Planète Santé n°34 jun/jui/aoû 2019
Planète Santé n°34 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Éditions Médecine & Hygiène

  • Format : (200 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : comprendre le système de santé suisse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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40 FICHE MALADIE PLANÈTE SANTÉ – JUIN 2019 FICHE MALADIE LA SCLÉROSE EN PLAQUES La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune liée à un dérèglement du système immunitaire, qui attaque la gaine de myéline et les fibres nerveuses. Bien que la maladie ait été décrite il y a près de deux siècles, sa cause n’est toujours pas élucidée. Il s’agit d’une maladie complexe et multifactorielle. TEXTE ANOUK PERNET EXPERTS DRE MARIE THÉAUDIN, MÉDECIN ASSOCIÉE, SERVICE DE NEUROLOGIE, CHUV DRE SERENA BORRELLI, ASSISTANTE, UNITÉ DE SCLÉROSE EN PLAQUES, CHUV PR PATRICE LALIVE, MÉDECIN ADJOINT AGRÉGÉ, SERVICE DE NEUROLOGIE, HUG PR RENAUD DU PASQUIER, MÉDECIN-CHEF DE SERVICE, SERVICE DE NEUROLOGIE, CHUV DR MICHEL CHOFFLON, NEUROLOGUE, CLINIQUE ET PERMANENCE D’ONEX La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire et dégénérative, causée par une réaction immunitaire inadaptée. Ces agressions répétées, aussi dénommées « poussées », entraînent progressivement des lésions du système nerveux central. La démyélinisation (destruction de la gaine de myéline qui entoure les axones, les fibres nerveuses qui prolongent les neurones) est toujours retrouvée, mais la maladie touche aussi tous les autres composants du cerveau. C’est la maladie neurologique la plus fréquente chez les jeunes adultes. Elle apparaît plus rarement chez les enfants et les personnes de plus de 50 ans. Même si la maladie reste aujourd’hui fondamentalement incurable, elle est devenue heureusement traitable. Symptômes La SEP est une maladie hétérogène, dont les premiers symptômes varient d’une personne à l’autre. Insidieusement, en quelques jours, un ou plusieurs symptômes signalant une souffrance du système nerveux central (SNC) peuvent se manifester. Comme l’inflammation peut toucher n’importe quelle partie du cerveau, les fonctions motrices, sensitives, sensorielles ou cognitives peuvent toutes être concernées. C’est ainsi que peuvent survenir  : Des troubles moteurs  : ils se manifestent par une faiblesse d’un membre qui peut être permanente ou aggravée par l’effort (fatigabilité). Plus tardivement dans le cours de la maladie, un trouble du tonus musculaire entraînant un sentiment de raideur du membre affaibli (spasticité) peut s’ajouter à la faiblesse. Des troubles de la sensibilité  : il s’agit de sensations subjectives de fourmillements, d’engourdissement, de chaud ou de froid, de serrement, voire de brûlures et ou de décharges électriques. Elles sont appelées paresthésies. Parmi les troubles sensitifs objectifs, on retrouve une diminution de la sensibilité au toucher, au piquer ou à la température. La sensibilité profonde, qui fournit des informations sur la position du corps et des membres dans l’espace et permet de conserver l’équilibre, est également atteinte. Des troubles visuels  : ils peuvent être très variés. Chez 20% des patients, l’inflammation du nerf optique (névrite optique) représente la première manifestation de la maladie. Elle est responsable d’une baisse de la vision, généralement sur un seul œil, accompagnée d’une gêne ou
PLUS D’ARTICLES SUR PLANETESANTE.CH d’une douleur de l’œil. La vision double est une autre conséquence de la névrite optique. Des troubles de l’équilibre et/ou de la coordination  : ils sont moins fréquents au début de la maladie. La présence de ce type de trouble indique que les organes de l’équilibre (le système vestibulaire et le cervelet) sont touchés par la maladie. Il s’agit d’un vrai vertige rotatoire  : on a l’impression de tourner sur soi-même ou de voir les objets tourner autour de soi. On peut aussi présenter un tremblement quand on désire saisir un objet, ou dévier en marchant. Des troubles auditifs  : heureusement, l’audition n’est atteinte que dans de rares cas. Des troubles urinaires  : on peut ressentir un besoin urgent d’uriner. Au moment de se soulager, la vessie ne se vide pas complètement et il faudra très rapidement se rendre à nouveau aux toilettes. Des troubles sexuels chez l’homme, notamment des troubles de l’érection. Une fatigue anormale, comme dans presque toutes les maladies inflammatoires. On ressent un sentiment d’épuisement sans raison et une nuit de sommeil, même de bonne qualité, ne l’efface pas complètement. Cette fatigue inexpliquée précède parfois de plusieurs mois la première manifestation neurologique, que l’on appelle poussée inaugurale. Causes La cause exacte de la SEP reste inconnue. On ignore ce qui déclenche la première poussée ou les suivantes. On évoque deux mécanismes principaux responsables de la maladie  : Phénomène inflammatoire  : habituellement, le système immunitaire protège des agents infectieux qu’il reconnaît comme étrangers. Malheureusement, le système immunitaire fait aussi des erreurs et s’attaque parfois à certains constituants normaux de l’organisme. Dans le cas de la SEP, il s’attaque à la myéline, la substance qui entoure les fibres nerveuses. La destruction de la myéline par le système immunitaire est un phénomène d’auto-immunité. Cela forme des plaques de démyélinisation, qui donnent le nom à la maladie. Comment démarre cette inflammation ? Aucun agent infectieux spécifique ne peut actuellement être tenu pour responsable de la SEP, même s’il existe des arguments en faveur d’une infection par un 41 virus (mononucléose infectieuse, hépatite B ou un rétrovirus). La SEP n’est pas transmissible d’une personne à l’autre. Des facteurs environnementaux ont aussi été suspectés [voir Facteurs de risque]. Phénomène dégénératif  : on a longtemps pensé que la dégénérescence nerveuse était initiée par la réaction d’auto-immunité, mais nous savons actuellement que les lésions axonales surviennent très tôt dans la maladie. La destruction des structures nerveuses ne se traduit pas immédiatement par des signes cliniques, car le cerveau possède une grande réserve fonctionnelle. Tant que les lésions ne dépassent pas un certain nombre et une certaine sévérité destructrice par lésion, le cerveau fait encore bien son travail et on ne décèle rien d’anormal. Facteurs de risque La SEP n’est pas une maladie héréditaire, mais il existe une prédisposition génétique. Plusieurs facteurs de risque ont été évoqués  : Le virus d’Epstein-Barr  : notamment responsable de la mononucléose infectieuse, ce virus fait partie de la famille des Herpes. Plus de 99% des patients SEP ont été exposés au virus avant le début de leur maladie. L’exposition au virus Epstein-Barr semble constituer une condition nécessaire, mais non suffisante pour le déclenchement de la SEP. Une carence en vitamine D  : produite en grande quantité en réaction à l’ensoleillement, la vitamine D aurait un effet protecteur contre la SEP. Cela expliquerait pourquoi vivre dans une région proche des pôles (ensoleillement faible) place les individus dans un groupe à risque. Le tabagisme actif ou passif  : le tabagisme est un autre facteur de risque pour le développement de la SEP. Les mécanismes sous-jacents restent multiples  : contribution à l’inflammation dans les muqueuses, induction d’un état de stress oxydatif et effet toxique sur le système nerveux central. Le tabagisme favorise également la progression de la maladie. L’obésité  : on observe une augmentation du risque de SEP en cas d’obésité dans l’enfance/adolescence. Les études du microbiome intestinal montrent aussi que les patients souffrant de SEP ont une composition de la flore intestinale différente des individus ne souffrant pas de SEP.



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