Pasteur Le Mag' n°8 jun/jui/aoû 2009
Pasteur Le Mag' n°8 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 241) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Leishmania et Trypanosoma, même combat ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dans beaucoup de cas, même les espèces de leishmanies susceptibles de donner des leishmanioses viscérales restent confinées dans un site cutané et la maladie n’apparaîtra pas. Quant aux leishmanioses cutanées, dans la plupart des cas, les premières défenses immunitaires seront efficaces et aboutiront à l’élimination des leishmanies incriminées. 44 PASTEUR LE MAG’Juin 2009 JALONS INTERNATIONAUX LEISHMANIOSE VISCÉRALE Un partenariat étendu pour un projet ambitieux Le Pr Marcel Hommel, attaché à l'unité Immunophysiologie et Parasitisme intracellulaire (lire p.8-15), pilote un projet commun Institut Pasteur – DNDi (Drugs for Neglected Diseases Initiative) – FIND (Foundation for Innovative New Diagnostics). Cette dernière est financée par la fondation Gates ; elle est spécialisée dans le diagnostic. Le projet commun vise justement à développer une technologie diagnostique mise au point il y a quelques années par Marcel Hommel. Elle permettrait un diagnostic de la leishmaniose plus performant que ceux qui existent sur le marché, et servirait également à évaluer l'efficacité des médicaments, ceci à bas prix. Les essais cliniques visant à valider cette méthode devraient commencer prochainement. La recherche clinique sera déployée en Afrique de l'Est et en Inde, avec les équipes de DNDi et de MSF. Un projet innovant La leishmaniose cutanée pose moins de problèmes que la leishmaniose viscérale parce qu’on peut en « voir » les manifestations cliniques et donc la traiter. La leishmaniose viscérale représente une masse parasitaire très importante lorsque l’infection a atteint un stade clinique : une énorme quantité de parasites est présente dans la rate, le foie, la moelle osseuse. C’est pourquoi il y a forcément de petites molécules comme les antigènes présentes dans l’urine. C’est ce qui a conduit Marcel Hommel à développer, à Liverpool, un test de détection d’antigènes des leishmanies dans l’urine. « Nous avons montré, il y a trois ans, l’efficacité du test urinaire en tant qu’élément de confirmation biologique du diagnostic. Les tests pratiqués jusque-là reposaient sur la détection d’anticorps humains dirigés contre les antigènes des leishmanies mais ces derniers ne sont présents que lorsqu’il y a des parasites alors que les anticorps perdurent longtemps après. La détection de la présence d’anticorps n’apporte DNDi a officiellement vu le jour à Genève en 2003. Cette institution à but non lucratif pour la recherche de médicaments associe six partenaires : Médecins Sans Frontières, l’Institut Pasteur (France) ; le Conseil indien pour la Recherche médicale ; la Fondation Oswaldo Cruz (FIOCRUZ, Brésil) ; l’Institut de Recherche médicale du Kenya et le ministère de la Santé de Malaisie. DNDi travaille en étroite collaboration avec le Programme des Nations unies pour le Développement, la Banque mondiale et le Programme spécial de Recherche et de Formation sur les Maladies tropicales de l’Organisation mondiale de la santé. « L’objectif principal de DNDi est de développer de nouveaux médicaments pour des maladies négligées et surtout pour les leishmanioses et les trypanosomiases, africaine et américaine. »
Le Pr Marcel Hommel a été titulaire de la Chaire de Médecine tropicale à la Liverpool School of Tropical Medicine, l’école de médecine tropicale la plus ancienne au monde, pendant 25 ans. À la demande d’Alice Dautry, directrice générale de l’Institut Pasteur, il rejoint le conseil de direction médicale, jusqu’en 2008. Il avait d’ailleurs intégré l’Institut Pasteur dans les années 1970 avant d’aller à Harvard puis à Liverpool. Depuis trois ans, il siège au conseil scientifique de DNDi dont Alice Dautry est membre du Conseil d’administration. donc pas la preuve que l’on se trouve devant un malade qui a besoin d’être traité. La détection directe d’antigènes si. Cette détection d’antigènes permet avant tout de confirmer un diagnostic avant le traitement. C’est important parce que les méthodes diagnostiques actuelles sont invasives et douloureuses, en particulier les ponctions dans la rate ou la moelle osseuse. Une technique difficile, envahissante et dangereuse. Nous sommes en train de redévelopper notre test. Des anticorps monoclonaux sont produits à l’Institut Pasteur, dans la plate-forme de haute technologie dédiée à la Production de protéines recombinantes et d’anticorps. Il s’agit d’obtenir une production en masse d’anticorps spécifiques, toujours les mêmes, qui servent de révélateurs des antigènes des leishmanies dans les urines. Le test va être modifié de sorte qu’il soit disponible sous forme de bandelettes. Une fois cette étape franchie et après validation, la technologie sera éventuellement transférée à une compagnie indienne qui le fabriquera pour une production de masse. » Les traitements Les traitements mis en œuvre sont anciens ; ils reposent sur des injections de sels d’antimoine, malheureusement assez toxiques, autant pour le parasite que pour l’hôte, administrés par injections qui s’avèrent douloureuses. Plus récemment, un traitement, à l’origine un antitumoral, a été mis en application et évalué contre Leishmania donovani : la Miltéfosine. Il s’agit d’un traitement oral qui s’accompagne d’effets indésirables importants. Par ailleurs, ce traitement, déjà entrepris en Inde, ne peut être administré à une large population à cause de son coût. Autre inconvénient, il a été mis en évidence en laboratoire qu’avec ce traitement on pouvait facilement sélectionner en culture des parasites résistants. Une seule mutation suffit. Le traitement de choix pour la leishmaniose viscérale – l’amphotéricine B * (un antibiotique antifongique) liposomale PASTEUR >Le Pr Marcel Hommel en train de former des techniciens de laboratoire à l'utilisation de tests immunologiques pour le diagnostic de la leishmaniose viscérale, au Bangladesh. En l’absence de traitement, une leishmaniose viscérale « constituée aboutit systématiquement à la mort. » • PASTEUR LE MAG’45 Juin 2009



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