Planète Santé n°33 mar/avr/mai 2019
Planète Santé n°33 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Éditions Médecine & Hygiène

  • Format : (200 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la mort des soins palliatifs ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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46 fiche maladie planète santé – mars 2019 sont utilisés dans tous les cas en fonction de la sévérité de l’obstruction bronchique et des symptômes. > Les corticoïdes en inhalations sont utilisés en cas d’exacerbations fréquentes et dans les cas les plus sévères. En cas d’exacerbation aiguë, l’administration temporaire de corticoïdes par voie générale peut parfois être nécessaire. > L’association de plusieurs familles de médicaments peut être indiquée afin d’espacer les exacerbations. > le recours aux antibiotiques est nécessaire en cas de poussées infectieuses. La vaccination  : les sujets souffrant de BPCO sont plus vulnérables aux infections respiratoires, c’est pourquoi on préconise le vaccin contre la grippe et celui contre les pneumocoques, une bactérie couramment impliquée dans les infections respiratoires.Les approches techniques  : en cas d’emphysème sévère, le tissu pulmonaire est progressivement détruit par l’inflammation et les substances relâchées par celle-ci (enzymes). Les poumons sont distendus et occupés par de grosses bulles. Cette distension limite la fonction respiratoire et contribue fortement à l’essoufflement. Visuellement, le thorax de ces patients peut prendre une forme caractéristique dite « en tonneau ». Des interventions chirurgicales ou par endoscopie (bronchoscopie) visant une réduction de volume des poumons atteints par l’emphysème peuvent améliorer le confort respiratoire. La chirurgie permet d’enlever les parties du poumon détruites, alors que l’approche par bronchoscopie permet d’entraîner la fermeture des parties du poumon non fonctionnelles en plaçant des valves ou des petites spirales. Dans les stades les plus avancés de la maladie, le recours à l’oxygène et à l’assistance respiratoire est parfois nécessaire. La transplantation pulmonaire peut être indiquée dans les stades les plus avancés, mais sous certaines conditions. Evolution et complications possibles A L’évolution naturelle de la maladie est caractérisée par une aggravation progressive des symptômes, c’est-à-dire un essoufflement plus prononcé et une limitation respiratoire toujours plus handicapante au quotidien. En marge de ces symptômes, le patient peut présenter des exacerbations, le plus souvent liées à des infections. Au cours de ces exacerbations, l’essoufflement, plus prononcé, peut nécessiter une hospitalisation et la prise d’antibiotiques. Il n’est d’ailleurs pas rare que le patient doive faire l’objet d’hospitalisations répétées. La maladie évolue par paliers, avec à chaque fois une aggravation des symptômes et une tolérance à l’effort toujours plus faible. De plus, l’atteinte pulmonaire représente une charge pour le cœur pouvant induire une insuffisance cardiaque. Une prise en charge bien conduite et un traitement bien suivi ont généralement une influence positive sur la maladie. Si cela permet de freiner la progression des symptômes, on ne revient malheureusement jamais en arrière. Les complications principales portent sur les capacités respiratoires (essoufflement plus important) et sur le cœur. Dans les phases avancées, et après vingt à trente ans d’évolution de la maladie, la survenue d’une insuffisance respiratoire exige souvent une assistance respiratoire et un apport en oxygène. Prévention Pour éviter d’être atteint de BPCO  : il est fortement recommandé de ne pas fumer et, pour les fumeurs, d’arrêter, ce qui peut changer radicalement la situation ; limiter le plus possible l’exposition aux polluants professionnels et domestiques (chauffage ou cuisine au charbon par exemple). Lorsqu’on est malade, les mesures pour limiter l’évolution de la maladie et prévenir les complications sont les suivantes  : l’arrêt du tabac ; la vaccination contre la grippe et les pneumocoques ; pratiquer une activité physique régulière pour augmenter les capacités cardiorespiratoires et diminuer les symptômes et leur impact sur la vie de tous les jours ; une nutrition saine  : viser un poids normal (IMC supérieur à 22 et inférieur à 30 kg/m2). Lorsqu’on a un poids trop faible, on a moins de muscles respiratoires et on est plus rapidement limité dans les activités de la vie quotidienne. A l’inverse, avec un poids trop élevé, on a besoin de plus d’énergie pour respirer et se déplacer, ce qui occasionne également plus d’essoufflement. De plus, l’obésité limite la fonction respiratoire.
plus d’articles sur planetesante.ch a Quand contacter le médecin Plusieurs situations peuvent se présenter et nécessiter une consultation médicale.Entre 40 et 45 ans, en cas de tabagisme régulier ou d’exposition à risque à des polluants, il est important de faire un dépistage chez le médecin de famille, dans l’objectif de pouvoir enclencher les mesures de prévention adéquates.La présence des symptômes suivants  : toux chronique (plus de huit semaines, mais au-delà de trois semaines il faut déjà s’inquiéter), essoufflement même lors d’efforts modérés comme monter les escaliers par exemple, et diminution des performances respiratoires gênant le quotidien et poussant à modifier ses habitudes. Lorsque le diagnostic de BPCO a déjà été établi et qu’il y a une aggravation des symptômes, il faut contacter le médecin sans délai. Il convient de faire appel au médecin de garde ou de se rendre aux urgences si l’on est en proie à un essoufflement important avec ou sans les symptômes d’exacerbation. Un changement brutal dans le niveau d’essoufflement doit aussi alarmer. De même, une rétention d’eau (œdèmes) au niveau des jambes et des chevilles, associée à un essoufflement, ne doit pas être prise à la légère, car c’est un signe de répercussion de la maladie pulmonaire sur le cœur. Informations utiles au médecin Vous aiderez le médecin à établir son diagnostic si vous lui signalez les éléments ci-dessous. Les facteurs précipitants  : tabagisme, exposition à des polluants domestiques ou professionnels. Les cas de BPCO dans la famille et des éventuelles prédispositions génétiques (cas d’emphysème). La présence d’un asthme, d’allergies avérées ou de manifestations allergiques. Les symptômes respiratoires tels que de la toux (sèche ou productive), la survenue de surinfections bronchiques ou la présence de douleurs thoraciques. L’essoufflement, avec une quantification aussi précise que possible (situations qui le provoquent ou l’aggravent, par exemple). La survenue d’infections répétées et sévères (bronchiolites) durant l’enfance. Les éventuels traitements reçus, dont ceux pour soigner les symptômes respiratoires de la BPCO. a Examens 47 En cas de suspicion de BPCO, plusieurs examens devront être effectués pour permettre au médecin d’établir le diagnostic. L’examen clinique repose sur l’évaluation de plusieurs paramètres  : le contrôle des pulsations cardiaques, une auscultation cardiopulmonaire, l’observation du thorax. On mesure ensuite le taux d’oxygène dans le sang (au bout du doigt) grâce au saturomètre. La capacité respiratoire est évaluée dans un premier temps chez le généraliste à l’aide du « peak flow », un appareil en forme de petit cylindre, dans lequel le patient doit souffler de toutes ses forces. L’examen le plus important est la spirométrie. Il s’agit d’un examen fonctionnel pulmonaire réalisé à l’aide d’un spiromètre, au cours duquel le patient doit faire une expiration forcée pour révéler la présence, ou non, d’une obstruction bronchique, marqueur de la BPCO. Le patient remplit complètement ses poumons, puis les vide lors d’une expiration maximale. Ce test peut souvent être réalisé chez le généraliste. Si ce dernier n’est pas équipé, il se fera chez un pneumologue. Après un premier test, l’administration d’un bronchodilatateur et une deuxième spirométrie permettent de déterminer si l’obstruction est réversible (si elle diminue ou disparaît  : c’est le cas lors d’un asthme), ou si elle est peu modifiée (ce qui est le cas lors de BPCO). Un test de marche est réalisé pour estimer les performances physiques du patient. La fréquence cardiaque, le taux d’oxygène dans le sang, la distance parcourue et le degré d’essoufflement sont mesurés. Une prise de sang est utile d’une part pour faire la différence entre un asthme et une BPCO (en cas d’asthme, présence possible de marqueurs d’allergie dans le sang), d’autre part pour savoir si le patient est atteint d’une forme génétique de la BPCO (1 à 2% des cas) par un dosage de l’enzyme alpha-1 antitrypsine. Une radiographie des poumons, ou le plus souvent un scanner, permet de voir l’étendue des lésions pulmonaires et de déterminer l’évolution de l’emphysème. Un électrocardiogramme ainsi qu’un avis de spécialiste en cardiologie permettront d’évaluer les répercussions de la maladie sur le cœur. Références Pour en savoir plus  : www.liguepulmonaire.ch/fr/maladieset-consequences/bpco/symptomes.html Références scientifiques  : www.goldcopd.org (en anglais)



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