Pasteur Le Mag' n°8 jun/jui/aoû 2009
Pasteur Le Mag' n°8 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 241) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Leishmania et Trypanosoma, même combat ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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46 PASTEUR LE MAG’Juin 2009 JALONS INTERNATIONAUX > Le « Château Mauresque », à Rio de Janeiro, est le cœur de la FIOCRUZ qui abrite également l’Institut Oswaldo Cruz. (Avec l’aimable autorisation de Gutemberg Brito, reporter photographe pour l’Institut Oswaldo Cruz.) Fundação Oswaldo Cruz L’effectif de la FIOCRUZ, répartie sur six états brésiliens, compte quelque 8 500 personnes. Plusieurs accords bilatéraux ont particulièrement renforcé les liens historiques noués depuis plus d’un siècle entre l’Institut Pasteur et la FIOCRUZ, notamment pour développer les interactions entre chercheurs autour des préoccupations communes en matière de santé, d’applications de la recherche et d’un enseignement poussé entre Rio et Paris. En 2004, un Centre de développement technologique en Santé (CDTS), s’inspirant de la Génopole de l’Institut Pasteur, a été créé sur le campus de la FIOCRUZ. Le 7 octobre 2004, exactement 100 ans après que le jeune Oswaldo Cruz (lire p.31), « Le Médecin Brésilien », eût posé les fondations de la science biomédicale au Brésil, la FIOCRUZ et l’Institut Pasteur ont donné un nouvel essor à leurs liens par la signature d’un nouvel accord bilatéral notamment pour bâtir un enseignement moderne en matière de santé et renforcer encore la coopération dans les domaines de la recherche biomédicale, de la recherche biotechnologique et les domaines complémentaires des spécialités de deux institutions. La FIOCRUZ est un partenaire majeur du Réseau international des Instituts Pasteur et de l’Institut Pasteur. 2009 est l’année de la France au Brésil La FIOCRUZ accueillera notamment à Rio de Janeiro le Comité de coordination internationale du réseau Amsud - Pasteur (51 partenaires en Argentine, Brésil, Chili, Uruguay et Paraguay), le Conseil des directeurs du Réseau international des Institut Pasteur et un Colloque scientifique franco-brésilien. Un hommage sera évidemment rendu à Carlos Chagas pour célébrer le centenaire de la description de la maladie qui porte son nom (lire p.24-25). @ FIOCRUZ www.fiocruz.br/cgi/cgilua.exe/sys/start.htm ? tpl=home• ou Ambisome – est particulièrement coûteux. Le liposome sert de « capsule » pour le principe actif et permet de diminuer la toxicité rénale. Les liposomes sont des lipides - (acides gras) qui forment une petite vésicule dans laquelle on insère l’amphotéricine B. C’est une association extrêmement active. L’une des approches thérapeutiques de DNDi est d’arriver à substituer au traitement habituel une seule injection, à toute petite dose, mais associée à un autre médicament peu coûteux. Ceci devrait permettre de conserver une efficacité tout en diminuant considérablement les coûts. Ce genre de procédé n’a jamais été tenté par la compagnie pharmaceutique qui fabrique le médicament originel. L’un des objectifs de DNDi, justement, est de rendre plus accessibles les traitements, soit en changeant la posologie, soit en sensibilisant les fabricants, soit en mettant en place des combinaisons thérapeutiques, soit en… sensibilisant les producteurs. FIND, organisation qui développe des diagnostics innovants, travaille pour l’instant sur la tuberculose et la maladie du sommeil, mais s’intéresse aussi à la leishmaniose. Surtout, elle dispose de l’expertise du transfert de technologie pour impliquer une compagnie indienne pour produire ce test, à un coût raisonnable et utilisable sur le terrain. Cet intermédiaire est indispensable pour cette étape qui ne relève ni des compétences de l’Institut Pasteur ni de celles de DNDi. Après un traitement efficace, les antigènes de leishmanies disparaissent en trois semaines. Le même outil de diagnostic, les tests urinaires, pourrait donc être pratiqué pour évaluer l’efficacité des traitements – actuels ou de nouvelles molécules.
La pauvreté aggrave les risques sanitaires et les contraintes économiques. On ne peut pas continuer d’avoir recours à des tests qui coûtent cher et on ne peut pas non plus utiliser aisément des tests invasifs. Non seulement il faut utiliser des aiguilles, piquer dans les organes atteints, mais il faut ensuite trouver les parasites au microscope, ce qui n’est pas du tout évident. Le diagnostic doit conforter la décision de traiter ou non, avec un traitement lourd et coûteux. Il doit pouvoir être posé lorsque des signes cliniques sont présents, des signes non spécifiques mais graves : fièvre de longue durée, malade anémique, dénutri, forte augmentation du volume de la rate, etc. Or la leishmaniose, comme la plupart des infections parasitaires dites « négligées » est une maladie des pauvres vivant essentiellement, mais pas exclusivement, en zone tropicale. « La pauvreté, la malnutrition, sont des facteurs favorisants. Une étude a été conduite au Brésil dans une ville où l’on trouve quartiers riches et favelas. Dans toute cette région, l’ensemble de la population est exposé aux phlébotomes et se trouve piqué. Mais on retrouvera les parasites asymptomatiques (sans manifestations cliniques) dans les quartiers riches et les leishmanioses viscérales dans les quartiers pauvres. C’est le même parasite, le même phlébotome, mais les conditions de vie jouent un rôle déterminant. Une autre association est souvent rencontrée. Au Sud Soudan, en période de guerre, des populations ont dû se déplacer d’un endroit à l’autre, dans une situation de stress, de malnutrition… une épidémie majeure de leishmaniose viscérale a tué une centaine de milliers de personnes. Des gens non protégés par leur système immunitaire ont pénétré dans une zone où des leishmanioses étaient présentes. Il n’y a pratiquement pas eu de formes asymptomatiques ; tous ont succombé. » Éliminer la leishmaniose viscérale dans des zones endémiques ? Le diagnostic est également important dans le sens où l’on évoque maintenant l’élimination de la leishmaniose dans certaines parties du monde en s’efforçant de traiter non seulement les malades mais également les patients infectés asymptomatiques. Ce sont aussi ces patients qu’il faut absolument dépister. « Traiter toute une population, surtout avec des médicaments toxiques et chers, ne semble pas forcément une bonne solution mais il semblerait que l’Inde s’oriente dans cette direction. Il s’agit de traiter tout le monde dans une zone d’endémie, avec l’aide de One World Health, une organisation elle aussi mise en place grâce à Bill Gates. On peut envisager d’éliminer la leishmaniose viscérale en Inde car ce n’est pas une zoonose. En revanche, autour du bassin méditerranéen où elle existe aussi, c’en est une : elle affecte les canidés, qui en sont un réservoir animal, et atteint l’homme de temps en temps. À Nice, par exemple, tous les chiens errants sont infectés de leishmanies. Certes, ce sont toujours les phlébotomes qui sont les hôtes-vecteurs mais lorsqu’un réservoir animal s’y ajoute, il est toujours beaucoup plus difficile d’éliminer la maladie. » ■ PASTEUR LE MAG’>L’Inde envisage de traiter l’ensemble des populations dans des zones d’endémie de leishmaniose viscérale. « » les conditions de vie jouent un rôle déterminant PASTEUR LE MAG’47 Juin 2009



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