Playsound n°1 avr/mai 2012
Playsound n°1 avr/mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de avr/mai 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Médias Culture

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 18

  • Taille du fichier PDF : 5,7 Mo

  • Dans ce numéro : All-American Rejects... retour gagnant.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
reflexion du mois ET SI C’ETAit Mieux « C’était mieux avant ». Ah, cette fameuse phrase horripilante qui revient sans cesse à la vue ou à l’écoute de ces plaisirs nauséeux que nous réserve l’ère moderne. Ces trois petits mots assassins qui nous rappellent constamment que le meilleur est derrière nous et qui nous empêchent de rêver à nouveau. Mais oui, vous les avez déjà entendu. Et pourtant même si vous vous efforcez de vous convaincre que tout n’est pas perdu, vous finissez toujours avec une pointe d’amertume par baisser les yeux en écoutant le bestof des Smiths, la réédition des Rolling Stones ou le dernier coffret à la mode des Pink Floyd. Encore aujourd’hui, les amateurs se questionnent. Le rock à t-il encore son mot à dire dans une société où la musique dance ultra calibrée et marketée menée de front par les beats vomitifs de ce cher David Guetta à pris ses marques depuis bien des années ? Pour certains, l’utopie de voir débarquer une nouvelle vague qui révolutionnerait le genre reste une hypothèse plausible. Et pour d’autres, plus pragmatiques voir pessimistes, le rock est bel et bien mort – commercialement tout du moins – et il est inutile d’espérer un revival dans les années à venir. Certes cette seconde vision des choses semble peu joyeuse, mais s’apparente malheureusement davantage à la réalité. Si on remonte quelques décennies auparavant, le rock a toujours su se réinventer et occuper une place majeure dans les esprits de chacun. Les sixties ont eu la déferlante Beatles, Rolling Stones, Who et j’en passe. On parlait alors du fameux Swingin’London et Londres devenait the place to be pour la jeunesse du monde entier. Les décennies suivantes ont également toutes eu leur histoire avec le Hard Rock et le Punk dans les seventies, la Playsound le mag• AvriL 2012 AVANT ? Dans tout ce foutoir, Internet à joué un rôle prépondérant. En ouvrant l’accès à tout type de contenu et de manière gratuite, Internet est le principale responsable de l’agonie lente et douloureuse du monde de la musique. En seulement 3 clics, n’importe qui peut se procurer le dernier album des Black Keys, tout le catalogue des Beatles ou même le prochain Arcade Fire une semaine avant sa sortie. Les gens ont perdu l’habitude d’acheter des disques et se satisfont d’entasser un tas de fichiersmp3 insignifiants sur leur disque dur. En bref, Internet a littéralement anéanti tout espoir de voir un jour éclore un nouveau courant rock comme on a pu en voir dans le passé et laisse place à une multitude de pseudo artistes grouillants sur Youtube qui connaitront leurs 2 semaines de gloire avant de retomber ni vu ni connu dans les méandres de la toile. Certes, Internet permet à la jeune génération de découvrir toute la musique d’autrefois à travers une multitude de pages web, mais est-ce réellement une bonne chose, si cette facilité d’accès se fait au détriment de l’émancipation d’une nouvelle scène musicale ? Pas si sûr. New Wave et le mouvement Madchester dans leseighties, et même le Grunge et la Britpop dans les nineties. Passé 2000, que reste-t-il ? Difficile à dire. Certes de bons groupes ont su tracer leur chemin, à la manière des White Stripes et leur blues garage devenu culte, ou encore les Strokes longtemps surnommés « les sauveurs du rock » avec leur premier album Is This it figurant aujourd’hui dans le panthéon des albums rock. Du côté du Royaume de Sa Majesté on a également de la répartie, puisque des groupes comme les Libertines ou les Arctic Monkeys ont su allier rock et succès avec des albums marqués par la spontanéité d’une jeunesse prête à en découdre. Seulement, malgré toute cette bonne volonté, il serait déplacé d’évoquer un « mouvement rock » à proprement parler, étant donné que les rares groupes ayant un réel succès populaire aujourd’hui se comptent sur les doigts d’une main. Dans la continuité des années 2000, les années 2010 sont et seront l’année des papys rockers. Ne brusquons personne, l’avenir se raccroche à ses valeurs sûres, au passé. Les vieux sont partout : de la reformation des Stone Roses, en passant par le nouveau coffret des Beach Boys, jusqu’au retour des Rolling Stones en tournée (qui n’aura pas lieu cette année, consolez-vous), on n’en fini plus de dérouler le tapis rouge aux anciennes gloires du passé. Mais que se passe t-il donc ? La réforme des retraites s’est-elle appliquée également au monde de la musique ? Il semblerait. En France, on en est encore à implorer inlassablement le retour de Téléphone ou de Noir Désir, ce qui montre clairement que l’absence d’une réelle scène rock moderne nous pousse à nous raccrocher de manière assez continuelle et pathétique aux anciennes idoles. 12 Désormais, les disquaires indépendants mettent la clé sous la porte faute de revenus, les magazines spécialisés éprouvent de plus en plus de difficultés à se vendre et les disques, eux, s’empilent dans les rayons de la Fnac. On parle même d’un regain d’intérêt pour le vinyle. Les majors se demandent où est passé leur argent, les artistes font la manche, et Hadopi s’avère avoir autant d’intérêt que Google Plus. Ca peut paraitre pessimiste, mais ça l’est. Difficile de se réjouir quand on sait que notre génération n’aura plus de Hendrix pour mettre le feu à sa guitare sur scène juste après un solo dantesque. Difficile de se réjouir quand on se dit
« dans tout ce foutoir, internet à joué un rôle prépondérant. » qu’il n’y aura plus de nouveaux Blur et Oasis pour s’en mettre pleins la gueule à coup de déclarations fracassantes par presse interposée. Difficile même de se dire qu’il n’existera plus d’icones rock comme l’ont été John Lennon, David Bowie ou encore Kurt Cobain, entre autres. Je ne suis pas là en train de dire qu’il n’existe plus de bons groupes aujourd’hui, mais plus de réel mouvement ni de réelle ferveur comme c’était le cas avant que Internet ne chamboule tout. Car malgré le manque de cohésion dans la scène actuelle, il subsiste cependant de nombreux groupes talentueux qui ne demandent que plus de reconnaissance auprès du public. A l’image de jeunes bandes comme Les Horrors, Drums, Real Estate, Vaccines, et je pourrais en citer un tas d’autres, sous terre fourmille une scène rock indépendante foisonnante et pétrie de talent qui enchainent concerts sur concerts pendant que certaines stars de la pop se contentent d’une apparition télé pour renflouer les comptes en banque. Bien sûr, on pourrait reprocher à la plupart de ces groupes de piocher un peu trop dans le passé, mais ils ont au moins le mérite d’être là, d’y croire et de continuer à jouer malgré une conjoncture qui s’oppose clairement à leurs succès. Finalement, le rock redevient la musique underground qu’elle a été à ses débuts, propriété d’un auditoire restreint mais fidèle qui a su s’élargir au fil des décennies avant de devenir une culture dominante. Mais l’histoire se répétera-t-elle une fois de plus ? L’avenir nous le dira.• Sami elfakir Playsound le mag• AvriL 2012 13 reflexion du mois Keith Richards guitariste emblématique des Rolling Stones.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :