Pasteur Le Mag' n°8 jun/jui/aoû 2009
Pasteur Le Mag' n°8 jun/jui/aoû 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de jun/jui/aoû 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 241) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Leishmania et Trypanosoma, même combat ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LEISHMANIES ET TRYPANOSOMES DOSSIER Crise aiguë• au sein du bol alimentaire. C’est là ou la leishmanie sort, par un mécanisme totalement inconnu, de la cellule hôte mammifère ingurgitée, que l’organogenèse du flagelle se met en route, que le parasite se différencie de sa forme amastigote en forme dite « promastigote », forme dotée d’un long flagelle : le phlébotome femelle est détourné comme hôte par les leishmanies. Chez le phlébotome, les promastigoges demeurent toujours en dehors des cellules : l’effectif de leur population augmente d’abord au sein du bol alimentaire puis le long de la paroi de l’intestin. Puis se différencient des promastigotes – qualifiés de promastigotes métacycliques – qui s’établiront chez l’hôte mammifère chez lequel ils seront déposés. Ces insectes sont donc hôtes et vecteurs des leishmanies. Un repas difficile « Le processus de développement des leishmanies chez les hôtes insectes, précise Geneviève Milon, démarre probablement par « l’ingestion » – et nous n’avons malheureusement pas encore de données quantitatives – d’un très petit nombre de cellules hébergeant des amastigotes à partir du derme d’un mammifère hôte. Outre les différentes phases brièvement décrites cidessus, quand les leishmanies 12 PASTEUR LE MAG’Juin 2009 LEISHMANIA atteignent l’amont de la zone qui délimite l’intestin moyen de l’intestin antérieur, une partie d’entre elles sécrète de la chitinase et une espèce de « gel » qui rend difficile le fonctionnement de la pompe utilisée pour l’aspiration du bol alimentaire sanguin. Il se produit alors une régurgitation qui permettra la transmission du parasite du phlébotome hôte au mammifère source de sang. » Des travaux récents ont permis de mieux appréhender les fonctions de vecteurs des phlébotomes hôtes de Leishmania particulièrement quand la valve est endommagée ou « bouchée » par le gel d’origine parasitaire. Dans ce cas, la femelle hôte prolonge ses tentatives de repas sanguin régurgitant plusieurs fois des leishmanies, leur gel et de la salive. « La régurgitation est l’étape ultime de processus séquentiels pendant lesquels la leishmanie a utilisé l’insecte comme une nouvelle niche, explique Geneviève Milon. Comment procède-t-il ? Soit il sonde, dans ce cas sa « trompe » très mobile a atteint le derme où sont déposés les promastigotes métacycliques les plus mobiles en l’absence de gel parasitaire mais en présence de salive ; soit il prend un repas sanguin auquel cas, outre un plus grand « Ces parasites sont en train de nous apprendre ce que sont les traits de chaque tissu. » nombre de parasites, sont également régurgités gel et salive. Ces deux processus peuvent être découplés. La poursuite des investigations sur la composition et les fonctions de la salive des phlébotomes femelles est désormais intégrée à celles qui ont pour objet le gel d’origine parasitaire, et ce aussi bien chez les mammifères qui ont été sensibilisés ou non à ces produits biologiques complexes. »
>Leishmanie dans sa forme libre, promastigote, dotée d’un long flagelle qui lui permet de se déplacer (flèche). 2 >Leishmanie qui a été phagocytée par une cellule de mammifère (cliché détouré). Elle se trouve ici dans sa forme amastigote, avec un flagelle abortif (flèche). (Antoinette Ryter, Institut Pasteur.) Des modèles pour l’exploration scientifique L’équipe de Geneviève Milon s’attache à mettre au point des systèmes expérimentaux robustes, fiables, uniquement avec l’hôte mammifère pour le moment (lire p.15). « La souris, un rongeur modèle, est un hôte expérimental pertinent deL. major etL.amazonensis parce que dans les écosystèmes naturels ce sont aussi des rongeurs qui sont les hôtes mammifères dominants de ces espèces de leishmanies qui par ailleurs peuvent établir des niches chez l’homme. Chez ces rongeurs - par exemple les mérions -, le développement ne se traduit par aucun dommage tissulaire cutané. Ce qui nous intéresse au laboratoire, c’est de disposer de modèles expérimentaux permettant d’analyser la biologie du développement du parasite chez l’hôte mammifère, y compris lorsque le développement du parasite ne se traduit par aucun dommage tissulaire chez l’hôte mammifère. » Établir des systèmes cellulaires et des modèles animaux pertinents exige que soient considérées et prises en compte les singularités des interactions que les leishmanies établissent et renouvellent chez leurs hôtes mammifères – rongeurs et êtres humains pourL. major ouL. amazonensis, canidés et êtres humains pourL. chagasi/infantum (par ailleurs la seule espèce autochtone présente en France, dans le Sud). « C’est dans ce contexte qu’ont été établis et validés de nombreux modèles pertinents au sein du département de Parasitologie et Mycologie, notamment dans notre unité. De nouveaux modèles sont en cours de mise au point pour Leishmania donovani. Outre la génération deL. donovani luminescentes à partir de populations récemment isolées d’insectes hôtes de cette espèce, des conditions optimales seront mises au point pour faciliter la dissémination de ces parasites dans les nombreux tissus - foie, rate moelle, osseuse -, tissus distants du site cutané où elles seront inoculées. La pérennité deL. donovani a été considérée comme étant strictement dépendante d’un seul hôte mammifère : l’homme… Toutefois, cette espèce de leishmanie est PASTEUR LE MAG’• PASTEUR LE MAG’13 Juin 2009



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