Planète Santé n°33 mar/avr/mai 2019
Planète Santé n°33 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°33 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Éditions Médecine & Hygiène

  • Format : (200 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,6 Mo

  • Dans ce numéro : la mort des soins palliatifs ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 fiche maladie planète santé – mars 2019 fiche maladie La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) La bronchopneumopathie chronique obstructive ou BPCO 1 est l’une des conséquences insidieuses du tabagisme. En effet, une exposition répétée au tabac, ainsi qu’à d’autres polluants, provoque à la longue un rétrécissement des voies respiratoires, avec son lot de symptômes  : toux chronique, expectorations et essoufflement. Un diagnostic est indispensable pour freiner l’évolution de cette maladie qui touche près de 400’000 personnes en Suisse. 1 Le terme générique de bronchopneumopathie obstructive chronique (BPCO) regroupe un ensemble de maladies respiratoires, dont les plus connues sont la bronchite chronique obstructive et l’emphysème. texte Elodie Lavigne EXPERT Pr Jean-Paul Janssens, responsable de l’Unité de pneumologie ambulatoire et centre antituberculeux des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) désigne un groupe de maladies respiratoires touchant essentiellement les voies aériennes, depuis les bronches jusqu’à la périphérie des poumons (les alvéoles). En Suisse, 7 à 10% de la population est concernée. Dans 90% des cas, la BPCO est une conséquence du tabagisme, mais elle peut aussi résulter d’une exposition prolongée à des substances irritantes dans l’industrie ou l’agriculture, ou encore à la combustion de bois et de charbon dans les pays émergents (pollution domestique). A long terme, l’inhalation de la fumée du tabac (ou d’autres polluants) altère les muqueuses des voies respiratoires, causant une inflammation et une augmentation des sécrétions locales, qui provoquent leur obstruction. La probabilité d’être concerné par la maladie augmente avec le nombre d’années de consommation du tabac (ou d’exposition à d’autres irritants), et donc avec l’âge. ô 00 ô Non traitée, la BPCO affecte sérieusement la qualité de vie des malades  : le manque de souffle (dyspnée) va entraîner une intolérance à l’effort et progressivement limiter les activités quotidiennes. A terme, la maladie peut conduire notamment à des infections respiratoires répétées, à une insuffisance respiratoire ou à une atteinte cardiaque secondaire. Symptômes La BPCO peut se développer selon deux pôles différents, en fonction de déterminants génétiques. Les symptômes varient selon que le patient souffre plutôt de bronchite chronique ou d’emphysème (dilatation excessive et permanente des alvéoles pulmonaires, avec rupture de leurs cloisons).
plus d’articles sur planetesante.ch Symptômes de la bronchite chronique obstructive  : une toux chronique avec des expectorations (toux grasse, dite « toux du fumeur ») ; un essoufflement croissant, associé à une inflammation chronique des bronches qui limite de plus en plus le passage de l’air ; des poussées infectieuses (exacerbations) sous forme de bronchites, nécessitant la prise d’antibiotiques et pouvant conduire à des hospitalisations fréquentes. Les patients atteints auront, à un stade avancé, une cyanose (lèvres, muqueuses et peau bleues) et des chevilles enflées (œdèmes). Symptômes de l’emphysème  : peu de toux et moins d’exacerbations, mais un souffle court. Plus la maladie avance, plus les fonctions respiratoires sont altérées, avec pour conséquence un essoufflement de plus en plus invalidant pour le patient, qui voit ses activités physiques toujours plus restreintes au quotidien. L’amaigrissement est fréquent, parfois très important. CausesDans 80% des cas, la BPCO est causée par le tabagisme (cigarettes, pipe, cigare, marijuana, etc.). De plus en plus de fumeurs de joints relativement jeunes développent des formes sévères d’emphysème. La pollution intérieure, surtout dans les pays émergents, avec l’utilisation de carburants de type biomasse (cuisine au charbon ou au bois, par exemple). La pollution atmosphérique. Un air fortement pollué joue un rôle très probable dans la survenue de ces troubles. L’exposition aux biomasses (foin, moisissure, décomposition biologique) dans le contexte agricole. Des facteurs génétiques, dont l’ampleur est certainement sous-estimée. Par exemple, un déficit en alpha 1 antitrypsine (une protéine qui protège les tissus contre des enzymes produites par les cellules inflammatoires) d’origine génétique entraîne un emphysème potentiellement sévère et pouvant survenir déjà chez l’adulte jeune même en l’absence de tabagisme. La survenue de maladies pulmonaires dans l’enfance (bronchiolites sévères et graves infections respiratoires, notamment en lien avec la prématurité). L’asthme méconnu ou insuffisamment traité. Facteurs de risqueLe tabac sous toutes ses formes est le facteur de risque numéro un.L’âge  : il faut en effet un certain temps pour que les dégâts au niveau des poumons 45 soient perceptibles. Les symptômes débutent communément dans la cinquantaine. Le sexe  : la BPCO est plus fréquente chez l’homme que chez la femme. Des facteurs génétiques, dont beaucoup sont probablement encore méconnus. Le statut socio-économique. La prévalence de la maladie est en effet plus élevée dans les couches basses de la population que dans les couches élevées. Des infections respiratoires sévères répétées dans la petite enfance. Des formes d’asthme chronique non diagnostiquées, qui touchent en majorité les femmes. Cet asthme sous-traité perd sa réversibilité et conduit au développement d’une maladie qui ressemble en tout point à la BPCO. Traitements La prise en charge de la BPCO dépend de la forme de la maladie exprimée majoritairement par le patient  : bronchite chronique obstructive ou emphysème. Dans tous les cas, elle inclut plusieurs axes de traitement (lire ci-dessous). L’objectif est de freiner la dégradation des fonctions respiratoires. Mesures visant à modifier l’hygiène de vie  : > L’arrêt du tabagisme  : c’est sans doute la mesure dont les effets sont les plus spectaculaires, tant sur la progression de la maladie que sur ses symptômes. > Un régime adapté et du mouvement  : en cas d’emphysème, on observe une perte de la masse maigre (muscle) et un amaigrissement. Le suivi de l’état nutritionnel avec un ajustement des besoins, mais aussi un contrôle de la masse musculaire (mesure du diamètre des cuisses et des biceps), s’avèrent indispensables pour le pronostic du patient. L’essoufflement causé par la maladie peut conduire à la sédentarité  : le patient bouge moins pour minimiser sa sensation d’inconfort. Or, il risque ainsi de se déconditionner. Et moins il fait d’effort, plus il sera essoufflé et vite fatigué. Pour mettre fin à ce cercle vicieux, des programmes de réhabilitation respiratoire sont proposés. Ils consistent à redévelopper la masse musculaire ainsi que la tolérance à l’effort dans le but d’améliorer les performances au quotidien. Ce traitement est sans doute le plus efficace pour lutter contre l’invalidité que peut causer la maladie. Les médicaments  : > les bronchodilatateurs agissent sur la faible part de réversibilité de la maladie et améliorent le confort du patient. Les béta2-mimétiques et les anticholinergiques ouvrent les voies aériennes et permettent de mieux respirer. Ils



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