Pharmag n°19 jan à jun 2010
Pharmag n°19 jan à jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de jan à jun 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : OCP Répartition SAS

  • Format : (180 x 270) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : la pharmacie en Grande-Bretagne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
Enjeux 4 Pharmag n°19 Loi HPST Éducation thérapeutique du patient : le pharmacien en première ligne Adoptée le 21 juillet 2009, la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoires) reconnaît l’intégration de l’éducation thérapeutique dans le parcours de soin des patients atteints de maladie chronique. À l’hôpital ou en ville, certains pharmaciens sont déjà engagés dans ce type d’action. La preuve par l’exemple. Objet d’une pluie d’amendements avant son adoption le 21 juillet 2009, la loi HPST apparaît comme un texte de compromis. Mais, parmi les diverses mesures de ce texte tentaculaire qui vise à moderniser le système de santé français, il en est une qui a fait l’unanimité : un amendement précisant les missions du phar macien d’officine. Cet article, intégré au Code de santé publique, formalise notamment le rôle clé du pharmacien en matière d’éducation thérapeutique et d’accompagnement du patient. Des bénéfices indiscutables « L’éducation thérapeutique du patient ne se réduit pas à l’observance du traitement, précise Julie Rouprêt-Serzec, pharmacien hospitalier à l’AP-HP et titulaire du master 2 en éducation thérapeutique de la faculté de médecine Paris-XIII. L’objectif en est l’acquisition par le patient de compétences et de connaissances pour lui donner davantage d’autonomie et de responsabilités dans la gestion de sa pathologie et de son traitement. » Le malade apprend à faire connaître ses besoins, à repérer et analyser une situation à risques, à résoudre un problème de thérapeutique quotidienne, à pratiquer les gestes nécessaires à sa prise en charge, à réajuster sa thérapeutique à un nouveau contexte de vie, etc. Les bénéfices de l’éducation thérapeutique sont bien connus. Elle permet de limiter les risques de complication, de rechute, d’hospitalisation
Igor Dominguez, pharmacien titulaire à la Pharmacie du Village (Paris 4 e) et d’améliorer notablement la qualité de vie des patients. Ces bénéfices en termes de santé publique, indiscutables, se doublent de vraies économies de santé pour la collectivité. Cette démarche éducative est particulièrement adaptée aux pathologies chroniques, qui touchent environ 25% de la population française 1 et concentrent 60% des dépenses de santé. D’autant que les diverses études réalisées 2 montrent que, selon les maladies, 30 à 69% des patients sont non observants. VIH : de lourds enjeux Pour les patients infectés par le VIH, les enjeux de l’éducation thérapeutique sont particulièrement élevés. « L’efficacité des antirétroviraux suppose une observance d’au moins 95%, faute de quoi le malade risque d’être confronté à des infections opportunistes et résistances du virus au traitement », rappelle Julie Rouprêt-Serzec, qui a suivi des patients infectés par le VIH durant huit années à l’hôpital Robert-Debré-AP-HP, puis à l’hôpital Bichat-Claude-Bernard-AP-HP. Autres enjeux de l’éducation thérapeutique auprès de ces malades : la prévention des risques de transmission du virus, mais aussi de co-infection et de surinfection — « certains patients pensent ne prendre aucun risque au cours de rapports sexuels non protégés avec un ou des partenaires séropositifs » indiquet-elle — et le respect de règles hygiéno-diététiques. « Le suivi des patients est d’autant plus essentiel que la plupart des malades que je reçois sont asymptomatiques, explique de son côté Igor Dominguez, titulaire à la Pharmacie du Village, dans le Marais à Paris. Alors que la trithérapie est un traitement lourd, très long, générateur d’effets indésirables, avec des incidences qui peuvent être lourdes sur la vie sociale et intime. » L’éducation thérapeutique prend aussi tout son sens pour les malades vieillissants, touchés par des pathologies classiques de personnes âgées : l’hypercholestérolémie, l’hypertension… Infos clés Ce que prévoit la loi Un médiateur Le pharmacien est-il légitime pour mener à bien un projet d’éducation thérapeutique des patients ? « Évidemment ! C’est même le cœur de notre métier, être un acteur de santé publique : le pharmacien est un partenaire privilégié et un maillon fort du parcours de soin, renchérit Julie Rouprêt-Serzec. À côté du médecin traitant — pivot central —, le pharmacien est très accessible et un support complémentaire pour le patient. Combien de personnes n’osent pas avouer leurs écarts d’observance à leur médecin de peur de le décevoir ! » Spécialiste de la thérapeutique dans son ensemble, le pharmacien est naturellement compétent dès lors qu’il s’agit de transmettre et renforcer des messages concernant le bon usage des médicaments, de leurs effets indésirables, de leurs diverses formes galéniques, de leur mode de conservation, de l’organisation pratique de la prise de médicament, de la gestion des oublis et décalages… Julie Rouprêt-Serzec, pharmacien hospitalier à l’AP-HP et titulaire du master 2 en éducation thérapeutique de la faculté de médecine Paris-XIII « Combien de patients n’osent pas avouer leurs écarts d’observance à leur médecin de peur de le décevoir ! » Selon les termes de la loi HPST, les actions d’éducation thérapeutique seront encadrées par un cahier des charges national. Le pilotage, le maillage, le financement et l’évaluation de ces programmes seront confiés aux agences régionales de santé. Tout contact direct entre le patient et une entreprise exploitant un médicament ou un dispositif médical sera proscrit. Ces industriels et prestataires de services pourront toutefois contribuer au financement des actions d’éducation thérapeutique. Celle-ci restera non opposable au malade et ne conditionnera pas le taux de remboursement. Pharmag n°19 5



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :