Planète Santé n°34 jun/jui/aoû 2019
Planète Santé n°34 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Éditions Médecine & Hygiène

  • Format : (200 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : comprendre le système de santé suisse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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42 FICHE MALADIE PLANÈTE SANTÉ – JUIN 2019 Traitements Aucun traitement ne permet actuellement de guérir complètement la SEP. Toutefois, il existe à ce jour un arsenal thérapeutique varié qui permet dans de nombreux cas de ralentir (voire d’arrêter) de manière efficace et durable la progression de la maladie. Les médicaments utilisés pour traiter la SEP ont une action sur un ou plusieurs des acteurs des mécanismes immunitaires responsables de l’agression sur le système nerveux central. Traitement des poussées Les poussées se traitent généralement par un dérivé de la cortisone (méthylprednisolone) en perfusion ou par voie orale. Il s’agit d’un traitement de durée limitée, en principe de trois ou cinq jours. Ce traitement diminue la durée de la poussée et permet d’accélérer la vitesse de récupération de la poussée de SEP. Traitements de fond Les médicaments appelés immunomodulateurs ou immunosuppresseurs sont utilisés pour traiter la SEP. Ils s’adressent en premier lieu aux formes pousséesrémissions (voir Evolution...) et doivent être pris sur le long terme. Ils agissent sur le système immunitaire et visent à atténuer le mécanisme d’auto-immunité et donc à prévenir les poussées. Ils appartiennent à trois catégories  : Les traitements injectables  : - les interférons bêta (Avonex, Betaferon, Plegridy, Rebif) - l’acétate de glatiramère (Copaxone) Les traitements par voie orale  : - le fingolimod(Gilenya) - le tériflunomide (Aubagio) - le diméthyl-fumarate (Tecfidera) - la cladribine (Mavenclad) Les traitements intraveineux  : - le natalizumab (Tysabri) - l’alemtuzumab (Lemtrada) - l’ocrélizumab (Ocrevus) Le traitement de fond est choisi selon le type de SEP, le degré d’activité de la maladie, la tolérance au médicament (limitation des effets secondaires) et les risques de complications. Ces médicaments ont pour but de diminuer le nombre de poussées cliniques et la survenue de nouvelles plaques sur l’IRM. L’objectif ultime est de limiter au maximum la survenue ou l’aggravation d’un handicap et d’éviter le passage vers la forme chronique progressive. Traitements symptomatiques La SEP peut entraîner des gênes fonctionnelles très variables dans leur type et leur intensité. Différents traitements permettent au patient de faire face à la spasticité, aux douleurs, aux troubles urinaires ou sexuels, et à la fatigue. La prise de médicaments, la physiothérapie, le soutien psychologique ou l’appareillage peuvent être d’une grande aide pour les patients atteints de SEP. Evolution et complications possibles Sans traitement, la SEP progresse de manière inéluctable et imprévisible. Certaines SEP sont très agressives et vont progresser vite, alors que d’autres vont évoluer plus lentement. Il existe différentes formes de SEP  : La forme poussée-rémission  : il s’agit du type le plus fréquent (85-90% des cas), mais également celui qui répond le mieux aux traitements. La SEP évolue par poussées successives, espacées de périodes de « rémission » stables. La poussée est définie par l’apparition de signes ou symptômes neurologiques d’une durée supérieure à 24 heures, en l’absence de fièvre ou d’infection, dont la récupération peut être partielle ou complète. La forme secondaire progressive  : certains patients qui présentent initialement une forme poussée-rémission vont évoluer vers une forme secondairement progressive, caractérisée par une lente aggravation des symptômes. On n’observe plus de poussées franches, mais une dégradation progressive. Avec les traitements actuels, on estime le risque de passage vers une forme secondaire progressive à 6,4% à 10 ans et à 24,2% à 20 ans. La forme primaire progressive  : les malades atteints d’une SEP primaire progressive (10-15%) présentent dès le début de la maladie une aggravation insidieuse des symptômes, sur une durée de plus d’un an, se portant surtout sur la marche, des troubles urinaires ou des troubles cognitifs. Le risque d’invalidité permanente augmente avec une limitation significative de la mobilité après 5-10 ans. L’atrophie cérébrale et médullaire est souvent détectable dans les stades précoces de la maladie. Cette forme apparaît davantage à un âge plus avancé que la forme poussée-rémission, après 40 ans le plus souvent. Vivre avec la SEP Une fois le diagnostic posé, les patients doivent adapter leur quotidien selon leur état. Un patient atteint de SEP doit être suivi de manière régulière par un neurologue expérimenté et par son médecin traitant. S’il existe une consommation de tabac, il est recommandé de l’arrêter, car le tabagisme
PLUS D’ARTICLES SUR PLANETESANTE.CH accélère la transition de la forme poussée-rémission à la forme secondaire progressive. Quant à l’alimentation, malgré les recommandations qui pullulent sur Internet, il peut être plus délétère qu’autre chose pour un patient SEP de se lancer dans un régime draconien sur la base de recommandations non étayées scientifiquement. Un régime équilibré est toutefois recommandé. La SEP n’influence ni la fertilité ni le risque de fausse couche ou de malformation du bébé. Sauf exception, la grossesse n’est pas contre-indiquée chez des patientes atteintes de SEP. Il faut toutefois noter que le risque de poussée augmente durant les trois mois suivant l’accouchement. Il n’y a également aucune contre-indication au voyage et au travail. Le rythme devra être adapté en fonction du handicap et de la fatigue. Prévention Il n’existe actuellement aucun moyen de dépistage. Le diagnostic de SEP ne peut se faire qu’au moment des premières manifestations cliniques (première poussée). Les traitements ne permettent actuellement pas d’éviter la survenue de la maladie (prévention primaire) mais ils peuvent ralentir son évolution, diminuer le nombre et l’intensité des poussées, réduire le handicap et ainsi maintenir l’autonomie des personnes plus longtemps (prévention secondaire). Actuellement, il n’est pas possible d’intervenir directement sur le processus de dégénérescence. Aucune substance n’a encore démontré d’efficacité dans ce domaine. Toutefois, l’instauration précoce d’un traitement pourrait l’éviter de manière indirecte. En diminuant l’agression du système immunitaire sur le système nerveux central en réduisant notamment l’inflammation, on lui donne ainsi une chance supplémentaire de se réparer, évitant ou au moins retardant ainsi la dégénérescence. C’est une des raisons qui justifie le traitement précoce de la SEP. Étant donné la suspicion des facteurs environnementaux que sont le tabac, la carence en vitamine D et l’obésité, il est conseillé de mener une hygiène de vie en conséquence. Quand contacter le médecin ? Une première poussée de SEP ne représente que très exceptionnellement une urgence vitale. L’installation parfois brutale des premiers symptômes peut les faire confondre avec ceux d’autres affections nécessitant, elles, un appel immédiat au 144, comme par exemple un accident vasculaire cérébral. Une consultation médicale rapide se justifie dans tous les cas si des symptômes neurologiques tels que ceux décrits dans le paragraphe consacré aux symptômes se manifestent. 43 Une fois le diagnostic de SEP posé, un suivi régulier par un neurologue, habituellement une fois tous les six mois, est conseillé. Tout nouveau symptôme ou modification d’un symptôme connu doivent cependant être signalés au médecin. Informations utiles au médecin Le médecin (neurologue) s’intéressera à l’apparition des symptômes dans le temps (intervalle entre les différentes manifestations de la maladie) et à leur localisation (parties du corps touchées). Examens Depuis 2017, il est possible de poser le diagnostic de SEP chez un patient dès la première poussée. Poser tôt ce diagnostic est important, car on dispose de thérapies qui sont d’autant plus efficaces qu’elles sont initiées de manière précoce. Le médecin demandera un examen par IRM pour déterminer la présence de lésions typiques de la SEP. Pour confirmer le diagnostic, il pourra également procéder à un prélèvement du liquide céphalo-rachidien (LCR) par ponction lombaire et à une prise de sang pour exclure d’autres possibles diagnostics. Références Site de la Société suisse de la sclérose en plaques (www.multiplesklerose.ch), qui répond aux questions fréquentes et détaille les aspects de la maladie et son traitement. Il fournit aussi des conseils pour la vie quotidienne. Site de la Société francophone de la SEP (www.sfsep.org), qui dispense conseils, informations pratiques et recommandations thérapeutiques, tout en développant un réseau à l’internationale. « Traitement de la sclérose en plaques  : nouveautés et complications ». SchluepM, Lalive PH, Du Pasquier RA. Rev Med Suisse 2013 ; 9:940-3. Sclérose en plaques. Coll. L’essentiel. Lalive d’Epinay P., Du Pasquier R. RMS Editions, 2019.



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