Pharmag n°4 jan/fév/mar 2005
Pharmag n°4 jan/fév/mar 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : OCP Répartition SAS

  • Format : (180 x 270) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 1,2 Mo

  • Dans ce numéro : trajectoires, la police scientifique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 ››› TRAJECTOIRES Police scientifique La pharmacie au s Quel a été votre parcours ? « J’ai effectué mes études de pharmacie à la faculté de Lyon. Après mon internat de biologie, j’ai été pendant trois ans attachée des hôpitaux, en radio-immunologie. À l’époque, il était recommandé d’être de plus en plus spécialisé mais ça ne me correspondait pas ! En 1985, j’ai entendu parler de la police scientifique. Je me suis présentée au bureau des CRS et personnels administratifs du ministère de l’Intérieur, qui s’occupait également du recrutement des scientifiques de la police nationale, et j’ai été acceptée ›› Marie-Hélène Cherpin Directrice du laboratoire de la police scientifique de Paris sur dossier et entretien. Aujourd’hui, la démarche est différente puisqu’il faut passer un concours de la fonction publique. Nommée au ministère de l’Intérieur, j’étais en charge de la liaison entre Le travail de la police scientifique est passionnant mais, attention, ce n’est pas du roman ›› ! les laboratoires et l’administration de police. Il s’agissait surtout de réfléchir à la meilleure façon d’utiliser les outils scientifiques, au service des enquêtes. À l’époque, j’étais seule, Le master « Analyse et Contrôle » à Lyon Pour se former aux méthodologies et aux contraintes de l’expertise judiciaire, policière et civile, et donc de la police technique et scientifique, il existe à Lyon le master « Analyse et contrôle » qui se subdivise en quatre « parcours », dont la criminalistique. Il s’adresse notamment aux pharmaciens qui ont validé leur 2 e cycle d’études et se déroule sur un an, dont six mois de stage en entreprise. Ses principaux débouchés professionnels sont les secteurs de la chimie analytique appliquée à la toxicologie et à l’analyse de traces, ou de la biologie moléculaire appliquée à la criminalistique. désormais l’équipe compte une trentaine de personnes ! La matérialisation de la preuve est devenue incontournable ; les enquêteurs ont très bien compris que c’était un procédé très utile pour eux. En 1994, mon travail devenait un peu trop administratif et j’ai ressenti l’envie de retourner en laboratoire. J’ai été nommée directrice adjointe du laboratoire de Paris*, puis directrice, un poste que j’occupe toujours. Notre équipe, constituée de 90 personnes, se compose pour moitié de scientifiques, ainsi que de policiers et de personnels administratifs. » Quelles sont les activités d’un laboratoire de la police scientifique ? « Les laboratoires de la police scientifique dépendent de la Direction centrale de la police judiciaire. Nous intervenons après les enquêteurs et après ceux que nous appelons les « gestionnaires de la scène d’infraction » qui font les prélèvements
sur les lieux du crime. Les enquêteurs, aussi bien policiers que magistrats, nous envoient ensuite ces prélèvements pour analyse. Il arrive également que nous intervenions aux assises pour témoigner sur nos expertises. Les analyses relèvent de plusieurs domaines : la génétique, qui est omniprésente, la balistique (étude des armes et munitions), la physiquechimie qui concerne toutes les traces non biologiques (morceaux de verre, de plastique, traces de terre…), les résidus après explosion que nous rencontrons fréquemment, les documents écrits, dactylographiés ou manuscrits, l’analyse des stupéfiants et la toxicologie qui permet d’identifier dans un liquide ou des tissus corporels un produit ayant pu causer la mort. À ce titre, il faut préciser que ce sont les études de pharmacie qui préparent le mieux à la toxicologie ! » Quels messages souhaitez-vous faire passer aux étudiants ? « Tout d’abord, mes études de pharmacie m’ont énormément servi ! Cette formation permet d’acquérir une excellente culture scientifique, qui m’est très utile aujourd’hui. Par exemple, quand on me parle de chromato en phase gazeuse, même si je ne suis pas une spécialiste, je sais de quoi il s’agit ! Par ailleurs, faire quatre ans d’internat apprend à travailler et à s’adapter à toutes les situations, dont certaines peuvent être très difficiles. Ensuite, la police scientifique est passionnante et intrigante mais, attention, ce n’est pas du roman ! Sans participer directement aux enquêtes, nous sommes au courant des faits, très souvent d’origine criminelle, et nous devons analyser toutes sortes de traces et d’objets liés au délit... Ce travail peut ne pas plaire à tout le monde ! Enfin, l’un des grands intérêts de la police scientifique est d’être le point de rencontre entre deux mondes qui se méconnaissent : le scientifique et le judiciaire. C’est très enrichissant. » ■ * En France, il existe cinq laboratoires de la police scientifique basés à Paris, Lyon, Lille, Marseille et Toulouse. Examen sous loupe binoculaire des débris d’un sac brûlé. Cloche du métalliseur servant à recouvrir d’une fine pellicule d’or la surface des objets à examiner en microscopie électronique. ervice de la vérité Le concours de la police technique et scientifique L’entrée au sein de la sous-direction de la police technique et scientifique, créée en 1985, se fait par concours de la fonction publique. Celui-ci est ouvert, notamment, aux docteurs en pharmacie âgés de moins de 35 ans et de nationalité française. Le concours comporte une phase classique d’admissibilité et une autre d’admission. Les lauréats accomplissent ensuite un stage d’un an avant d’être titularisés ou… reclassés. La gendarmerie scientifique En parallèle de la police technique et scientifique, il existe l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, ou IRCGN, à Rosny-sous-Bois, qui relève de la sous-direction de la police judiciaire. Il compte actuellement 193 personnes, dont 6 pharmaciens, et comprend 3 divisions criminalistiques : physique et chimie, ingénierie et numérique, identification humaine. L’entrée au sein de l’IRCGN se fait également par concours. POUR EN SAVOIR ✚ Le master « Analyse et Contrôle » à Lyon http://master-analyse-controle.univ-lyon1.fr/Le concours de la police technique et scientifique www.interieur.gouv.fr La gendarmerie scientifique www.defense.gouv.fr 7



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