Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Philosophie d’hier PHILOSOPHIE D’hier « Il vaut mieux subir l’injustice que la commettre. » (Socrate) problème pour lui, car sa façon de voir la vie se situait sur un autre plan. Très célèbre de son vivant, il est cependant difficile de se faire une opinion objective de l’homme tant les légendes abondent à son sujet. Tantôt attiré par les femmes, tantôt par les hommes en fonction des écrits, le fait est qu’il séduisait et disposait d’un véritable charisme alors que son physique n’en faisait pas un Apollon. Preuve en est que son aspect physique ne l’empêchait pas de séduire. Un nez fort, des lèvres épaisses, des traits grossiers, il n’avait a priori rien d’attirant à première vue à marcher ainsi dans les rues, abordant les passants. Il est cependant reporté qu’il n’était pas intéressé par l’argent, n’ayant que peu de besoins, la fortune ne faisait pas partie de ses ambitions. On ne lui connaît pas d’autres métiers que l’enseignement de la philosophie. Un homme qui vivait donc de peu alors que ses élèves provenaient pour la plupart de classes très aisées et qu’il fréquentait donc au quotidien des jeunes gens d’une condition supérieure socialement. Les grands témoins et la Question Socratique Aristophane, Platon et Xénophon sont les trois grands témoins qui 32 - Philosophie de vie n°7 32 UN ENSEIGNEMENT ATYPIQUE On ne connaît pas les maîtres ou professeurs de Socrate, mais il commença son enseignement très tôt. Vers l’âge de 25 ans, on reporte qu’il arpentait les rues pour discuter au hasard des rencontres. Une façon de faire qu’il gardera jusqu’à la fin de sa vie, dialoguant avec tout un chacun, dans la ville d’Athènes, abordant les uns et les autres, se déplaçant pieds nus. Sa réputation se fait lentement à tel point qu’il devient une sorte de sage dans la cité, qui pratique assidûment la méditation. nous ont permis de connaître Socrate, l’homme et surtout le philosophe. Tous trois l’ont fréquenté personnellement, ce qui explique que l’on se fie plus particulièrement à leurs écrits plutôt qu’à ceux qui le citent et l’évoquent, mais ne l’ont connu que de façon indirecte, tel Aristote. Une différence notable est cependant à noter entre Aristophane et les deux autres, le premier n’était pas un élève de Socrate mais son contemporain. Les deux autres étaient ses disciples, et donc bien plus jeunes. Les historiens et philosophes qui se sont penchés sur les écrits de ces trois grands auteurs ont tenté de définir le profil de la pensée socratique par croisement des éléments communs, un travail complexe, à tel point qu’on a désigné ces débats sous le nom de « question socratique ». Aristophane, autre grand témoin de la pensée socratique. C’est le témoignage de Xénophon qui a longtemps été considéré comme le plus fidèle, mais il fut en grande partie remis en question du fait que l’homme était plus un historien, chef militaire de son métier, plutôt qu’un philosophe véritablement susceptible de saisir toutes les nuances de la pensée socratique. A contrario, cela permet d’aborder Socrate sans le prisme du philosophe. De ce point de vue, impossible de remettre alors en cause le témoignage de Platon, qui devint l’un des grands philosophes de son temps. Cependant, il semble logique d’avoir confiance dans les premiers ouvrages de Platon, alors qu’il est encore en formation de sa future pensée que dans les plus tardifs où il développe évidemment de plus en plus sa philosophie personnelle et où sa vision de Socrate est modifiée. La vision que donne Platon de Socrate change avec les années. Dans les dialogues de jeunesse, c’est l’aspect moral et vertueux qui est mis en avant. Dans la seconde époque, Socrate apparaît au contraire comme un philosophe complet explorant tant la physique que la science ou la religion. Les deux disciples se sont exprimés via des « dialogues socratiques » qu’il convient de ne pas prendre au pied de la lettre, mais comme une symbolique. En effet, un peu comme dans la Bible, ce type de dialogue correspondait à un type de littérature, il ne s’agit pas de simples comptes rendus. Il est essentiel avant d’aborder la pensée socratique d’avoir en tête ces éléments, car il convient d’être conscient du fait que cette pensée a donné lieu à différents courants, dénommés écoles (de Platon, de Cyrène, etc.). Il n’est pas non plus illogique que chacun des élèves de Socrate ait décidé de retenir certains des aspects de la pensée du philosophe et non pas l’intégralité, ce qui ne rend pas aisée la lecture de la pensée du père de la philosophie, mais rend passionnante son étude. Socrate, le premier Sage ? La sagesse était une qualité largement reconnue par les Grecs, et les maîtres étaient considérés effectivement comme les enseignants ou modèles de cette qualité indispensable. La différence avec Socrate est qu’il n’est justement pas un véritable sage. Il affirme au contraire tout au long de sa vie qu’il ne « sait rien » et que cela est justement la base de toute construction morale et vertueuse. S’il est resté dans les mémoires, c’est parce qu’il constitue une rupture par rapport aux « sages » traditionnels du passé, que l’on qualifiera à partir de là de présocratiques. Si Socrate sait qu’il est ignorant, il est en charge d’une mission  : en dialoguant avec les citoyens d’Athènes, il tente de leur faire toucher du doigt le fait qu’ils sont effectivement ignorants afin de les mettre sur le chemin de l’apprentissage. Cette prise de conscience est la seule pour
celui qui veut atteindre la sagesse. Comme de nombreux philosophes grecs, il faut également se détacher des contingences matérielles pour aller vers la vie du juste. Un style nouveau d’une grande modernité Si le nom de Socrate s’est transmis à travers les siècles, c’est grâce à son incroyable modernité. L’homme est un philosophe à part, qui va servir de modèle pour des générations à venir. Son originalité tient à sa personnalité et à sa façon de ne pas se prendre au sérieux, du moins en apparence et à ne pas se considérer comme supérieur. En tous les cas, l’homme souhaite aller vers la sagesse et emprunte un chemin bien à lui, chemin qu’il tente d’ouvrir pour les autres, parfois de façon surprenante. En discutant ainsi à tout-va avec les citoyens, il trace sa voie et incite l’autre à raisonner pour parvenir à une vie meilleure. Cette sorte d’entraide entre les hommes est la meilleure piste à suivre pour tendre vers l’idéal de sagesse. Par sa vie exemplaire, mais aussi par sa mort, Socrate et en quelque sorte le philosophe idéal qui parvient à mettre en pratique dans sa vie son enseignement. « Ceux qui désirent le moins de choses sont les plus près des dieux. » (Socrate) Il est un sage très présent dans la société, dont la méthode se rapproche de l’interpellation, voire de la provocation et du « remue-méninges », et non par le retrait dans une réflexion solitaire. Focus sur la vertu selon Socrate Socrate a érigé la vertu en qualité maîtresse dans la vie d’un homme. Philosophie de vie n°7 - 33



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