Pharmag n°16 fév/mar/avr 2009
Pharmag n°16 fév/mar/avr 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de fév/mar/avr 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : OCP Répartition SAS

  • Format : (180 x 270) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 991 Ko

  • Dans ce numéro : Institut Pasteur, 120 ans de découvertes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 ››› 100% PHARMA La toute « 1 re année de santé » À la prochaine rentrée univer - sitaire, les étudiants de quatre cursus de santé feront « année commune ». En effet, la loi votée fin 2008 par l’Assemblée nationale* a instauré le principe d’une première année d’étude commune aux étudiants inscrits en médecine, odontologie, maïeutique et pharmacie. Sur le terrain, la nouvelle autonomie attribuée aux universités (loi LRU) permet toutefois à chacune d’entre elles d’instaurer dès la rentrée 2009 cette nouvelle 1 re année en fonction de ses moyens (nombre de places en amphithéâtre…). Sécuriser les cursus de la santé Pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, l’objectif de ce nouveau cursus commun est de limiter le nombre de redoublements à l’issue de la 1 re année. Les étudiants réorientés à la fin du 1 er semestre ou de la 1 re année pourront ainsi compléter leur formation scientifique avant de se réinscrire ultérieurement en 1 re année d’étude de santé. Un socle commun La 1 re année de santé se carac té - risera par un tronc commun de Vers une 1 re année mutualisée À partir de septembre 2009, les étudiants en médecine, odontologie, maïeutique et pharmacie pourraient partager leurs amphithéâtres. La rentrée 2009 devrait en effet marquer l’entrée en vigueur de la première année d’étude commune à ces quatre disciplines. Une étape symbolique dans la mutualisation des enseignements de santé. connaissances scientifiques fondamentales. À son terme, les étudiants des quatre disciplines devront avoir acquis, par concours, un total de 50 crédits communs (ou ECTS pour European Credit Transfer System) et de 10 crédits spé cifiques (voir « Témoignage »). Pour réussir leur 1 re année, les étudiants en pharmacie devront donc valider les matières du tronc commun, ainsi qu’un sous-groupe de matières propres. De nouveaux partenariats pour la santé La 1 re année commune rentre en fait dans le cadre d’une réforme nationale des cursus de santé impliquant une vaste refonte des enseignements. La Commission de pédagogie nationale des études pharmaceutiques (CNEP) s’efforce ainsi témoignage d’actualiser le programme des études de pharmacie – qui, à ce jour, fait toujours référence à l’arrêté de juillet1987 – en fonction de l’évolution des métiers de la pharmacie. À terme, l’objectif des pouvoirs publics est d’accélérer la mutualisation des enseignements de santé en créant notamment d’autres passerelles entre les licences et masters de pharmacie, de médecine ou même d’écoles d’ingénieurs. Les étudiants en médecine, phar macie, odontologie ou maïeutique devraient donc s’attendre à de nouveaux rapprochements de leurs disciplines et pourraient trouver une application dans le partage et la délégation de compétences. ■ * Une fois examinée par l’Assemblée nationale, la loi doit être approuvée par le Sénat pour être adoptée. Jean-Paul Belon, Vice-Président de la Commission de pédagogie nationale des études pharmaceutiques (CPNEP) « En France, trois commissions ont planché depuis 2002 sur la convergence des études de santé. La 1 re année commune a été définie grâce au dernier rapport rendu par Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dirigé par Valérie Pécresse. Il s’agit en fait d’un premier pas vers l’harmonisation des études scientifiques en Europe. La France, comme ses homologues de l’Union, souhaite adapter progressivement ses cursus de pharmacie ou de médecine de manière à dynamiser les échanges universitaires entre les pays européens. »
››› DÉCOUVERTES L’ec st asy, une drogue à la toxicité aiguë insoupçonnée QQuel était l’objectif de votre thèse mortalité. et pourquoi avoir choisi ce thème ? Julien Fonsart : « Une équipe de recherche du laboratoire avait constaté que l’administration de MDMA provoquait une mortalité significativement plus élevée chez les rats mâles que chez les femelles. Mon travail de thèse a consisté à étudier la toxicité aiguë, le métabolisme et la pharmacocinétique de la MDMA et à déterminer les mécanismes responsables de cette différence liée au sexe. Chez l’être humain, la toxicité aiguë de la MDMA se manifeste inopinément par une hyperthermie et un syndrome sérotoninergique potentiellement fatal en quelques heures, sans corrélation avec la dose ingérée. Comme chez le rat, la mortalité est plus élevée chez l’homme que chez la femme, avec un ratio de 4 hommes pour 1 femme. » À quels résultats avez-vous abouti ? J.F. : « Nous avons d’abord confirmé la différence de mortalité liée au sexe par la détermination de la dose létale 50 (DL50), c’est-à-dire la dose qui va provoquer 50% de Cette dose, environ trois fois plus faible chez les mâles que chez les femelles, était associée à une hyperthermie plus marquée chez ces derniers. Nous avons ensuite montré que cette différence était d’origine méta - bolique, avec la mise en évidence des activités des enzymatiques hépatiques plus importantes chez le mâle pour le CYP1A2, le cytochrome P450 qui catalyse la transformation de la MDMA en MDA, un métabolite actif. Injecté aux rats, ce composé s’est avéré plus toxique que la MDMA avec une DL50 quatre fois moins élevée, mais sans différence liée au sexe. In vitro, les enzymes hépatiques des mâles formaient trois fois plus de MDA. Les études pharmaco-cinétiques in vivo ont confirmé les taux plasmatiques plus élevés de MDA chez les mâles, qui sont de fait exposés plus longtemps à cette drogue très toxique, ce qui expliquerait la différence de mortalité entre les deux sexes. » Quelles sont vos conclusions quant à l’effet de la MDMA chez l’homme ? J.F. : « Comme l’humain semble présenter les mêmes différences La consommation d’ecstasy (MDMA*) s’est nettement accentuée chez les jeunes depuis dix ans. Pourtant, outre sa neurotoxicité à long terme largement rapportée, sa toxicité aiguë peut avoir des effets ravageurs allant jusqu’au décès, notamment chez les consommateurs masculins. Julien Fonsart, pharmacien praticien attaché au Laboratoire de toxicologie de l’hôpital parisien Lariboisière, nous l’explique dans sa thèse de doctorat d’université. d’activité enzymatique homme/femme que les rats pour le CYP1A2, nos résultats suggèrent que la différence de la formation de MDA pourrait aussi être à l’origine de la différence de mortalité observée chez l’humain. Par ailleurs, la formation de MDA serait favorisée par le tabac, puissant inducteur du CYP1A2, et par la fluoxétine, qui inhibe l’autre grande voie méta - bolique de la MDMA. Sachant que l’ecstasy est souvent consommée en association avec du tabac, du cannabis et éventuellement de la fluoxétine – qui est censée apporter une certaine protection contre ses effets neurotoxiques – il est très probable que sa toxicité aiguë soit fortement augmentée chez les consommateurs masculins et que leur risque de décès soit potentialisé. Une découverte cruciale pour la santé de tous. » ■ * Méthylènedioxyméthamphétamine. @ + d’infos sur www.pharmag.fr Tout savoir sur la publication de cette thèse 9



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