Planète Santé n°21 oct/nov/déc 2015
Planète Santé n°21 oct/nov/déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de oct/nov/déc 2015

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Éditions Médecine & Hygiène

  • Format : (200 x 265) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : un futur hôtel des patients en Suisse romande.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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42 fiche maladie planète santé – octobre 2015 fiche mALADie L’épicondylite L’épicondylite est une inflammation douloureuse embrasant l’épicondyle, cette structure osseuse légèrement saillante située sur la face externe du coude. Rencontrée surtout chez les adultes âgés de 35 à 50 ans, l’épicondylite met au défi une vaste palette de traitements, incluant la chirurgie pour les cas les plus récalcitrants. EXPERT Dr Grégoire Chick FMH en Chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil locomoteur FMH en Chirurgie de la main TEXTE Laetitia Grimaldi Connue sous le terme de « tennis elbow », l’épicondylite est redoutée des joueurs de tennis, mais sévit bien au-delà des terrains sportifs. Et pour cause, elle résulte de l’inflammation des muscles de l’avant-bras à l’endroit où ils s’insèrent sur l’extrémité de l’humérus, l’épicondyle. Or cette inflammation n’est pas uniquement le fait de gestes sportifs, mais de toute activité sollicitant de façon trop intense, répétée ou inadaptée les avant-bras, poignets ou doigts. Deux formes de la pathologie se distinguent  : l’épicondylite latérale, dont la douleur est concentrée sur la face externe du coude (c’est le « tennis elbow » ou « coude du joueur de tennis ») et l’épicondylite médiale (aussi appelée épitrochléite, ou « coude du golfeur ») , pour laquelle la douleur irradie du côté interne du coude. La première, de loin la plus fréquente, peut toucher des joueurs de tennis mais aussi des artisans de l’horlogerie ou encore des professionnels du bâtiment. L’épicondylite médiale, beaucoup plus rare, est la résultante de positions inadaptées ou répétées verrouillant les poignets en position fléchie. Les pianistes par exemple peuvent en être victimes. 00 Dans le détail, les mauvaises postures ou les microtraumatismes répétés provoquent d’infimes saignements au point d’insertion des fibres musculaires sur l’épicondyle. Avec le temps, ces lésions ressemblant à des « gerçures » cicatrisent mais sous forme de fibres dures et douloureuses. A ce stade, une prise en charge s’impose pour éviter que la douleur ne devienne chronique. Plusieurs traitements peuvent être proposés avec un objectif double  : calmer la crise inflammatoire douloureuse et ré-assouplir les fibres musculaires lésées. La saviez-vous ? Quand elle devient chronique, la douleur causée par l’épicondylite n’est plus seulement localisée dans le coude, mais également inscrite dans le cerveau. A l’instar du « membre fantôme » qui fait encore souffrir après une amputation, la douleur se grave comme un souvenir susceptible d’être ravivé à tout moment.
plus d’articles sur planetesante.ch Symptômes Q Les symptômes de l’épicondylite se caractérisent par une douleur profonde accentuée en cas de pression sur l’épicondyle ou lors de l’exécution du geste à l’origine du problème. La zone douloureuse se concentre sur la face externe du coude en cas d’épicondylite latérale et sur la face interne en cas d’épicondylite médiale. Causes La douleur peut s’installer progressivement à force de tensions ou de mauvaises positions de travail sollicitant les muscles de manière répétée. Elle peut également survenir subitement lors d’un choc au niveau du coude. Parmi les situations à risques  : → Poste de travail exposant à une tension musculaire récurrente. Par exemple, pour un horloger, tâche réalisée en tension musculaire les bras décollés de la table de travail. → Activité traumatisante pour les muscles et articulations des bras. Par exemple, l’utilisation fréquente d’engins vibratoires comme le marteau-piqueur infligeant de violentes vibrations sur les bras. → Pratique d’un sport nécessitant des gestes explosifs des bras. Le tennis (risque d’épicondylite latérale) mais également le golf ou le lancer de poids (risque d’épicondylite médiale). → Mauvaises positions de travail. → Changement subit des outils ou installations sur le poste de travail. → Au tennis, changement de grip modifiant la taille de la poignée de la raquette ou nouveau cordage. → Choc violent au niveau du coude. Facteurs de risque L’épicondylite touche 1 à 3% de la population. L’âge d’apparition se situe entre 35 et 60 ans, hommes et femmes semblent concernés de la même façon. Les facteurs de risque sont  : → la présence de microtraumatismes préexistants ; → le tabac ; → l’obésité. A noter que la pratique du tennis ne concerne que 5% des épicondylites, mais 50% des joueurs de tennis amateurs présentent cette pathologie (en raison d’erreurs techniques le plus souvent). Traitements La prise en charge peut prendre plusieurs formes, depuis la simple correction de la posture à l’origine du traumatisme jusqu’à l’intervention chirurgicale en cas d’échec des traitements conservateurs proposés. Le parcours de soins et le succès du traitement sont très variables d’un patient à un autre. Si le champ des possibilités est vaste, un impératif est de ne pas s’enfermer dans une seule logique  : si un traitement ne donne pas de résultats satisfaisants au bout de trois ou quatre semaines, un autre devra être envisagé avec le médecin. Premières mesures En cas d’épicondylite, l’étape initiale est d’identifier la source du traumatisme et, autant que possible, adapter le poste de travail en fonction du problème qui aura été décelé. Les conseils d'un médecin du travail ou d’un ergothérapeute pourront être précieux. Pour soulager les crises inflammatoires douloureuses Plusieurs options sont possibles, sur avis médical et en laissant à chacune le temps de faire ses preuves avant d’en envisager une autre  : → immobilisation du poignet à l’aide d’un soutien adapté pour le maintenir en extension, et ainsi soulager la tension des muscles de l’avant-bras. → Application de « tape » ou bande maintenant une pression soulageant coude et avant-bras. → Application trois à quatre fois par jour d’une poche de glace sur la zone douloureuse. → Prise d’anti-inflammatoires par voie orale ou localement sous forme de pommade ou de gel. → Infiltration  : injection locale de cortisone dans la zone inflammatoire. Une injection peut être prescrite, éventuellement renouvelée une fois en respectant un délai de plusieurs mois entre les deux. L’effet anti-inflammatoire est ressenti de façon variable dans le temps, mais aucune conclusion ne peut être tirée avant quatre à six semaines compte tenu du caractère « retard » du produit. Deux effets secondaires localisés à la zone d’injection sont à prendre en compte  : un risque de dépigmentation de la peau (phénomène réversible) et une action sur la graisse sous-cutanée qui va rendre la peau légèrement transparente (effet qui peut perdurer dans le temps). → injection de plasma riche en plaquettes (PRP). Cette méthode utilise le sang du patient lui-même, dont le plasma passé en centrifugeuse regorge de molécules naturellement cicatrisantes. Encore très récent (moins de dix ans), le procédé montre des résultats prometteurs, mais le recul est encore insuffisant pour en tirer des conclusions définitives. → injection d’hormones de croissance. Récente et encore sujette à un certain scepticisme, la méthode est utilisée dans certains pays, mais elle doit encore faire la preuve de son efficacité. 43



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