Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
EXPERT Surmonter toutes les épreuves DOSSIER « Surmonter toutes les épreuves » SERGE PROVOST PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE UNE DETTE ENVERS LE STOÏCISME « En dépit de ses failles et de ses insuffisances (quelle morale n’en comporte pas ?) , de grands esprits de l’époque moderne comme Montaigne, Pascal, Descartes et Voltaire reconnaissent tous une dette intellectuelle envers le stoïcisme. Ils citent avec profusion et respect les maîtres de l’école dite du Portique. Le « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes » de Candide porte le sceau philosophique du stoïcisme. Quand Voltaire disait  : « J’ai choisi d’être heureux, car c’est bon pour la santé », il parle encore en stoïcien. Qu’on soit d’accord ou pas avec ses analyses, une des grandes contributions du stoïcisme réside dans la formation du jugement moral des individus à partir de situations concrètes de la vie quotidienne. On ne les a pas baptisés « moralistes pratiques » pour rien. En leur temps, les stoïciens invitaient leurs disciples à anticiper leurs réactions à des maux dont ils auraient un jour à subir les rigueurs. Ils leur soumettaient quelques questions du genre  : « Comment réagiriez-vous si advenait un revers de fortune, la perte de la santé, la mort d’un être cher ». Ils posaient ces questions non pas uniquement dans le but d’amortir le choc, de toute façon inévitable, mais de les entraîner à l’adversité, de les pénétrer des grands principes fondamentaux. » Des concepts fondamentaux Ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous C’est la distinction rectrice de toute la morale stoïcienne  : le sage, selon Épictète, doit s’exercer à ne vouloir que ce qui dépend de lui et à subir sans rechigner ce qui n’en dépend pas. C’est le sens de la devise stoïcienne  : apéchou kai épéchou, c’està-dire « supporte et abstiens-toi ». L’assentiment & le choix réfléchi Il s’agit de ne désirer que ce qui dépend de nous. Il faut donc faire ce qui est en notre pouvoir et subir sans colère ce qui n’en dépend pas. 24 - Philosophie QUESTION PHILOSOPHIE de vie n°7 24 L’ataraxie Cette notion est partagée avec les épicuriens et la plupart des écoles antiques. L’idée, c’est que notre état initial est celui du trouble intérieur, et qu’il faut précisément la philosophie pour parvenir à la paix de l’âme et donc au bonheur, conçu négativement comme l’absence de troubles. Pour Épictète, on atteindra l’ataraxie en ne voulant jamais rien pour soi-même et en se pliant à l’ordre de la nature. La liberté Le sage est libre lorsqu’il consent à l’ordre universel, c’est-à-dire lorsqu’il est maître de sa volonté en décidant absolument de toutes ses pensées, opinions et représentations. Panorama de la morale stoïcienne « Vivre conformément à la nature » Telle est la grande maxime des stoïciens  : entendons par là que le sage doit vivre en accord avec la raison universelle ou logos divin et y consentir en faisant abstraction de tout désir personnel. Seul celui qui ne veut rien qui aille à l’encontre de l’ordre du monde pourra espérer atteindre la sagesse  : STOÏCISME & SAGESSE « Tout est opinion. Et l’opinion dépend de toi ». C’est invitation de Marc-Aurèle résume à elle seule la pensée stoïcienne. pour les stoïciens, le bonheur se confond à ce point avec la vertu qu’on peut, disent-ils, être heureux sous la torture, pourvu qu’on y demeure vertueux. Il faut porter son attention aux principes universels  : ce qui dépend de nous, c’est de consentir à ce qui ne dépend pas de nous (autrement dit ce qui dépend de nous, c’est la maîtrise de notre volonté). Le sage est libre lorsqu’il consent à l’ordre universel, c’est-à-dire lorsqu’il est maître de sa volonté. « Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les évènements, mais l’idée qu’ils se font des évènements. » et « Il ne faut pas demander que les évènements arrivent comme tu le veux, mais il faut les vouloir comme ils arrivent ; ainsi ta vie sera heureuse. » (Epictète)
« Les hommes sont malheureux mais la philosophie peut les aider à sortir du malheur » Malgré une quête incessante de bonheur, les êtres humains sont fondamentalement malheureux. Ils sont sans cesse frustrés, angoissés, inquiets. Ils vivent dans le malheur parce qu’ils cherchent aveuglément à acquérir des biens, des situations, des états qu’ils ne peuvent obtenir. Comme l’épicurisme, le stoïcisme assigne à la philosophie une tâche thérapeutique. Il ne suffit pas de vivre, mais de bien vivre. Et la philosophie doit servir cette noble fin. En cela, le stoïcisme est un eudémonisme. Il doit guérir les nombreuses maladies de l’âme et permettre l’atteinte de la sagesse qui seule calmera les maux dont l’être humain s’afflige. Comme l’épicurisme, le stoïcisme assigne à la philosophie une tâche thérapeutique. Le Stoïcisme se révèle d’une incroyable modernité au XXI e siècle. « Supporte et abstiens-toi » C’est la devise de tous les stoïciens d’hier et d’aujourd’hui. Dans cette formule d’Épictète se trouve résumée l’attitude d’acceptation qui devrait être celle de l’être humain devant ce qui ne dépend pas de sa volonté, notamment la souffrance et les épreuves. Épictète écrit  : « Ne te demande pas que les choses arrivent comme tu les désires, mais qu’elles arrivent comme elles arrivent, et tu couleras des jours heureux ». « Supporte et abstiens-toi de changer ce qui ne peut l’être ». « Change ce qui dépend de toi » Nous disposons d’un réel pouvoir. Nos idées, nos valeurs, nos préjugés, nos interprétations, nos émotions, nos désirs, nos attitudes, nos opinions, nos habitudes, nos réactions dépendent entièrement de nous. « Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur ces choses », dit Épictète. Pratiquer le détachement dans l’attachement Face aux épreuves, les stoïciens nous ont appris que la seule manière d’atteindre la paix consiste donc à se détacher de toutes ces choses, pour se retirer dans la citadelle imprenable de notre liberté intérieure. Là où personne ne peut nous contraindre, là où nous jouissons d’une parfaite indépendance. Ainsi, dans une quelconque épreuve, l’homme sage ne récrimine pas contre le cours du monde, ne s’emporte pas en vain, mais s’attache au contraire à ce qui dépend de lui  : il maîtrise sa crainte, qui seule est terrible, ne se laisse pas entraîner par ses représentations, refuse son assentiment aux délires de l’imagination et reste libre et maître de lui-même. En relisant ses préceptes, force est de constater que le stoïcisme peut toujours aujourd’hui être une réponse aux difficultés de la vie et aux nombreuses épreuves que nous subissons. Une preuve de plus que cette philosophie ancienne se révèle plus universelle et intemporelle qu’on aurait pu le penser. n G.F. Philosophie de vie n°7 - 25



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 1Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 2-3Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 4-5Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 6-7Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 8-9Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 10-11Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 12-13Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 14-15Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 16-17Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 18-19Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 20-21Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 22-23Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 24-25Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 26-27Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 28-29Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 30-31Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 32-33Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 34-35Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 36-37Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 38-39Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 40-41Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 42-43Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 44-45Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 46-47Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 48-49Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 50-51Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 52-53Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 54-55Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 56-57Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 58-59Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 60-61Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 62-63Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 64-65Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 66-67Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 68-69Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 70-71Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 72-73Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 74-75Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 76-77Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 78-79Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 80-81Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 82-83Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 84