Pharmag n°14 mai/jun/jui 2008
Pharmag n°14 mai/jun/jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de mai/jun/jui 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : OCP Répartition SAS

  • Format : (180 x 270) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 13,4 Mo

  • Dans ce numéro : voyager autrement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 ››› ACTU & ENJEUX Médicaments en libre accès Sous l’œil averti du D’ici l’été, plusieurs médicaments non remboursables passeront devant le comptoir. Un libre accès qui demandera au pharmacien d’agencer différemment son officine et de renforcer encore son rôle de conseil vis-à-vis d’un consommateur de plus en plus responsabilisé. Le pharmacien plébiscité Selon une étude IPSOS de janvier 2008, le pharmacien joue un rôle de conseil primordial dans l’esprit des Français. 87% des personnes interrogées le considèrent comme un professionnel de santé, contre 13% qui le voient comme un commerçant comme un autre. 45% disent s’adresser à lui pour demander un conseil au sujet d’un problème de santé, 33% afin d’évoquer un médicament qu’eux-mêmes ou un proche sont en train de prendre. Au sujet de l’automédication, 98% s’accordent à dire qu’il est essentiel d’en connaître les précautions d’usage. L’idée d’un libre accès ne recueille qu’une approbation minoritaire (37%). Une large majorité (76%) pense que l’achat de médicaments ailleurs qu’en pharmacie peut présenter plus de risques pour la santé. Aujourd’hui, la réglementation des pharmaciens empêche la vente en libre accès des médicaments, même hors prescription. Elle spécifie que le pharmacien doit veiller à ce que les patients n’aient pas la possibilité de se servir eux-mêmes. La totalité des médicaments, délivrés ou non sur ordonnance, est donc forcément stockée derrière le comptoir. Seule la parapharmacie (pansements, cosmétiques, substituts de repas…) est actuellement en libre-service. Mais le ministère de la Santé a décidé que les pharmaciens seront autorisés, s’ils le souhaitent, à présenter devant leur comptoir des médicaments dits « de médication médi- cale » ou « de prescription médicale facultative » (PMF)*. Des critères bien établis Dans un premier temps, 226 produits sont concernés : des antalgiques (paracétamol, aspirine ou ibuprofène), des antitussifs, des médicaments ORL, dermatologiques et ophtalmologiques… et des produits à la nicotine permettant le sevrage tabagique. À terme, selon la ministre, 3000 médicaments devraient être « éligibles ». Tous répondront à des critères de sélection définis avec l’AFSSAPS**:•une utilisation possible sans l’intervention d’un médecin ;
pharmacien• une posologie et une durée de traitement adaptées à cet usage ; •un contenu de la notice explicative adapté aux patients ; • un conditionnement en accord avec la posologie et la durée du traitement ; • une autorisation de mise sur le marché exempte d’interdiction de publicité auprès du grand public. Un rôle de conseil renforcé Le libre accès ne veut pas dire libreservice. Le pharmacien continuera à jouer un rôle de conseil auprès des patients. Un médicament ne se prend pas à la légère. Un patient non averti peut en effet être victime d’un surdosage ou d’une contre-indication. Les médicaments en libre accès devront être présentés dans un espace dédié clairement identifié, situé à proximité du poste de dispensation du pharmacien pour lui permettre un contrôle effectif. Ainsi, ils ne seront pas proposés avec les produits de la parapharmacie. Le pharmacien devra donc non seulement aménager son officine, mais surtout se montrer garant, plus encore qu’aujourd’hui, de la santé de ses patients. Premier maillon du parcours de soin, lui seul pourra faire rempart à une mauvaise utilisation. témoignage Docteur en pharmacie, Directeur général de Pharmactiv* En quoi le libre accès à certains médicaments va-t-il changer la vie en officine ? « Contrairement à aujourd’hui, c’est le client qui va décider de prendre tel ou tel médicament. Le pharmacien interviendra pour lui prodiguer un conseil. Mais il reste le responsable de l’officine et libre de ne pas vendre un produit s’il est contre-indiqué. » Selon vous, quelles seront les conséquences du libre accès ? « L’automédication va baisser en prix. On va sans doute voir aussi fleurir de nombreuses marques… Tout cela ne sera pas sans risques, mais j’y vois un avantage majeur : le consommateur va être responsabilisé. » Comment pensez-vous accompagner le pharmacien ? « Nous avons mis au point l’offre Medelia (médicaments en libre accès). Elle permet d’organiser les rayons, d’offrir aux clients des fiches thérapeutiques, des cartes de posologie, une signalétique sur le bon usage du médicament… Et l’équipe officinale est formée pour délivrer des conseils in situ. Elle reçoit aussi des recommandations saisonnières. Dans une pharmacie, il est important de ne pas pousser à la consommation, mais bel et bien de répondre à un besoin. » * Groupement OCP. Serge Carrier, Une automédication responsable Le ministère de la Santé attend de ce changement un choix élargi pour les patients. Le pharmacien aura en effet la possibilité de mettre en avant d’autres médicaments que ceux habituellement demandés, comme par exemple les génériques. Le consommateur pourra aussi plus aisément comparer les prix, à condition que ces derniers soient affichés et que son information soit assurée. Mais la baisse des prix, espérée par le gouvernement, dépendra aussi de la stratégie des laboratoires, qui sont libres de demander qu’un médicament éligible passe ou non devant le comptoir. Dans la classe des antalgiques, produits remboursables et non remboursables se côtoient, et les industriels se montrent peu enclins à demander le passage en libre-service des vignetés, dont les prix sont fixés par l’État et demeurent souvent moins élevés… ■ * Seuls 6% des médicaments sont délivrés sans ordonnance en France, contre 12% en Angleterre, 14% en Allemagne et 15% en Espagne (rapport du professeur Alain Baumelou sur l’automédication, 2006). ** Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. 5



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