Planète Santé n°6H mai 2015
Planète Santé n°6H mai 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6H de mai 2015

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Éditions Médecine & Hygiène

  • Format : (200 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : les secrets du poids.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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48 interview planète santé – mai 2015 Josef Zisyadis « Le goût des bons plats me vient de l’enfance » On le croise au marché, chez les artisans bouchers ou boulangers de Suisse romande. Mais c’est à Lausanne, dans les bureaux de la Semaine du goût, dont il est le président, que nous l’avons rencontré. Propos recueillis par Élodie Lavigne P.S.  : Vous êtes, entre autres, président de la Semaine du goût, co-président de Slow Food Suisse, co-fondateur des Jardins d’Ouchy à Lausanne… D’où vous vient cet amour pour la bonne chère ? J. Z.  : Il me vient de l’enfance. Je suis arrivé en Suisse, à Lausanne, à l’âge de 6 ans avec mes parents. Sans papiers, je ne connaissais pas la langue. Alors comme pour tous les immigrés, la cuisine de ma mère, de mes origines, avait une très grande importance. Les repas étaient un moment de retrouvailles en famille. Je cuisine depuis tout petit. A 8 ans déjà, je réchauffais les plats que ma mère avait préparés. C’est donc grâce à votre mère que vous savez cuisiner aujourd’hui ? Oui. Je cuisine tous les jours. C’est la seule chose que je sais faire de mes mains ! C’est mon plus grand plaisir de la journée. J’ai la culture du produit frais, de l’huile d’olive, des herbes aromatiques, du poisson. Je suis très cuisine grecque, moyen-orientale, méditerranéenne en général, en lien avec mes origines (ndlr turques et grecques). Quelles autres valeurs associez-vous à la nourriture ? Je suis co-président de Slow Food Suisse, un mouvement qui se veut un antidote à l’industrialisation de l’alimentation. Nous défendons une autre conception de l’agriculture, nous voulons une alimentation propre, bonne et juste. Propre en regard des conditions de production des aliments, bonne car nous revendiquons le droit au plaisir. Enfin, juste et équitable, car manger c’est aussi être solidaire avec ceux qui ont produit ce que nous mangeons. Au quotidien, comment mettez-vous ces principes en pratique ? Je n’achète aucun produit alimentaire dans les grands magasins. Cela ne me donne aucun plaisir, ce n’est pas appétissant. J’ai tout un réseau de maraîchers, artisans bouchers, boulangers, pêcheurs, etc. On trouve partout des gens qui ont une relation humaine avec la nourriture. Je fais mes courses au jour le jour. Je mange local, de saison, bio si possible. Mais j’évite le bio industriel. Politiquement, vous défendez les couches sociales les moins favorisées. La nourriture locale et de qualité est-elle à la portée de toutes les bourses ? Oui. Contrairement à ce que l’on croit, manger local revient moins cher que s’approvisionner dans les grandes surfaces, et c’est sans parler de la qualité. Aujourd’hui, beaucoup de foyers passent leur temps à remplir le frigo le samedi et à jeter ce qui est périmé à la fin de « Beaucoup de foyers passent leur temps à remplir le frigo le samedi et à jeter ce qui est périmé à la fin de la semaine la semaine. On gaspille beaucoup. Il faut s’occuper de son frigo, qui doit être le plus vide possible, ranger les aliments au bon endroit, acheter au jour le jour, selon les envies, faire une liste de courses pour ne pas céder à ce que l’on veut nous faire acheter. Ce n’est pas une question de temps ni de moyens, mais de volonté. On a l’impression qu’aller au marché, manger local et fait maison est devenu une attitude bobo. Qu’en pensez-vous ? Je ne suis pas d’accord. Vous savez, les classes populaires ont toujours su cuisiner par souci d’économie. Ce sont elles
Romain graf



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