Pêche Mag n°18 2019
Pêche Mag n°18 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de 2019

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Fédération Nationale de la Pêche en France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 7 Mo

  • Dans ce numéro : nos territoires ont la pêche !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ENVIRONNEMENT Quelles étaient les motivations de la Région ? La Bretagne est profondément tournée vers l'eau, du fait de sa situation géographique. Toute l'eau qui tombe sur notre sol s'écoule, s'infiltre et se jette dans l’océan sur notre littoral. Le développement économique, l’aménagement et le comportement des Bretons font donc la qualité de l’eau de nos rivières et estuaires. Et inversement l’eau qualifie la vie des Bretons  : si elle est malade, les Bretons aussi. C'est en ce sens que nous avions demandé l'expérimentation en droit sur l'eau et que nous avons signé avec le Premier ministre tout récemment un contrat de plan qui inscrit dans le marbre la création d’un Parlement de l’eau. Je suis convaincu que l’eau doit irriguer toutes les politiques publiques. Notre Région a souffert de la pollution, 28 N°18 Édition 2019 Fédération Nationale de la Pêche en France mais elle est aujourd’hui la seule région d'Europe à sortir des contentieux liés à la Directive européenne sur l’eau. C'est le résultat de trente années de mobilisation de tous les acteurs du territoire  : habitants, élus, associations, administration, et bien entendu pêcheurs. Ils ont été déterminants en nous alertant et nous sensibilisant sur la ressource. Quelles actions menez-vous avec les pêcheurs ? Nous avons beaucoup travaillé sur les poissons migrateurs. C’est une spécificité de la Bretagne  : ses petits fleuves côtiers sont le paradis des saumons, anguilles, lamproies, aloses et même truites de mer. Dans le cadre du COGEPOMI 2 des cours d’eau bretons, le Conseil régional finance des actions de suivi des populations, comme la station (1) Opportunité offerte par la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) du 7 août 2015. (2) Le Comité de gestion des poissons migrateurs (COGEPOMI) est l’instance de concertation réunissant l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de ces espèces (représentants de l’administration et des établissements publics, des différentes catégories de pêcheurs, des collectivités locales, des associations, de l’hydroélectricité …). (3) Les données qui y ont été recueillies depuis 1994 ont permis de produire des méthodes d’évaluation de stocks extrapolables aux autres rivières bretonnes et ainsi de définir des mesures de gestion en fonction d’informations scientifiques objectives. Emmanuel Pain Thierry Burlot  : un élu régional soucieux de préserver la qualité de l'eau Vice-président du Conseil régional de Bretagne, chargé de l'environnement, de l'eau, de la biodiversité et du climat, et président du comité de bassin Loire-Bretagne. En mai 2017, la Bretagne est devenue la première Région de France à se saisir d'une compétence d'animation et de concertation dans le domaine de la gestion et de la protection de la ressource en eau et des milieux aquatiques 1. de contrôle des salmonidés migrateurs du Moulin des Princes à Pont-Scorff, outil sans équivalent en France 3. Sur la continuité écologique des cours d’eau, les pêcheurs et leurs fédérations ont acquis une véritable expertise qui permet d’aboutir souvent à des consensus. Je crois beaucoup au dialogue territorial, dont le Parlement de l’eau et la future Agence bretonne de la biodiversité seront les fers de lance. Quelles opportunités de développement imaginez-vous pour le loisir pêche en Bretagne ? J'aimerais que l'on s’appuie sur la pêche pour promouvoir notre nature. Quoi de plus magnifique et exemplaire que l’histoire du saumon, qui remonte les cours d’eau au prix d’une énergie et d’une ténacité sans bornes ? Qui de mieux placés que les pêcheurs pour nous la raconter ? Certaines de nos vallées seraient désertées si les pêcheurs ne s’y rendaient pas. Les territoires qui seront attractifs demain seront ceux qui prendront en compte les questions environnementales, j'en suis persuadé. C'est une préoccupation majeure de nos concitoyens. Et nous avons besoin des pêcheurs pour cela.
Jean-Pierre Compagnon, adjoint au maire de Vivonne, et Rémy Sapin, président du Gardon Vivonnois. Le label Station pêche  : un atout pour les collectivités Au cœur de la Vienne, Vivonne est un petit paradis pour les pêcheurs, explique Jean-Pierre Compagnon, adjoint au maire chargé du développement économique et du tourisme. C’est tout naturellement que cette commune de 4 405 habitants, située à une vingtaine de kilomètres de Poitiers, fait partie des huit communes labellisées Station Pêche en 2018. Créé en 2016, le label Station Pêche est une branche de la certification écotouristique Station Verte. Pourquoi avezvous choisi ce label ? Notre commune offre de nombreux atouts pour la pratique de la pêche, avec quatre rivières qui la traversent ou l’avoisinent  : le Palais, rivière de première catégorie, et trois rivières de deuxième catégorie  : le Vonne, le Clain et la Clouère. J’y pratique moi-même la pêche aux carnassiers et à la truite en saison  : nous créons d’ailleurs un nouveau parcours à quelques encablures du village ce printemps. On y pêche aussi du poisson blanc (gardons, tanches, carpes). C’est une oasis pour les amoureux de l’eau et de la nature comme les pêcheurs, qui étaient environ 500 à prendre leur carte en 2018 ici. Nous avons une association très dynamique, le Gardon Vivon​nois, avec laquelle nous avons travaillé pour obtenir le label en lien avec l’Office de Tourisme et la Communauté de communes. Comment devient-on Station Pêche ? Il faut être labellisé Station Verte, s’inscrire dans une démarche active d’écotourisme et proposer aux pêcheurs aguerris comme aux débutants des espaces agréés, une information touristique appropriée, des hébergements et restaurants ouverts toute l’année. Nous allons, de plus, qualifier nos gîtes en « Gîtes de Pêche » prochainement. Il faut aussi offrir des activités de pleine nature, comme la randonnée pédestre et cycliste sur nos nombreux sentiers qui partent du centre de Vivonne. Enfin, de nombreuses animations sont organisées par le Gardon Vivonnois  : fête de la pêche, actions de sensibilisation auprès des ÉCONOMIE enfants, événements lors de l’ouverture de la truite  : c’est un plus. C’est une offre touristique importante pour vous ? Oui. Nous sommes « Station verte » depuis 1978 et « Village étape » depuis 2003, car nous savons qu’il est impératif pour un village comme le nôtre de valoriser ses atouts auprès des touristes afin qu’ils y séjournent ou s’y arrêtent. Vivonne est en bordure de la route nationale 10, un axe important entre la région parisienne et l’Espagne. Nous avons la chance d’avoir un centre dynamique, où nos visiteurs trouvent des commerçants et des restaurants de qualité, un marché de pays hebdomadaire... parce que nous communiquons grâce à ces labels. Du tourisme dépend la survie de nos villages, il faut que les petites communes s’en emparent afin de ne pas souffrir de la concurrence des grands centres commerciaux ou des aires d’autoroute. Ce n’est pas un hasard si 2 500 camping-caristes s’arrêtent chez nous chaque année  : j’espère les encourager à prendre leurs bottes, leur canne à pêche et leur carte pour découvrir notre magnifique territoire ! N°18 Édition 2019 Fédération Nationale de la Pêche en France Commune de Vivonne 29



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