Pharmag n°21 jan à jun 2011
Pharmag n°21 jan à jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de jan à jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : OCP Répartition SAS

  • Format : (277 x 416) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : urgences à l'officine, comment agir ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le saviez-vous ? 8 Pharmag n°21 La pharmacie d’officine en Europe : quel avenir ? Les instances européennes s’intéressent aux officines et au marché des médicaments. Le point sur les débats en cours avec Philippe Liebermann, vice-président Europe pour la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), et Alain Delgutte, chargé des questions européennes au sein du Conseil central A de l’Ordre national des pharmaciens. Philippe LiebermannEn juin 2009, la Cour de justice des Communautés européennes a établi le principe de subsidiarité des États membres dans l’organisation de leur système de santé. Que représente cette décision ? Philippe Liebermann : « Avec le traité de Rome, le médicament était considéré comme toutes les marchandises, suivant le principe de liberté totale de circulation, une vision qui correspond à la position de la Côté OCP Point, le site professionnel de l’OCP, propose une rubrique permettant de trouver les équivalences d’un médicament d’un pays à l’autre, simplement à partir du nom. Pour des médicaments, étrangers par exemple, dont le pharmacien et le patient ne connaîtraient pas le nom, cette recherche peut également être effectuée grâce à un moteur utilisant les caractéristiques du médicament : composition, indications, couleur, forme… Commission européenne. Or, en instituant le principe de subsidiarité, la Cour européenne affirme que le médicament est un bien à part et qu’il appartient à chaque État de prendre des décisions pour réguler ce marché comme il l’entend. Ce principe me paraît fondamental. » Alain Delgutte : « En effet, il est essentiel que chaque État mette le curseur de la sécurité où il le souhaite au nom du principe de santé publique. Grâce à la subsidiarité, à l’inverse de notre pays, la Suède a pu déréguler son système de commercialisation des médicaments pour en autoriser la vente dans les supermarchés. À l’échelle de ce pays, cette décision se comprend, car la Suède souffre d’un très mauvais maillage territorial des officines : des pharmacies parfois éloignées de plusieurs centaines de kilomètres, une pharmacie de garde la nuit à Stockholm pour tout le pays. En France, la situation est vraiment différente, car l’État impose une pharmacie pour 2 500 habitants. Chaque pays a ses spécificités, l’Europe doit en tenir compte. » Alain Delgutte L’information au patient fait encore l’objet de débats. Qui doit en avoir la responsabilité : les laboratoires ou les pharmaciens ? P.L. : « Si les laboratoires aiment communiquer auprès des patients, le Parlement européen se montre plus réservé sur cette question en s’opposant à l’information si elle prend la forme de publicité.
Le citoyen doit en effet avoir accès à une information indépendante. Pour cela, il paraît important de mettre en place des experts externes chargés de cadrer la question de l’information aux patients. » A. D. : « Je suis tout à fait d’accord sur l’idée de contrôler l’information délivrée par les laboratoires. Elle doit être neutre et cadrée par les médecins et les pharmaciens sans inciter à la consommation. Pour 2011, la présidence hongroise de l’Europe a mis ce sujet au rang de ses priorités, c’est une bonne nouvelle. » Comment doit-on traiter les patients européens qui se feraient soigner ailleurs que dans leur pays d’origine ? P.L. : « La problématique du commerce transfrontalier est très épineuse, car chaque pays a son propre système de santé. De nombreuses questions se posent encore : comment un citoyen européen se fait-il rembourser un traitement suivi à l’étranger ? Comment gérer son ordonnance à l’officine ? etc. La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France est favorable à ce que tous les citoyens européens puissent être soignés où qu’ils soient dans l’Union. Comme il est impossible de connaître les règles spécifiques de chaque pays, nous préconisons l’application des règles nationales. » A. D. : « Le sujet est encore en discussion au sein des instances européennes, mais quelques principes se dégagent, comme la nécessité d’une autorisation du pays d’où le patient est originaire pour les soins médicaux spécifiques, tels que la fécondation in vitro. Il est également possible d’imaginer qu’un patient qui bénéficie d’un traitement pour une maladie rare indisponible dans son pays puisse obtenir le remboursement de ses soins. Par ailleurs, il semble indispensable à nous, pharmaciens, que la délivrance de médicaments sur ordonnance ne touche pas à notre déontologie et que nous puissions toujours refuser de vendre un produit si nous décelons une interaction ou une contre-indication. » Autre sujet d’actualité qui concerne de près les pharmaciens : la vente de médicaments sur Internet. Quelles sont vos positions sur cette pratique ? P.L. : « Encore une fois, le médicament est un produit bien spécifique et il me semble capital de rester vigilant sur sa commercialisation. » A. D. : « Effectivement, quand on sait que 60% des médicaments actuellement vendus sur Internet sont des contrefaçons, la vigilance est de mise. Dans le cas où elle serait applicable en France, l’Ordre national des pharmaciens réfléchit à un portail sécurisé qui dirigerait l’internaute uniquement vers des pharmacies « de brique et de mortier » et qui apporterait des garanties aux acheteurs en ligne. Par ailleurs, il me paraît essentiel d’appliquer les règles de commercialisation du pays destinataire (celui de l’acheteur). Je pense aussi que tous les médicaments ne peuvent pas être vendus sur le Web. Rien ne remplace le dialogue avec un pharmacien qui connaît son patient ou, s’il ne le connaît pas, se renseigne sur ses traitements au DP et lui apporte ainsi un conseil sur mesure. » Quel avenir pour les pharmaciens en Europe ? P.L. : « Je suis assez confiant. Le Groupement pharmaceutique de l’Union européenne (GPUE), une entité à laquelle nous appartenons, est un puissant outil de lobbying reconnu comme un expert auprès des instances européennes. En outre, la Cour de justice des Communautés européennes a bien compris la spécificité du médicament et la notion de santé publique, c’est un atout précieux. » A. D. : « À titre personnel, je suis plutôt optimiste car l’Europe ne nous impose pas un modèle unique. La jurisprudence est maintenant bien établie : chaque État, compte tenu de la spécificité du médicament, peut organiser la chaîne de distribution comme il le souhaite. » Quelques repères 1957 : Signature du traité de Rome qui fixe la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux. 1959 : Création du GPUE (Groupement pharmaceutique de l’Union européenne), qui assure la promotion et le développement de la coopération entre pharmaciens d’officine européens. Aujourd’hui, le GPUE représente plus de 350 000 pharmaciens d’officine. 19 mai 2009 : Un arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes conforte l’indépendance du pharmacien et réaffirme le principe de subsidiarité des États en matière de système de santé. 1 er juin 2010 : La Cour de justice des Communautés européennes rend son verdict quant à la réglementation des Asturies (Espagne) pour la création de nouvelles pharmacies. Elle estime que les règles d’installation en vigueur constituent une restriction à la liberté d’établissement mais que de telles mesures se justifient tant qu’elles ne sont pas discriminatoires et touchent à des raisons d’intérêt général. Pharmag n°21 9



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