Performances n°48 oct 19 à fév 2020
Performances n°48 oct 19 à fév 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de oct 19 à fév 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Société Générale

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : la baisse des taux et la guerre commerciale dominent la tendance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 TENDANCES MARCHÉ TENDANCES MARCHÉ  : LA BAISSE DES TAUX ET LA GUERRE COMMERCIALE DOMINENT LA TENDANCE XAVIER BARGUE Consultant éditorial, Agence Fargo Les derniers mois ont été marqués par une baisse drastique des taux sur les marchés obligataires et une nette préférence des investisseurs pour les valeurs défensives sur les marchés actions. En cause  : les annonces accommodantes des banques centrales et la poursuite du bras de fer commercial sino-américain. Malgré une assez forte volatilité, les marchés actions européens restent bloqués dans un canal horizontal depuis le mois de mars. En France, le CAC 40 est ainsi cantonné entre 5.200 et 5.600 points environ, en ne s’autorisant que d’éphémères sorties hors de ces bornes. Même phénomène sur l’Euro Stoxx 50, encadré par des bornes situées entre 3.300 et 3.550 points. La neutralité des indices boursiers cache néanmoins d’importants écarts sectoriels. Aux Etats-Unis, la dynamique est restée plus positive au cours des derniers mois, avec notamment de nouveaux records absolus inscrits courant juillet pour le S&P 500 (3.027 points), le Dow Jones (27.398 points) et le Nasdaq 100 (8.027 points) grâce au retour en force des grandes valeurs technologiques. La tendance forte  : baisse des taux Les marchés obligataires ont quant à eux connu une tendance très nette, marquée par une baisse généralisée des taux liée aux politiques des banques centrales. Le 31 juillet, la Fed a abaissé ses taux directeurs pour la première fois depuis décembre 2008, marquant probablement le point de départ d’un nouveau cycle d’assouplissement monétaire malgré les propos modérateurs de Jerome Powell. Une chose est sûre  : en communiquant régulièrement sur son intention de soutenir l’économie américaine face au risque de ralentissement, la Fed a entraîné une forte contraction des rendements obligataires. Le taux d’emprunt à 10 ans américain, qui atteignait encore 3,2% en novembre 2018, a été divisé par plus de deux en seulement 10 mois, n’atteignant plus que 1,5% en septembre 2019. Par ailleurs, la courbe des taux a poursuivi son inversion, ce qui a historiquement constitué un signal préalable aux périodes de récession économique. Les taux à 1 mois et 3 mois sont devenus plus élevés que les taux à 10 ans et 30 ans  : les investisseurs considèrent que l’économie américaine ne parviendra plus à retrouver à long terme son niveau de croissance et d’inflation actuel. La baisse des taux sur le marché obligataire s’est également observée en Europe, la BCE ayant elle aussi préparé le terrain à un nouvel assouplissement de sa politique monétaire qui pourrait allier une baisse des taux directeurs et un nouveau « quantitative easing ». En conséquence, les taux des emprunts souverains européens ont chuté à des niveaux encore jamais atteints. Les taux négatifs sont désormais omniprésents  : le rendement du Bund à 10 ans allemand est tombé sous le seuil de -0,70% et le rendement des OAT françaises de même échéance est passé sous le seuil de -0,40%. Le taux des emprunts portugais à 10 ans s’est lui-même approché du seuil négatif alors qu’il atteignait encore 4,2% en février 2017. Valeurs cycliques boudées, valeurs défensives recherchées Dans ce contexte marqué par les craintes de ralentissement économique et par le bras de fer commercial entre les Etats- Unis et la Chine, les investisseurs ont continué à favoriser les valeurs de croissance et les valeurs défensives face aux valeurs cycliques.
Les secteurs de l’industrie lourde (ArcelorMittal), des matières premières (Glencore), de l’automobile (Renault, BMW) ainsi que des banques (Deutsche Bank, Commerzbank) sont restés sous pression au cours des derniers mois, les valeurs citées étant souvent revenues à leurs plus bas niveaux depuis 2 ans ou plus. Les investisseurs ont fait fi de résultats financiers souvent solides, à l’exception de ceux d’ArcelorMittal dont les comptes sont repassés dans le rouge au deuxième trimestre. Au sein des secteurs cycliques, certaines valeurs se traitent désormais sur des ratios de valorisation extrêmement bas face aux bénéfices dégagés. À l’inverse, les sociétés en croissance sont restées plébiscitées par les investisseurs, qui sont toujours prêts à payer cher pour des valeurs du luxe connaissant une croissance à deux chiffres (LVMH, Hermès), des valeurs défensives aux résultats réguliers (Pernod Ricard, Danone, Air Liquide) ou encore des success stories technologiques (Airbus, Safran). Les valorisations boursières de ces sociétés peuvent dépasser le seuil de 30 à 40 fois les bénéfices réalisés en 2018. Aux Etats-Unis, les GAFA ont poursuivi leur parcours ascendant en effaçant la quasi-totalité de leurs pertes du quatrième trimestre 2018. Matières premières Du côté des matières premières, le pétrole a connu une importante volatilité. Les craintes d’une moindre dynamique de la demande chinoise, associée à une forte hausse de la production américaine, ont entraîné une rechute des prix du brut sous le seuil des 60 dollars/baril pour le Brent. Les Article rédigé le 9 septembre 2019 tensions récurrentes dans le détroit d’Ormuz entre l’Iran et des pétroliers étrangers n’ont eu qu’un éphémère impact haussier sur les cours du brut dans le courant de l’été. À l’inverse, l’or a été recherché par les investisseurs, le métal jaune repassant au-dessus du seuil des 1.500 dollars l’once dans un contexte marqué par une aversion au risque et une généralisation des taux négatifs, qui rend la détention d’or comparativement plus intéressante. La demande d’or des banques centrales reste par ailleurs à ses plus hauts niveaux depuis cinq décennies. Marché des changes Enfin, sur le marché des changes, l’euro a poursuivi une lente tendance baissière face au dollar, enfonçant en septembre le seuil psychologique de 1.10 USD pour 1 EUR qui n’avait pas été atteint depuis avril 2017. Le billet-vert a bénéficié de son statut de monnaie-refuge malgré la politique monétaire accommodante de la Fed qui aurait pu affaiblir le dollar. La livre sterling a pour sa part connu une nette rechute dans un contexte toujours agité par les incertitudes autour du Brexit. La défense d’un projet de « hard Brexit » sans concessions par Boris Johnson s’est traduite par une chute de la livre à son plus bas niveau depuis 1985 face au dollar. 7



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