sunday n’est pas une chanson rebelle mais une chanson revendiquant la paix. Autre grande figure des années 80, Morrissey a lui aussi posé sa voix sur de nombreux textes revendicatifs avec son groupe Playsound le mag• juin 2012 The Smiths. En 1985, après un premier album ayant rencontré un certain succès dans les charts anglais, le groupe va sortir Meat Is Murder, un deuxième album plus engagé que son prédécesseur dans lequel Morrissey, en tant que végétarien, exprime sa révolte contre le meurtre d’animaux (il interdira même aux autres membres du groupe d’être photographié en train de manger de la viande) et contre les châtiments corporels (sur The Headmaster Ritual et Barbarism Begins at Home). Fermement opposé à Margaret Thatcher alors Premier Ministre, Morrissey ira même jusqu’à souhaiter sa mort sur le morceau Margaret On The Guillotine sur son premier album solo Viva Hate sorti en 1988. Rage Against The Machine, ça vous dit quelque chose ? Comment parler de protest songs sans évoquer le nom d’un des groupes les plus marquants des années 90. Outre leur musique totalement unique alliant les phrasés rappés de Zack De la Rocha avec des sonorités heavy bien grasses illustrées par le jeu de guitare bien barré de Tom Morello, RATM a su pondre quelques textes bien acidulés. Le plus célèbre d’entre eux, Killing In The Name, s’attaquant au racisme étroitement lié aux pouvoirs en place : « Some of those that work forces/are the same that burn crosses ». En 1992, le célèbre groupe indé Sonic Youth sortira même Youth Against Facism, titre ouvertement antiraciste, antifasciste et dénonçant l’hypocrisie religieuse. On pourrait s’arrêter là, mais ça serait bête de ne pas citer quelques titres énervés tout droit venus du XX- « CHAQUE Décennie a eu son lot de protest songs. » 19 INTERVIEW Ième siècle. Sujet de prédilection dans les années 2000, le gouvernement américain sous la présidence de Georges W.Bush aura été la victime de nombreuses critiques. When The President Talk To God de Bright Eyes, Let’s Impeach the President de Neil Young ou bien Bushleaguer de PearlJam sont des bons exemples de manifestations musicales de la part de certains artistes opposés à la politique du président américain de l’époque Dans l’histoire, le rock a toujours soutenu des causes ou véhiculé des messages d’espoir ou de révolte. Mais aujourd’hui, en 2012, alors que la charts sont trustés par des artistes dance aux textes pour le moins douteux (pour ne pas dire insignifiants), on est quand même en droit de se demander où a bien pu passer ce bon vieux rock a guitare contestataire qui a tant fait parlé de lui par le passé. Certes les conditions de vie ont évolué, mais vous ne me ferez tout de même pas croire que l’on vie dans un monde où les oiseaux chantent, le ciel est bleu et qu’il n’existe plus aucune raison de se révolter ? Pourtant, les artistes contestataires se comptent aujourd’hui certainement sur les doigts d’une main et ont bien moins d’impact dans l’opinion publique que par le passé.• SAmi elfakir



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