Pharmag n°20 jui à déc 2010
Pharmag n°20 jui à déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de jui à déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : OCP Répartition SAS

  • Format : (180 x 270) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : les entretiens phamaceutiques, quèsaco ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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100% Pharma 10 Pharmag n°20 Pharmacien Médecin Cap sur la PAES ! En cette rentrée 2010, la loi impose que les étudiants en pharmacie côtoient ceux de médecine et d’odontologie, mais aussi les futures sages-femmes dans une première année d’étude commune. Quelles seront les conséquences de ce nouveau dispositif ? Après plus d’un an de travail, les universités viennent de mettre en place la première année d’étude en santé (PAES) imposée par la loi. Le principe : réunir les futurs médecins, pharmaciens, dentistes et sages-femmes autour d’un programme commun pour leur permettre d’accéder à quatre concours différents plutôt qu’à un seul. Au second semestre, chacun choisit un module spécifique en fonction des concours visés. Au travers de cette réforme, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche souhaite augmenter les perspectives de réorientation des étudiants, et donc, de réussite. Une mise en place complexe Pour mettre au point la PAES, les universités ont dû travailler individuellement sur différents aspects pédagogiques et affiner le programme, créer les enseignements dirigés (ED) en parallèle des cours magistraux, définir les enseignements spécifiques, les modalités des concours, etc. Si la PAES est au jourd’hui opérationnelle, plusieurs universités doivent encore réaliser la partie la plus épineuse du projet : la réorientation. La réforme prévoit que celle-ci soit possible dès la fin du premier semestre, une modalité qui ne sera, pour certains campus, effective qu’en 2012. « Une autre difficulté s’est posée pour quelques sites, notamment en Île-de-France, précise Dominique Porquet, doyen de Paris XI et président de la Conférence des doyens. Certaines universités ne disposaient pas d’UFR 1 de pharmacie. Or, la PAES implique un travail en commun entre ces unités et les UFR de médecine. » Pour surmonter ce handicap, des partenariats ont été instaurés avec la délégation de numerus clausus 2 de pharmacie dans les universités en difficulté. D’un point de vue logistique, réunir les étudiants de quatre cursus en un seul pose un problème de place. Pour éviter de pousser les murs, l’université de Paris XI a, comme d’autres, mis en place la vidéotransmission des cours. « C’est la seule solution pour permettre à nos étudiants, répartis sur deux sites et six amphis, de suivre simultanément les mêmes cours dispensés par les mêmes professeurs, explique Dominique Porquet. L’installation de caméras et de projecteurs a nécessité un investissement de 600 000 €, tiré du budget alloué au plan Réussir en licence 3. » Nouveaux programmes, nouvelles conditions de travail Malgré le recours à des systèmes comme la vidéotransmission, pour Maxime Beltier, président de l’ANEPF 4, les conditions de travail proposées aux étudiants ne sont pas satisfaisantes. « Auparavant, la 1 re année de pharmacie garantissait un travail en petits groupes dans une ambiance assez saine, explique-t-il. Avec la PAES, les étudiants risquent d’être noyés dans des amphis bondés. C’est une
Sage-femme Dentiste baisse de la qualité des conditions de travail à laquelle s’ajoute une perte pédagogique. » En effet, le programme proposé en PAES reprend très largement celui dispensé lors de l’ancienne première année de médecine, mais s’inspire moins du programme de pharmacie. « L’anatomie est très présente au détriment de la chimie, de la botanique et de la galénique, précise Maxime Beltier. Toutes ces matières classiquement enseignées aux étudiants en pharmacie dès la 1 re année devront être récupérées dans les suivantes. » D’autre part, le nombre global des étudiants suivant la PAES devrait être légèrement supérieur à la simple addition des différents cursus, mais, parallèlement, le nombre de places au concours fixé par les numerus clausus ne devrait pas évoluer. Ce phénomène pourrait donc rendre la réussite au concours plus difficile. Quel avenir pour le diplôme ? Cette réforme devrait avoir des conséquences sur la finalité des études. « À terme, nous devrions aboutir à un nouveau métier, analyse Dominique Porquet. Moins présentes, les sciences dures comme la physique-chimie sont remplacées par les sciences appliquées au métier de pharmacien. Les étudiants devraient donc acquérir des compétences qui les rendront plus professionnels, mieux préparés à l’exercice du métier. » Mélangés, pharmaciens et médecins pourront peutêtre, à terme, développer une culture commune qui n’existe pas jusqu’à présent. Une idée que Dominique Porquet manie avec prudence : « En 1 re année, alors que chacun prépare son concours et ressent une pression individuelle, j’ai du mal à croire que les étudiants se mélangeront davantage, explique-t-il. En revanche, une synergie est envisageable si la Témoignage L’expérimentation grenobloise L’année dernière, l’université de Grenoble a expérimenté un genre de PAES en réunissant les étudiants de 1 re année de pharmacie et de médecine autour d’un programme commun. « Pour faire face au problème de place lié au regroupement des étudiants, nous avons utilisé le cours sur DVD, déjà pratiqué à Grenoble depuis quelques années pour la 1 re année de médecine, explique Pierre Boutin, représentant des étudiants au conseil de l’UFR pharmacie. Ce système a permis de réduire les cours magistraux, tout en assurant un accompagnement des étudiants par le tutorat et des séances d’enseignements interactifs avec les professeurs. Du côté des contenus pédagogiques, notre programme était un bon compromis entre les savoirs liés à la pharmacie et à la médecine, même si des améliorations sont nécessaires. Enfin, sur le plan de la proximité entre les deux cursus, il n’y avait pas de vraie cohésion à cause notamment de la sous-représentation des étudiants en pharmacie. Selon moi, ce point devrait être amélioré en deuxième année avec, par exemple, des travaux en commun. » + d’infos sur www.pharmag.fr Rubrique Univers Pro/En France PAES débouche sur une 2 e année bien définie, un sujet auquel nous devons activement réfléchir. » La réforme prévoit en effet d’harmoniser le cursus de santé dans le système LMD 5, un objectif qui nécessite un travail en profondeur et la mobilisation de tous, universités et pouvoirs publics. « Nous n’avons pas d’autre choix que celui d’avancer, conclut Dominique Porquet. Cette 1 re année réformée est un vrai moteur pour nous pousser à mettre en place la suite du cursus. » 1. Unité de formation et de recherche. 2. Nombre d’étudiants, fixé par arrêté ministériel, pouvant être admis en 2 e année d’étude. Pour l’année scolaire 2009-2010 en pharmacie, le numerus clausus était de 3 090. 3. Programme gouvernemental ayant pour objectif de diviser par deux le taux d’échec en première année à l’université d’ici à 2012. 4. Association nationale des étudiants en pharmacie de France. 5. Licence-master-doctorat. Pharmag n°20 11

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