Performances n°30 jan/fév/mar 2013
Performances n°30 jan/fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°30 de jan/fév/mar 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Société Générale

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : vers une revalorisation des actions européennes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LA REPRISE EST-ELLE DURABLE ? Daniel Fermon Stratégiste, Société Générale Perspectives 2013 : le risque de crise systémique s’est éloigné en Europe, trois thèmes devraient dominer les marchés financiers cette année. Tout au long de l’année 2012, les inquiétudes autour de la cohérence économique de la Zone euro ont affolé les marchés financiers. Ces inquiétudes se sont calmées après : les déclarations fin juillet 2012 de Mario Draghi, Président de la Banque Centrale Européenne, qui expliquait que la BCE « était prête à faire tout ce qu’il faudrait pour assurer la pérennité de l’Euro », suivi du rapport de la Troika en novembre qui a entraîné le déblocage d’une aide de 44 milliards d’Euro pour la Grèce, et enfin un début d’harmonisation européenne au niveau de la réglementation bancaire même s’il reste de nombreuses étapes à passer avant d’avoir un marché bancaire européen unifié. On a donc pu observer au dernier trimestre 2012 une baisse du différentiel de taux d’intérêts entre l’Allemagne et les pays d’Europe du Sud et un fort rebond des marchés boursiers, situation que nous avions anticipée dans les derniers numéros de ce magazine. 6 ÉCONOMIE Dès lors, peut-on réellement penser que la crise est derrière nous et qu’il n’y a pas de risques de rechute comme celles périodiquement observées depuis la crise de 2008 ? Allons-nous retrouver des marchés haussiers comme en 2012, ou bien faudra t-il s’inquiéter d’une situation économique toujours difficile dans les pays développés qui pourrait entraîner une déception lors de la publication de résultats des sociétés ? Pour répondre à ces questions, nous analyserons les thèmes qui nous semblent majeurs pour 2013 et qui risquent de décider de l’évolution des marchés financiers. Le premier thème sera celui de la croissance économique avec le renforcement du poids des économies des marchés émergents. En effet la croissance économique mondiale, qui devrait rester proche de 3% en 2013, sera tirée principalement par ces pays (Chine en tête), et dans une moindre mesure par les Etats-Unis. Pour leur part, les pays européens tels l’Espagne, ou l’Italie devraient rester en récession alors que la croissance allemande ralentira. Nous observerons donc avec une attention particulière l’évolution de la croissance chinoise attendue à 7.4% car tout signe de faiblesse (croissance économique à seulement 4% par exemple) pourrait faire plonger les marchés financiers. Parallèlement à la situation économique, se posera le défi de la cohésion sociale. Ainsi, l’accroissement des inégalités dans les pays émergents mesuré par le coefficient de Gini (mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus) nécessite un rééquilibrage dans des pays comme la Chine ou le Brésil. En Europe, la montée du chômage dans certains pays notamment et l’échec relatif des plans d’austérité qui n’ont pas permis de rétablir les équilibres budgétaires reviendront au premier plan de l’actualité. À titre d’exemple, la situation de l’Espagne reste encore aujourd’hui difficile avec un taux de chômage de 25%, (et de 56% pour les jeunes), un système bancaire encore sous perfusion et un pouvoir politique contesté quatorze mois après son élection. Il reste à espérer que les élections italiennes en février prochain ainsi que celles prévues en l’Allemagne à l’automne permettront de donner une nouvelle impulsion au projet de la Zone euro.
19% 5% 9% 8% * Produit Intérieur Brut ** Estimé Evolution du PIB * entre 2006 et 2016 e ** 2006 2016 e** 10% 10% États-Unis Eurozone 27% 22% Reste de l’Europe Japon Chine ments de politique monétaire et une remontée des taux d’intérêt. On observera donc avec une grande attention les déclarations des Présidents des Banques Centrales, la Fed, la BCE mais aussi la Banque du Japon avec un nouveau gouverneur attendu en avril prochain. Enfin, le dernier thème sera celui lié aux tensions géopolitiques. D’un coté, on observe depuis quelques mois des tensions plus marquées en Asie sur fond de rivalité économique entre la Chine et le Japon et entre les deux Corées. De l’autre, nous pouvons espérer un apaisement des tensions au Moyen Orient après une année 2012 très agitée dans de 27% 14% 7% Autres pays émergents Reste du monde Source : Société Générale, au 8 janvier 2013. LES DONNÉES RELATIVES AUX PERFORMANCES PASSÉES ONT TRAIT OU SE RÉFÈRENT À DES PÉRIODES PASSÉES ET NE SONT PAS UN INDICATEUR FIABLE DES RÉSULTATS FUTURS. CECI EST VALABLE ÉGALEMENT POUR CE QUI EST DES DONNÉES HISTORIQUES DE MARCHÉ. LES DONNÉES RELATIVES À DES PERFORMANCES FUTURES SONT DES PRÉVI- SIONS QUI NE CONSTITUENT PAS UN INDICATEUR FIABLE QUANT AUX PERFORMANCES FUTURES. 7 21% 6% 15% Le deuxième thème sera celui du débat traditionnel entre le risque d’inflation versus le risque de déflation. Actuellement, les taux d’intérêts réels sont proches de zéro aux Etats-Unis, en Allemagne ou même en France. Le président de la BCE s’attend à une inflation inférieure à 2% en 2013 en Zone euro contre 2.2% e en 2012 ce qui ravive les craintes déflationnistes. Mais si les politiques des banques centrales partout dans le monde resteront accommodantes tout au long de l’année 2013, certains observateurs pointent du doigt le risque d’un retour de l’inflation dès 2014. Dès lors, la question de l’inflation risque de redevenir un sujet central qui pourrait entraîner des changenombreux pays de la région. Si la baisse des tensions au Moyen Orient se concrétise, nous pourrions alors espérer une baisse du prix du pétrole d’autant que les capacités pétrolières de réserves disponibles seront en hausse en 2013, suite à la mise en exploitation de nouveaux gisements. Les capacités de réserves disponibles atteindraient alors 5% de la consommation mondiale en 2013. Enfin, le pétrole de schiste est en train de modifier la donne et devrait à terme permettre aux Etats- Unis de gagner son indépendance énergétique. Une baisse du prix du pétrole serait indiscutablement une bonne nouvelle pour les économies mondiales et pourrait redonner un peu de pouvoir d’achat aux ménages. En conclusion, si l’année 2012 se présentait comme l’année de tous les dangers notamment en Europe, l’année 2013 s’annonce comme une année de transition. Le poids économique des marchés émergents devrait continuer de croître, les décisions politiques en Europe devraient renforcer la cohésion de la Zone euro, et les Etats-Unis devraient renouer avec une croissance plus solide au second semestre. Reste un risque majeur à ne pas négliger, la guerre des changes qui pourrait se réveiller car l’Europe, tout comme les Etats-Unis, le Japon voire la Chine souhaitent avoir une monnaie relativement faible pour relancer leurs économies.



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