Planète Santé n°34 jun/jui/aoû 2019
Planète Santé n°34 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Éditions Médecine & Hygiène

  • Format : (200 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : comprendre le système de santé suisse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 INTERVIEW PLANÈTE SANTÉ – JUIN 2019 « LES STÉRÉOTYPES DE GENRE PEUVENT CONDUIRE À UNE ISSUE MORTELLE POUR LES PATIENT.E.S » Un doctorat en médecine, un master en épidémiologie à Harvard et trois filles. Carole Clair est la preuve que l’on peut à la fois être femme, mère de famille et avoir une carrière réussie. Spécialiste du lien entre tabac et diabète, elle se dédie également à la thématique du genre en médecine. Avec un optimisme contagieux, elle s’attaque aux stéréotypes qui nuisent aux femmes médecins, mais aussi aux patient.e.s. Planète Santé  : Comment en êtes-vous arrivée à vous intéresser aux thématiques de genre en médecine ? Dre Carole Clair  : J’ai longtemps vécu dans l’illusion que l’égalité entre hommes et femmes était acquise. Le déclic a eu lieu à la naissance de ma première fille, née juste avant notre départ aux États-Unis. A Boston, j’ai découvert des modèles très ouverts  : des professeur.e.s avec une excellente carrière scientifique qui dégageaient du temps pour leur famille. Une fois en Suisse, cela a été un dur retour à la réalité. J’avais l’impression de devoir faire mes preuves sur tous les plans  : montrer ma motivation académique pour rester dans la course et justifier que ma carrière ne m’empêchait pas d’être une bonne mère. On me demandait sans cesse comment je gérais un 80% avec trois enfants, alors que du côté de mon mari, qui exerce aussi une profession médicale, la diminution du temps de travail lui a été refusée. Il y a vraiment un double standard entre ce qui est attendu d’un homme et d’une femme. PROPOS RECUEILLIS PAR ANOUK PERNET Sur les bancs des écoles de médecine, il y a davantage d’étudiantes que d’étudiants. Pourtant, les femmes sont toujours sous-représentées parmi les médecins, les chercheur.se.s et les enseignant.e.s. Pourquoi cette différence ? Les causes sont principalement structurelles. Le modèle professionnel médical demande un taux de travail peu compatible avec une vie de famille. Il y a des difficultés à stimuler la relève. Les hommes représentent la majorité des professeur.e.s et des chef.fe.s de clinique. Cette absence de modèles féminins est décourageante pour les jeunes femmes, qui représentent pourtant 60% des étudiant.e.s en médecine. Dans la vie professionnelle, les femmes médecins se retrouvent confrontées à la croyance qu’elles sont moins compétentes que les hommes. Elles subissent le stéréotype qu’un certain taux de testostérone est nécessaire pour gérer une équipe. Même dans les milieux plutôt féminins, il y a une inégalité des chances. Dans les soins infirmiers, les femmes représentent 80% des employés, mais les postes de cadre sont occupés majoritairement par des hommes. Il y a un véritable plafond de verre qui limite l’ascension des femmes. Quelles solutions peuvent être mises en œuvre pour lutter contre ces inégalités ? L’organisation doit être rendue compatible avec une vie familiale, en adaptant le temps de travail et en mettant en place des solutions de garde. Il faut également lutter contre les biais à l’engagement. Les commissions de recrutement doivent respecter des exigences de postulations féminines. Lors de l’évaluation du dossier, il faut être attentif aux biais inconscients. On a vu par exemple qu’une femme ne sera pas jugée assez autonome si elle a beaucoup de collaborations professionnelles, alors que pour un homme, ce même fait est considéré comme le signe d’un réseau étendu. Grâce à des commissions attentives au genre, on peut prendre des décisions équitables.
REBECCA BOWRING



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