Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Idées genres IDÉES Genres A la lumière des connaissances actuelles en neurosciences, on serait tenté de croire que les vieux préjugés sur les différences biologiques entre les hommes et femmes ont été balayés. Ce n’est manifestement pas le cas, surtout quand on parle de cerveau, d’intelligence et de structuration de la pensée. Un point s’impose. Le cerveau a-t-il un sexe ? Et si les hommes et les femmes ne pensaient pas de la même manière ? Et si ces différences dans la façon d’aborder les problèmes, petits ou grands, ne tenaient pas seulement à l’histoire, au milieu et à l’éducation ? Et si elles avaient une racine biologique et neurologique ? Les recherches en cours tendent à montrer que nos aptitudes et nos personnalités sont loin d’être figées dans le cerveau. Grâce à ses formidables propriétés de « plasticité », celui-ci fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue, et cela que l’on soit une femme ou un homme ! Genre & différences cognitives 42 - Philosophie QUESTION PHILOSOPHIE de vie n°7 64 « DE L’HYSTÉRIE FÉMININE » Au XVIII e siècle, aussi bien les théoriciens de l’éducation et quelques psys que les auteurs de « manuels de bonne conduite » sont partis du postulat que les femmes, trop sujettes aux émotions, trop fragiles, sont incapables de pensée rationnelle ou abstraite. Heureusement, la Recherche a depuis montré les limites de cette théorie. Les mystères de la pensée féminine Les différences cognitives entre les femmes et les hommes fascinent les chercheurs depuis des décennies. Récemment, les scientifiques de l’International Institute for Applied Systems Analysis ont utilisé des données nationales pour étudier les différences entre les sexes dans les performances cognitives chez les populations d’âge moyen en Europe. Ils révèlent que l’ampleur des différences des tâches cognitives varie systématiquement en fonction des âges, du sexe, des régions et surtout des conditions de vie et de l’éducation. Ainsi, les femmes auraient une meilleure capacité d’attention, une plus grande mémoire des mots et des visages et des résultats supérieurs aux tests d’intelligence sociale tandis que les hommes les surpasseraient en capacité et vitesse de traitement de l’information. Une histoire de chromosomes ? C’est en 1959 que les chercheurs découvrent que sur les 46 chromosomes que contiennent chaque cellule, deux d’entre eux sont spécifiquement liés au sexe de l’individu. Ce sont les fameux chromosomes X et Y. L’idée est simple  : les
hommes présentent un chromosome Y et un chromosomeX, alors que les femelles présentent deux chromosomesX. C’est précisément ce chromosome Y qui entraîne le déterminisme sexuel par un mécanisme encore mal connu. Durant les premiers temps de la vie embryonnaire (6 à 7 semaines), le fœtus est totalement indifférencié  : il n’a ni testicules ni ovaires mais de simples gonades. Par la suite, sous l’action de gènes appartenant aux chromosomes sexuels (notamment le gène SRY), ces gonades se différencient en organes génitaux masculins ou féminins. Il existe bien des différences au sein des cerveaux masculins et féminins sur le plan biologique, et elles sont logiques. Les hormones sexuelles (spécifiques selon le sexe) sécrétées par les organes reproducteurs, pénètrent dans le cerveau et vont influencer la formation de circuits de neurones. Or, puisque les hormones sont différentes, on dit du cerveau qu’il est « sexuée ». Ainsi, chez la femme, les neurones de l’hypothalamus (une structure du système nerveux central) s’activent périodiquement pour déclencher l’ovulation, ce qui n’est pas le cas chez l’homme. Il existe donc des différences induites par l’imprégnation hormonale. Pour le reste, il semblerait que seuls l’environnement et l’apprentissage puissent modifier la structure de cet organe. Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherche à l’Institut Pasteur explique  : « Il n’y a pas de différence anatomique entre les cerveaux des fœtus filles et garçons. Les gènes qui permettent de construire les hémisphères cérébraux, le cervelet et le tronc cérébral sont en effet indépendants des chromosomes X et Y. Le schéma structurel est donc exactement le même. » Des décennies de recherches Mais revenons aux premières recherches sur la question. Au début du XIX e siècle, les médecins anato- mistes ont cherché à comprendre l’esprit humain à travers la forme des bosses du crâne. Dans la deuxième partie du XIX e siècle, on est passé du crâne au cerveau. Les neurologues ont cherché avec passion à établir des relations entre le volume du cerveau et l’intelligence. Pour une majorité d’entre eux, il était évident que le cerveau des hommes était plus gros que celui des femmes. Le médecin français Paul Broca a largement contribué à défendre ces thèses. D’après ses mesures du volume et du poids de cerveaux de cadavres, il calcula une différence de 181 g entre le poids moyen des cerveaux des hommes (1325 g) et des femmes (1144 g). En 1861, dans un ouvrage intitulé « Sur le volume et sur la forme du cerveau suivant les individus et suivant les races », il finit par conclure que le cerveau masculin est plus lourd que le cerveau des femmes. Mais il va beaucoup plus loin en affirmant  : « Pourtant il ne faut pas perdre de vue que la femme est en moyenne un peu moins intelligente que l’homme ; différence qu’on a pu exagérer, mais qui n’en est pas moins réelle. Il est donc permis de supposer que la petitesse relative du cerveau de la femme dépend à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle. » On croit rêver ! Ces idées reçues ont perduré tout au long du XX e siècle et il faut attendre les années 1980 pour voir apparaître les premières études sérieuses sur les différences structurales entre le cerveau de l’homme et celui de la femme. La théorie des deux cerveaux Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherche à l’Institut Pasteur qui a beaucoup travaillé sur le lien entre genre, sexe et cerveau, explique  : « Dans les années 70, des chercheurs américains lançaient la théorie des 2 cerveaux  : l’hémisphère gauche serait spécialisé dans le langage et le raisonnement analytique, tandis que le droit serait spécialisé dans la représentation de l’espace et les émotions Il existerait une différence de 181 g entre le poids moyen des cerveaux des hommes (1325 g) et des femmes (1144 g). Philosophie de vie n°7 - 43 QUESTION PHILOSOPHIE 65



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