Performances n°47 mai à sep 2019
Performances n°47 mai à sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de mai à sep 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Société Générale

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'économie mondiale passe un cap difficile.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 ANALYSE SECTEUR BOURSE BOURSE  : STOP OU ENCORE ? DENIS LANTOINE Rédacteur en Chef, Investir.fr Après un fort rebond de près de 20% en moins de quatre mois, on est en droit de s’interroger sur l’évolution que va désormais suivre la Bourse. Les valeurs à privilégier en fonction des différents scénarios. Quand la politique monétaire, voire Donald Trump, parviennent à faire des miracles en Bourse… A fin avril, avec un gain de 18%, le Cac 40 avait repris tout le terrain abandonné au quatrième trimestre de 2018 (-13,9%). Le changement d’attitude du président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, sur fond de ralentissement de l’économie mondiale et d’attaques répétées du président américain sur les hausses de taux de l’institution, y est pour beaucoup. Il n’est pour le moment plus question de hausses des taux cette année. Mécaniquement, cela profite aux marchés d’actions. Tout comme la promesse d’un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, après plusieurs rounds de négociation menés tour à tour à Pékin et Washington. Les investisseurs approuvent la démarche, sans même savoir, au fond, ce que pourra véritablement contenir un tel accord. Dans ce contexte, qui a conduit à une baisse générale de la volatilité sur les marchés, ce sont les valeurs cycliques (secteurs de la construction, des produits de base et de l’automobile) et de croissance, voire les banques depuis la fin mars, qui ont été plébiscitées. Malgré les forts rebonds de ce début d’année, quelques dossiers, pour certains en retard, méritent encore l’attention, pour profiter d’une potentielle poursuite de la hausse des marchés. Si, au contraire, les investisseurs disaient « stop », si les craintes de récession refaisaient surface, si la poussée des mouvements populistes en Europe attisait de nouvelles inquiétudes, si l’accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine décevait… alors ce sont des valeurs au profil plus défensif sur lesquelles il faudrait se replier. Avec ce fameux adage en ligne de mire  : « Sell in may and go away » (vendre au mois de mai et se retirer du marché). Avril est le meilleur mois de l'année depuis la création du Cac 40 avec une hausse moyenne de 2,62% et 23 hausses sur 31 années (et sans doute 24 sur 32 à moins d'un fort retournement dans les prochains jours), mai est, statistiquement légèrement négatif (-0,06% en moyenne) mais juin est nettement plus mauvais (-1,18%). Quatre valeurs pour un scénario « bullish » Publicis, ou comment jouer une nouvelle donne. Le publicitaire a annoncé la plus grosse acquisition de son histoire, celle de l’américain Epsilon, spécialiste de l’étude et de l’exploitation des data, de plus en plus difficilement accessibles à mesure que des réglementations sont édictées pour protéger les informations personnelles et que les géants du Net limitent l'accès aux tiers pour garder la confiance des internautes. Outre l’aspect stratégique, Epsilon apportera un surcroît de 18% de revenus au groupe, sans dégrader la marge. Cette opération stimulera donc la croissance de l’activité et du bénéfice net courant par action, à un moment où la croissance organique de Publicis faisait défaut. Michelin, le résistant. Positionné sur les « consommables », en première ou seconde monte, le fabricant de pneumatiques est moins exposé que les constructeurs aux difficultés du marché de l’automobile, en ralentissement en Europe et en chute en Chine. Au premier trimestre, le groupe est parvenu à compenser la légère baisse de ses volumes par un effet prix positif et des gains de change. C’est certainement le dossier qui dispose de la meilleure visibilité dans la profession. Altran Technologies, encore du potentiel. Le groupe de conseil en hautes technologies a vu son chiffre d’affaires s’envoler de plus de 26% à fin mars, grâce à une solide croissance interne, proche de 10%, et à l’intégration de l’américain Aricent, celui-là même qui avait créé un décrochage de près de 30% de l’action en Bourse en juillet 2018, après la découverte de malversations au sein de cette entité. Le problème a été réglé depuis, mais le cours n’a toujours pas retrouvé son niveau initial.
Air France-KLM, ou le pari « Benjamin Smith ». Longtemps sulfureux, le dossier de la compagnie aérienne nationale est revenu en odeur de sainteté depuis la nomination, en septembre, du nouveau patron canadien. Il est notamment parvenu à mettre en place des accords salariaux, même s’il doit maintenant batailler contre les velléités de l’Etat néerlandais de se voir mieux représenté au conseil du groupe. Côté stratégie, les investissements vont être intensifiés, pour accélérer la croissance de la low cost Transavia, qualifiée de « vrai succès », et pour la montée en gamme d'Air France. Des leviers identifiés par Ben Smith pour redresser la rentabilité d’Air France.Le publicitaire a annoncé la plus grosse acquisition de son histoire, cell Quatre autres si l’on veut être plus prudent Bouygues, pour la décote. Avec son statut de holding (construction, routes, immobilier, télécommunications et TF1, sans synergies entre les activités), il est normal que le titre souffre d’une décote en Bourse. Mais, actuellement de 35%, elle est supérieure à une norme plutôt comprise entre 15% et 20%. Une bonne occasion pour se placer, d’autant que sur le plan de l'activité, Colas devrait bénéficier cette année de l'approche des élections municipales tandis que Bouygues Télécom a eu l'intelligence de ne pas se mêler à la guerre tarifaire entre Iliad et SFR, parvenant même à préserver ses parts de marché quand le segment B to B, plus rentable, est en croissance. NOTRE SÉLECTION DE VALEURS EN CHIFFRES Les valeurs « Encore » Chiffre d'affaires 2018 Résultat net 2018 Résultat net estimé 2019 PER 2018 PER 2019 Rendement 2018 Air France-KLM 26 515 409 710 11,7 6,7 0,0% EssilorLuxottica 2 900 175 240 16,5 12 1,9% Michelin 22 028 1 677 1 900 12,5 11,1 3,1% Publicis 8 969 944 990 12,9 12,3 4,1%... et les valeurs « Stop » Bouygues 35 555 1 311 1 100 12,5 11,9 4,9% Icade 1 722 382 370 14,7 15,2 6,1% Pernod Ricard 9 160 1 670 1 850 24,6 22,2 1,8% Sodexo 20 407 651 756 23,4 20,1 2,7% Sur la base des cours de clôture du 23/04/2019. Chiffre d'affaires et résultat net en millions. PER en nombre de fois. Rendement en%. Source  : Investir Article rédigé le 23 avril 2019 Icade, la discrète. C’est un autre dossier décoté en Bourse, de près de 20% par rapport à la valeur de ses actifs. A la différence d’autres grandes foncières, elle est peu investie dans les commerces et va profiter du développement des bureaux du Grand Paris. A un moment où les hausses de taux ne sont plus vraiment d’actualité, le secteur retrouve ses lettres de noblesse. Le rendement, de plus de 6%, est un autre atout. Pernod Ricard, parce qu’elle ne déçoit pas. Avec un nouveau plus haut historique début avril, le groupe de spiritueux est certainement l’un des plus confiants au sein des ténors du Cac 40 concernant ses perspectives. La croissance des ventes a, certes, connu un ralentissement au dernier trimestre, mais il était lié en grande partie à un effet calendaire défavorable du Nouvel an chinois. Pas de quoi remettre en cause les objectifs annuels, celui de la progression du profit opérationnel courant ayant même été relevé. La présence au capital du fonds activiste Elliott est un autre élément de soutien du cours. Sodexo, la croissance retrouvée. Effacée la lourde chute de plus de 15% à la fin mars 2018. Si elle avait été provoquée par une révision à la baisse des prévisions annuelles, en termes de chiffre d’affaires comme de marge, le champion de la restauration collective met un point d’honneur, depuis, à remonter la pente. Avec succès, les chiffres publiés à la mi-avril dévoilant même une croissance supérieure aux attentes. De quoi restaurer la confiance, d’autant que le titre est plutôt défensif en cas de trou d’air en Bourse. 17



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