Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Idées genres IDÉES Genres 46 - Philosophie QUESTION PHILOSOPHIE de vie n°7 68 sont reconnues comme telles par les deux sexes, même s’il existe en ce domaine des complicités « sexuée «. En revanche, les émotions négatives (colère, chagrin, culpabilité et, surtout, angoisse) sont fréquemment source d’incompréhensions entre hommes et femmes. Les femmes se référant à un langage de rapport et d’intimité, et les hommes à un langage de statut et d’indépendance, la communication entre hommes et femmes peut alors se comparer à une communication interculturelle. C’est dire qu’elle sera exposée à des incompréhensions liées aux différents styles de conversation. Ces différences ne sont pas des différences de dialecte, mais des différences de genre. On entend généralement dire que les femmes sont plus émotives mais aussi plus expressives. Incontestablement, les femmes connaissent des variations d’émotions plus fortes. Elles expriment plus intensément leurs peines mais aussi leurs joies. D’une manière plus générale, les scientifiques ont montré que les femmes adoptaient souvent un point de vue plus positif sur leurs proches et étaient plus portées à voir en chacun le meilleur. Dans la sphère professionnelle comme dans la vie privée, incontestablement, les femmes connaissent des variations d’émotions plus fortes. Elles expriment plus intensément leurs peines mais aussi leurs joies. Un rapport différent aux autres Les femmes ont clairement un mode d’expression et de fonctionnement différent des hommes. On trouve sur le site internet des consultants Weidlich Consulting un texte intéressant sur les différences de style de direction entre les femmes et les hommes dans certains domaines. L’auteur y cite une recherche menée par l’Institut Gallup auprès de 80 000 cadres américains sur un laps de temps de 35 ans. Manière de se présenter aux autres  : Les hommes sont visiblement supérieurs aux femmes dans ce domaine, bien qu’ils aient plus souvent tendance à exagérer. Les femmes sont aujourd’hui encore bien trop modestes. Concurrence  : Les hommes et les femmes ne se considèrent comme concurrents que lorsque leurs objectifs et leurs intérêts coïncident, et qu’ils visent par conséquent le même poste ou la même position. Les hommes hésitent moins que les femmes à entrer en concurrence entre eux pour des postes ou du pouvoir. Les femmes tissent des réseaux, pas des structures hiérarchiques. On remet donc facilement en question les compétences d’une femme qui recherche visiblement le pouvoir. Agressivité  : En privé et au travail, les hommes sont plus agressifs que les femmes. Les statistiques de la criminalité, et notamment de la criminalité économique, le prouvent de manière impressionnante dans le monde entier. Un comportement agressif n’est cependant déterminé que d’une moindre manière par le sexe. C’est plutôt la structure de personnalité qui compte. Les femmes réagissent négativement à des propos blessants ou injustes, qu’ils aient été tenus par une autre femme ou par un homme. Quant aux hommes, ils réagissent de manière particulièrement agressive à l’agressivité verbale ou physique d’autres hommes. Les femmes réfléchissent plus à leur propre agressivité que les hommes, et ont tout à fait raison de le faire. Motivation à diriger  : Les hommes ont tendance à chercher à occuper des positions de pouvoir pour jouir d’avantages matériels et pour leur bénéfice personnel, ainsi que pour offrir à leur famille un bon niveau de vie. Les femmes sont plus axées sur le développement personnel et des objectifs plus nobles. Disponibilité à aider autrui  : Les femmes s’engagent souvent avec loyauté et donnent de leur temps lorsque qu’on a besoin de leur aide. Les cadres masculins préfèrent proposer spontanément une aide pratique, et seulement si cela correspond à un rôle masculin ; il s’agit souvent de mentorat. Style de communication et de langage  : Les femmes ont tendance à exprimer de manière indirecte leurs désirs, leurs positions et leurs exigences, de manière peu claire pour leurs interlocuteurs. Les hommes disent de manière plus directe ce qu’ils pensent et donnent des ordres clairs. Gestion du changement  : Les cadres féminins s’adaptent souvent plus facilement au changement que les hommes et communiquent à ce sujet. Les hommes préfèrent en rester au statu quo, même si ce dernier correspond à une situation non optimale.
François Héritier Les analyses de Bourdieu et Héritier Françoise Héritier montre dans son ouvrage « Masculin/Féminin. La pensée de la différence » (Éditions Odile Jacob) que c’est l’observation de la différence des sexes qui est au fondement de toute pensée, aussi bien traditionnelle que scientifique. A ce propos, l’auteur Radka Radimska a réalisé une étude passionnante sur « la différence des sexes en tant que fondement de la vision et de la division du monde ». Elle y explique notamment l’analyse de Pierre Bourdieu à l’occasion de ses recherches ethnologiques sur la société kabyle. D’après Bourdieu, dans la société kabyle, les différences sexuelles sont encore immergées dans l’ensemble des oppositions organisant tout l’univers, et toute la cosmologie y est sexualisée. « La vision du monde est ici la division du monde, qui repose sur un principe de division fondamentale, distribuant toutes les choses du monde en deux classes complémentaires. Introduire l’ordre, c’est diviser l’univers en entités opposées. Toutes les choses et les activités sont, dans cette société, divisées selon l’opposition entre le masculin et le féminin, et cette division, essentiellement arbitraire, apparaît comme une nécessité objective et subjective. » ajoute-t-elle. « La différence biologique et anatomique entre les sexes apparaît ensuite comme une raison naturelle de la différenciation sociale entre les genres. Ainsi, la pensée s’enferme dans une tautologie, où la différence physique des sexes est à la fois cause et conséquence du système sexué de perception du monde. » écrit Radka Radimska. Et de conclure  : « On peut se poser une question à savoir si ces structures de réflexion et de perception sont déjà pétrifiées comme fondement de la raison humaine, et donc si le monde extérieur ne nous est accessible qu’au travers des polarités entre l’Un et l’Autre, ou si ces structures peuvent être modifiées. La possibilité du changement semble réelle vu que la frontière entre l’Un et l’Autre, le masculin et le féminin, n’est jamais aussi nette qu’on pourrait le penser. Nous sommes, au fond, tous androgynes, sur plusieurs plans et à différents degrés, et nous portons une part de l’altérité ou de l’étrangeté au sein de nous-mêmes. Nous devenons femme ou homme par l’intermédiaire de l’éducation, qui fait taire les ambiguïtés et nous mène à refouler l’autre partie de soi (Badinter, 1986). En conséquence, la philosophie contemporaine accentue plutôt la diversité que la polarité. » Si les femmes et les hommes pensent souvent différemment, ce serait donc plutôt une question d’éducation, de milieu social, d’études et non uniquement une question de genre. Ruben Gur, professeur de psychologie à la faculté de médecine de l’Université de Pennsylvanie nous mettra certainement tous d’accord en affirmant  : « Il est aussi frappant de constater combien les cerveaux de la femme et de l’homme sont Si les cerveaux des hommes et des femmes sont différents, cela s’expliquerait également en raison des hormones sexuelles. POUR ALLER PLUS LOIN vraiment complémentaires. » Parler de complémentarité plutôt que de différence, n’est-ce pas là la plus belle des conclusions ? n I.N. DIFFÉRENCES COGNITIVES ? Et si vraiment les hommes et les femmes ne pensaient pas de la même manière ? Et si ces différences dans la façon d’aborder les problèmes, petits ou grands, ne tenaient pas seulement à l’histoire, au milieu et à l’éducation ? Et si elles avaient une racine biologique et neurologique ? Doreen Kimura montre en tout cas, preuves scientifiques à l’appui, que les effets des hormones sexuelles se font sentir dès le début de la vie sur l’organisation du cerveau et qu’elles influencent ensuite son développement, ce qui pourrait expliquer les divergences cognitives entre les sexes. Bref, il y aurait vraiment des différences entre le cerveau des hommes et le cerveau des femmes. De la provocation ? Pas si sûr... « Cerveau d’homme, Cerveau de femme ? », de Doreen Kimura, Odile Jacob, 27,90 € . Philosophie de vie n°7 - 47 QUESTION PHILOSOPHIE 69



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