Performances n°47 mai à sep 2019
Performances n°47 mai à sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de mai à sep 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Société Générale

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'économie mondiale passe un cap difficile.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 ÉCONOMIE STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT ET ALLOCATION D’ACTIFS Opinion globale ALAIN BOKOBZA Responsable de la stratégie multi-actifs, Département de la Recherche Société Générale. Notre recherche montre que, depuis le début de l’année, nous avons assisté à un rebond des marchés sans flux  : les actions n’avaient pas connu une telle ascension depuis plusieurs dizaines d’années, mais les flux sortants de cette classe d’actifs ont été significatifs au cours des trois premiers mois de 2019. Les portefeuilles sont couverts pour de nombreux risques, et les positions en cash conséquentes, dans la perspective d’une récession américaine en 2020. Malgré ce contexte et ce positionnement moroses, certaines éclaircies apparaissent. Nous maintenons notre approche plus constructive à l’égard des actifs risqués  : les conditions monétaires au niveau mondial se sont largement assouplies par rapport aux attentes, abaissant temporairement la volatilité. Notre allocation vise à positionner les investisseurs dans un contexte de détérioration des indicateurs cycliques et de politiques plus accommodantes. Dans cette optique, nous proposons trois idées clés, dans l’esprit d’une stratégie conjuguant risques (recherche de rendement) et nouvelles sources de protection  : 1Nous ne suivons pas la dynamique actuelle et conservons une sous-pondération sur les actions. Bien que nous ayons relevé nos objectifs d’indices actions par rapport au dernier trimestre, nous anticipons toujours une baisse d’ici à l’été 2020. 2Nous renforçons notre allocation d’actifs favorisant la quête de rendement, désormais la priorité n°1 des investisseurs en matière de réallocation, compte tenu de la nouvelle asymétrie baissière sur les banques centrales mondiales. 3Nous nous focalisons sur le contrôle des risques, en ajoutant des actifs résilients et/ou permettant une décorrélation du portefeuille (i.e. une réduction de la volatilité). Recherche sélective de rendement Les prix des marchés ont déjà intégré la volte-face de la Fed en janvier et le changement de ton plus accommodant des autres banques centrales. Les rendements des obligations souveraines ont reculé en conséquence, tombant même parfois en territoire négatif, ce qui marque le retour de la quête de rendement. L’asymétrie baissière devrait selon nous durer pour la plupart des banques centrales mondiales, alors que la Fed a indiqué la fin de son resserrement quantitatif ce trimestre – afin de mettre un terme à la réduction de son bilan. Cette stratégie devrait favoriser l’assouplissement des conditions monétaires mais conduire à une pentification de la courbe des taux américaine. Dans notre quête de rendement, nous avons hiérarchisé les actifs non seulement en fonction du rendement absolu mais également en fonction du rendement corrigé de la volatilité. La plupart des marchés actions ne figurent pas aux premières places, mais deux classes d’actifs se détachent très clairement  : les obligations d’entreprises et les actifs des marchés émergents. Nous augmentons dans notre portefeuille la pondération de ces deux classes d’actifs. Nous conservons des obligations des pays périphériques de la zone euro, et nous réduisons nos positions en cash – très protectrices l’année dernière – ainsi que notre position en bons du Trésor américain, après une performance surprenante depuis novembre dernier. En matière de change, des rendements obligataires américains plafonnés par la politique de la Reserve Fédérale devraient soutenir une réallocation vers les devises émergentes pendant quelque temps. Nous recommandons de réduire l’exposition à l’euro car sa réappréciation est retardée (mais non annulée) par les récentes décisions de politique de la BCE. Le repli du dollar, qui se fait attendre, devrait se matérialiser lorsque la Fed commencera à réduire ses taux avant la récession.
Nos préférences en matière de protection de portefeuille Nous avons tenté d’identifier les actifs offrant une véritable protection aux portefeuilles et avons largement utilisé, à cet effet, la matrice de corrélation entre classes d’actifs. Nous recommandons une exposition longue aux actifs qui ont tendance à augmenter lorsque le dollar baisse, sachant qu’en période de troubles, le marché anticipera une baisse des taux de la Fed. Les matières premières peuvent bénéficier de la reflation, notamment en Chine. L’or et les autres matières premières peuvent offrir une protection, notamment les métaux de base, si la Chine poursuit son redressement. Enfin, nous recommandons une stratégie longue sur les points morts d’inflation 5 ans aux Etats-Unis pour se protéger contre une hausse surprise de l’inflation. Compte tenu de notre opinion modestement optimiste sur le pétrole, l’exposition aux points morts d’inflation fait sens, d’autant qu’ils sont bon marché d’après notre modèle. Article rédigé le 18 avril 2019 Le meilleur des deux mondes  : les actifs chinois Bien que cela puisse surprendre, nous ajoutons des actifs chinois à notre portefeuille car ils offrent à la fois rendement et décorrélation. La Chine offre un rendement corrigé du risque attrayant sur les obligations et une prime de risque actions très élevée, même après le récent redressement du marché. Les autorités chinoises se préparent à une reflation  : l’assouplissement de la politique budgétaire devrait se traduire par un déficit croissant (de 2.6% à 2.8% en 2019 selon les prévisions Société Générale). Le gouverneur de la banque centrale chinoise, Yi Gang, a récemment annoncé davantage d’assouplissement. Nous tablons sur une baisse de 100 pb des taux chaque trimestre, ce qui devrait soutenir les obligations souveraines. Les entrées de capitaux devraient se poursuivre, notamment pour les actifs domestiques, Shenzhen ayant désormais devancé Hong Kong en termes de PIB. Par ailleurs, MSCI prévoit d’augmenter significativement le poids des actions domestiques dans ses indices de référence (de 2.3% du MSCI China actuellement à 10.4% en fin d’année et à 50% à long terme, toutes chose égales par ailleurs). 9



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