Pharmag n°14 mai/jun/jui 2008
Pharmag n°14 mai/jun/jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de mai/jun/jui 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : OCP Répartition SAS

  • Format : (180 x 270) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 13,4 Mo

  • Dans ce numéro : voyager autrement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
6 ››› TRAJECTOIRES En s’engageant dans l’internat, YannBouvet se destinait à la pharmacie hospitalière. Au bout du compte, il s’oriente vers une niche de l’industrie en devenant pharmacien adjoint d’une unité de production d’un médicament radiopharmaceutique. Il fait partie des quelque 200 radiopharmaciens dénombrés en France. Radiopharmacien Une spécialisation hautement technologique Qu’est-ce qui vous a motivé à faire des études de pharmacie ? « D’abord mon intérêt pour la chimie et la biologie. Et puis, le diplôme de pharmacien est assez valorisé. Il débouche sur un vaste champ d’activités en termes d’emploi. Mon cursus est un peu bizarre. Après dix ans d’études, consacrer encore quatre ans à une thèse d’université pour poursuivre une carrière hospitalo-universitaire me semblait trop long. Pendant mes années d’internat, j’ai découvert DESC de radiopharmacie et radiobiologie Le diplôme d’études spécialisées complémentaires de radiopharmacie et radiobiologie est accessible aux internes en pharmacie. Ces formations théoriques et pratiques sont sous la responsabilité d’un professeur dans chaque interrégion d’internat. Les enseignements pratiques se déroulent sur quatre semestres. Les enseignements théoriques, dispensés pendant et après l’internat par l’INSTN (Institut national des sciences et techniques nucléaires) du CEA, portent sur quatre unités de valeur (UV) : physique nucléaire et détection des rayonnements ionisants ; l’activité de fabrication de médicaments, d’abord dans le domaine de la cancérologie, puis dans celui de la radiopharmacie. Cette activité typiquement pharmaceutique m’a ensuite amené à préparer un DESC de radiopharmacie, un atout supplémentaire dans l’activité que j’exerce aujourd’hui. » Justement, expliquez-nous votre métier… « J’ai intégré l’un des trois laboratoires français spécialisés dans dosimétrie, radiobiologie, radiopathologie et radioprotection ; méthodologies ; radiopharmacie clinique. Une partie de l’enseignement radiopharmacie clinique est réalisée en anglais, dans le cadre de l’ERC (European Radiopharmacy Course). Elle est reconnue par l’EANM (European Association of Nuclear Medicine) en équivalence d’un module du cours européen intitulé « formation des personnes responsables de la production en petite quantité et du contrôle de qualité des radiopharmaceutiques ». 1 la production du seul médicament radiopharmaceutique marqué au F18* ayant une AMM : le FDG. La décroissance rapide de ce médicament nous oblige à produire de nuit le FDG afin d’assurer une livraison quotidienne à nos clients. En tant que pharmacien adjoint, ma première fonction concerne la libération de lot de production par délégation pharmaceutique. S’ajoutent à cela, en collaboration avec le responsable du site, l’encadrement d’une équipe de techniciens, la mise en application d’un système d’assurance qualité régi par les BPF (bonnes pratiques de fabrication) et la gestion des commandes produits. L’activité liée à la radioactivité impose de plus une formation complémentaire : formation PCR (personne compétente en radioprotection), qui nous rend garant des procédures de protection du personnel contre les rayonnements ionisants. » Quel est l’usage du FDG ? « Son indication principale concerne le diagnostic en cancérologie grâce à un examen appelé TEP- FDG : tomographie par émission de
2 positrons** au 18 fluoro-désoxyglucose. Cette méthode d’imagerie fonctionelle mesure en trois dimensions l’activité métabolique d’un organe, grâce à la détection des rayonnements ionisants émis par désintégration du Fluor 18 fixé à la molécule d’intérêt. L’hypermétabolisme des cellules cancéreuses et le piègeage du FDG dans ce type de cellule permettent, via une caméra TEP, de localiser une tumeur. La prise en charge d’un patient pour un examen TEP nécessite une logistique lourde et une communication sans faille entre notre structure et nos clients (les services de médecine nucléaire), d’où un rôle de contact technicocommercial pour les pharmaciens de site de production. » Travailler de nuit, n’est-ce pas pénible ? « J’alterne horaires de nuit (2 h/9 h) et horaires de jour (6 h/13 h), 5 jours sur 7. Ce rythme me convient, j’ai besoin de peu de sommeil à condition de maintenir une bonne hygiène de vie. La nuit, on optimise mieux son temps de travail : le téléphone sonne peu ! Et côté vie 3 4 personnelle, il y a des avantages : je vais chercher ma fille à la crèche à 16h. » Que diriez-vous à des étudiants attirés par la radiopharmacie ? « Dans l’industrie pharmaceutique classique, un lot de médicaments, c’est plusieurs milliers d’unités produites sur plusieurs mois. Dans notre laboratoire, nous fabriquons des lots de 23 monodoses injectables en 3 heures. Chaque minute est donc primordiale dans ce process. Faculté d’adaptation, vigilance et réactivité sont des qualités indispensables. La radiopharmacie est un univers hautement technologique et innovant, qui offrira dans un avenir proche de plus en plus d’opportunités dans les domaines industriels, hospitaliers et universitaires. En outre, les laboratoires du secteur industriel sont de petites structures qui responsabilisent leurs collaborateurs. Il faut y faire preuve de polyvalence. C’est motivant et formateur pour un jeune pharmacien. » ■ * Fluor 18. ** En physique des particules, le positron ou positon est l’antiparticule associée à l’électron. Il possède une charge électrique de + 1 (contre - 1 pour l’électron) et la même masse que l’électron. 5 1. YannBouvet, pharmacien adjoint. 2. Pharmacien, côté zone de pilotage (à gauche), et technicien, côté zone de production (à droite). 3. et 4. Préparation des documents de travail au niveau du poste de pilotage. 5. Technicien dans le laboratoire de contrôle qualité, manipulant une solution de FDG, derrière une vitre plombée. @ + d’infos sur www.pharmag.fr Des liens pour s’informer 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :